Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Qu'êtes-vous devenu... Carlos Roa ?

A 35 ans, guéri d'un cancer des testicules, l'Argentin qui s'est illustré à la Coupe du Monde de la FIFA 1998 a décidé de tenter de nouveau sa chance dans le football albiceleste. Religion, maladies et miracles ont marqué le parcours de ce portier hors du commun.

S'il existe, dans l'histoire du football, une carrière professionnelle qui a connu des bouleversements inattendus, c'est bien celle de Carlos Roa. Le gardien de but argentin a tout connu, lui qui a goûté aux délices de la gloire en s'imposant comme l'une des pièces maîtresses de la sélection argentine venue à bout de l'Angleterre à la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998 : paludisme, succès sportifs, années sabbatiques consacrées à la religion et, récemment, cancer des testicules. Aujourd'hui âgé de 35 ans, Carlos Roa est de retour en Argentine pour faire ses preuves dans le modeste Olimpo de Bahía Blanca.

Son retour dans le championnat argentin après neuf ans d'absence s'est achevé sur un résultat positif : en lutte perpétuelle pour le maintien en première division, son club a obtenu un nul en déplacement contre Rosario Central. Auteur d'une belle performance, Lechuga, comme on le surnomme sur la planète football, n'oublie pas que son plus grand triomphe remonte à l'an dernier, quand, atteint d'un cancer des testicules, il est parvenu à vaincre la maladie après une opération et plusieurs mois de chimiothérapie.

"J'ai passé presque un an loin des terrains, j'avais hâte de revenir jouer et de faire mon travail", confie à son retour le portier dont les débuts en première division argentine datent de 1988. Sa joie est bien compréhensible au vu d'un parcours mouvementé. Alors qu'il défendait les buts du club espagnol d'Albacete, Roa ne s'est subitement plus présenté aux entraînements. Sans vraiment risquer de diagnostic, la presse faisait état d'une maladie. C'est des mois plus tard que le voile a été levé : "J'ai vécu une situation très difficile ; le mot 'cancer' est foudroyant. Mais j'ai affronté la maladie avec la plus grande foi. Tant qu'il y a une lueur infime, je garde espoir", explique Roa.

Si le traitement médical semblait sonner le glas de sa carrière de footballeur, l'Argentin a plus d'un tour dans son sac. Début 2004, alors que la maladie n'est plus qu'un mauvais souvenir, il devient l'entraîneur des gardiens du Constancia de Inca, club de troisième division espagnole. "Je ne pourrais jamais assez les remercier de m'avoir aidé dans cette période difficile. Heureusement, j'ai pu rester en contact avec la profession et, par la même occasion, préparer mon retour", affirme-t-il. Un retour qui s'est concrétisé en août 2005…

Au nom de Dieu

Tout au long de son beau parcours, Roa excelle dans ses cages par ses réflexes et son assurance. Ainsi, personne n'est surpris de le voir s'imposer au Racing Club de Avellaneda à la fin des années 80. Toutefois, en 1990, le portier connaît son premier revers de fortune : il contracte le paludisme lors d'une tournée de son équipe en Afrique.

Remis sur pied, il signe au RDC Majorque après un passage couronné de succès dans le club de Lanús. En Espagne, l'Argentin vit les meilleures années de sa carrière et gagne une place en sélection nationale, avec laquelle il disputera la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998. Roa, qui parvient à garder ses cages inviolées pendant toute la phase de groupes, réserve le meilleur pour la fin. De fait, il offre sa plus belle performance le 30 juin, dans un match de huitièmes de finale contre l'Angleterre. Au terme d'un nul 2-2 sur des réalisations de Gabriel Batistuta, Javier Zanetti, Alan Shearer et du jeune Michael Owen, Roa devient le héros de cette grande nuit stéphanoise à l'heure de l'épreuve de vérité, qui décide de l'issue d'un match palpitant. En brisant le rêve anglais et en déclenchant une véritable fête albiceleste, Lechuga s'assure une place parmi les plus grands gardiens de son pays. Ses victimes ? Paul Ince et David Batty. Malheureusement pour lui et les siens, l'Argentine ne réussit pas à surmonter l'obstacle néerlandais en quarts de finale…

Impressionné par ses performances, Manchester United est prêt à débourser une belle somme pour s'accorder les services du portier originaire de Sante Fé. Mais ce dernier réserve d'autres surprises. A l'apogée de sa carrière, Roa préfère abandonner le football pour se consacrer à la religion : l'Eglise adventiste du septième jour lui interdit de travailler le samedi. "Dieu vaut plus que tout l'or du monde", déclarait-il à l'époque. "Presque tous mes coéquipiers de Majorque me disaient que j'étais fou, mais ça m'était égal. J'avais le soutien de Dieu et celui de mon épouse, c'est tout ce que je voulais", explique-t-il aujourd'hui. Mais en 2000, il finit par changer d'avis et rechausser ses crampons.

L'avenir

Aujourd'hui rétabli et heureux, Roa sait que cette période dorée de la Coupe du Monde de la FIFA n'est plus qu'un bon souvenir. Son présent se résume en un mot : Olimpo, le club qu'il a rejoint en un temps record à quelques jours du coup d'envoi du Tournoi d'ouverture argentin. "Les dirigeants de Bahía Blanca me font confiance malgré mon inactivité. Je me dois donc de leur donner le meilleur de moi-même sur le terrain. Beaucoup de personnes pensent que je suis fini, mais je prends ça comme une motivation de plus", affirme le footballeur, qui porte toujours sa fameuse barbe.

Pour la presse sportive, le retour de Roa a été plus que positif. Le quotidien Olé, pour ne citer que lui, a qualifié sa prestation d'honorable : "Solide, il n'est pas responsable du but qu'il a encaissé. Chaque fois qu'il le fallait, il était bien placé". Des commentaires qui représentent sans doute une motivation de plus pour le portier. "Je veux continuer à faire ce que j'aime, jouer au football. La maladie, c'est du passé, et maintenant je veux profiter de la vie".

Nom : Roa

Prénom : Carlos

Date de naissance : 15 août 1969

Lieu de naissance : Santa Fé (Argentine)

Carrière en tant que joueur : Racing Club de Avellaneda (Argentine), Club Atlético Lanús (Argentine), RCD Majorque (Espagne), Albacete (Espagne), Club Olimpo de Bahía Blanca (Argentine).

Sélections : 17

Palmarès : Coupe du Monde de la FIFA

  • Quarts de finale à France 1998 (quatre buts encaissés en cinq matches)

    Coupe Conmebol

  • Vainqueur avec Lanús en 1996

    Supercoupe d'Europe

  • Vainqueur avec le RCD Majorque (1997/1998)