Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™

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21 novembre - 18 décembre

Qatar 2022 - Pérou

Farfán : "En Russie, on aurait pu aller plus loin"

Jefferson Farfan of Peru celebrates after scoring 
© Getty Images
  • FIFA.com a rencontré l’attaquant péruvien Jefferson Farfán
  • Quelques heures plus tard, il apprenait son test positif au COVID-19
  • L'attaquant vedette de la Blanquirroja évoque le nouveau statut du Pérou en CONMEBOL

"Le côté le moins négatif de la pandémie, avec les problèmes qu’elle pose à tout le monde, c’est qu’elle m’a donné le temps de mieux récupérer de ma blessure." Au micro de FIFA.com, Jefferson Farfán racontait son confinement en Russie, où il évolue au Lokomotiv Moscou. À ce moment-là, l'attaquant péruvien ignorait encore l’information que le club allait lui communiquer quelques heures plus tard : son test positif au COVID-19.

Le contexte avait permis à l’attaquant de 35 ans de bien préparer son retour après une blessure au genou contractée lors de la dernière Copa América, qui l’a tenu éloigné des terrains pendant plus de six mois. Mais à quelques encablures de la reprise de la Premier-Liga russe, prévue le 21 juin, le coronavirus va obliger Farfán à patienter "trois ou quatre semaines" avant de reprendre l’entraînement, a indiqué son club. "Merci à tous pour vos messages et vos pensées. Grâce à Dieu, je me sens très bien, en bonne forme et serein", a-t-il écrit sur son compte Instagram. "Je suis à la maison, isolé par précaution, je suis en quarantaine, mais je suis heureux. Je regarde du foot et je sais que je suis en bonne santé. On ne lâche rien. Concentré sur mes objectifs, mes ambitions et mon retour sur le terrain. À très vite."

Dans un entretien avec FIFA.com, Jefferson explique comment il prépare son retour sur les terrains. Il parle également de sa sélection, dont il est le deuxième meilleur buteur (27 buts) et le sixième joueur le plus capé (95).

Jefferson Farfan of Peru poses for a portrait
© Getty Images

Jefferson, qu’est-ce qui vous manque le plus dans le football en cette période ?

Le contact collectif avec le ballon. Il y a une différence entre travailler seul, comme je le fais ici chez moi à Moscou, et travailler avec les coéquipiers. Ça procure une sensation différente, que le joueur recherche en permanence. C’est encore plus vrai pour moi car ça fait longtemps que je n’ai pas joué. Je reviens d’une blessure compliquée. Avant toute chose, l’idée est de me remettre d’aplomb pour me sentir bien balle au pied. L’adrénaline des matches officiels, ça vient dans un deuxième temps. Je dois encore patienter un peu, mais quoi qu’il arrive, je serai prêt.

Comment vivez-vous le confinement jusqu’ici ?

Je m’entraîne, et je regarde des séries ou des films, chose que je n’avais pas l’habitude de faire. Mais je communique surtout avec ma famille à Lima : je parle tout le temps avec mes enfants, ma mère, ma grand-mère et mes proches. Ça m’aide à me sentir mieux, en plus de faire passer le temps.

On vous a vu très actif sur les réseaux. Votre direct sur Instagram avec Paolo Guerrero a eu beaucoup de succès au Pérou…

Paolo, c’est mon pote. On a pu voir la complicité qui existe entre nous, même si on est des gens timides. Ils étaient 70 000 à rire de nos bêtises. Sans compter qu’on en a gardé sous le coude ! La moindre chose qu’on disait pouvait avoir des répercussions donc on a fait attention. Peut-être qu’on devrait lancer une chaîne YouTube ! (rires).

Venezuela v Peru: Group A - Copa America Brazil 2019
© Getty Images

Restez-vous en contact avec d’autres internationaux péruviens ?

Bien sûr. On a un groupe WhatsApp sur lequel on échange sans arrêt. On partage des mèmes, on se souhaite les anniversaires mais on parle aussi de l’équipe nationale et de notre envie de jouer les qualifications. C’est surtout qu’on veut prendre notre revanche, car on pense qu’en Russie, on aurait pu aller plus loin.

Le Pérou a joué la finale de la Copa América 2019. Le report du début des qualifications pour Qatar 2022 vous a-t-il porté préjudice ?

Je ne saurais pas dire. Il faudrait attendre le premier match pour voir, mais toutes les sélections ont été affectées. Je ne crois pas que ça freinera la montée en puissance du Pérou. Je pense qu’on va garder cette étincelle que nous avons trouvée avec Ricardo Gareca.

Quelle est précisément cette étincelle ?

C’est le fait d’avoir trouvé un jeu de qualité, d’avoir mis en place une bonne circulation de balle, de tenter des choses, de mettre en pratique le football qu’il nous a inculqué. Grâce à tout ça, on a fait des choses qu’on n’avait plus vues depuis de nombreuses années dans le football péruvien.

Vous avez déclaré : "Avant Gareca, on se contentait de nos résultats". Comment s’y est-il pris pour vous faire sortir de cette zone de confort ?

J’ai participé à plusieurs campagnes de qualification et j’avais cette sensation. Mais Gareca est arrivé et il a apporté cette envie de gagner. Il a cru au footballeur péruvien comme peu d’entraîneurs avant lui. Il a cru à son talent et a ajouté les détails nécessaires pour améliorer sa préparation. C’est grâce à ça qu’on a fait de grandes choses pour l’équipe nationale et les supporters, qui ont connu des années difficiles, comme moi en tant que joueur.

Jefferson Farfan of Peru celebrates the qualification to Russia 2018
© Getty Images

Aujourd’hui, le Pérou s’avance comme un candidat à la qualification directe pour Qatar 2022. Assumez-vous cette étiquette ?

Absolument ! Avant, on était le canard boiteux des qualifications et je suis passé par là : nos adversaires venaient au Pérou en pensant qu’ils pouvaient en revenir avec 1 ou 3 points. Maintenant, c’est fini. L’équipe qui vient à Lima ou qui reçoit le Pérou sait qu’elle va se trouver face à un adversaire capable de battre n’importe qui. Et ça, même si notre jeu est analysé et si on nous connaît mieux qu’avant.

Après 17 mois sans avoir été convoqué, vous avez retrouvé la sélection pour le barrage face à la Nouvelle-Zélande. Et vous avez marqué le but de la qualification pour Russie 2018. Combien de fois l’avez-vous revu ?

Ouf, 10 000 je pense ! Ça a été extraordinaire : je faisais mon retour en équipe nationale, il y avait cette affaire de dopage de mon ami Guerrero, il y a eu beaucoup d’émotion. Cette qualification est tombée au moment idéal et tout s’est déroulé comme dans un rêve.

Quel rôle avez-vous joué dans la continuité de l’ère Gareca ?

J’ai apporté le fait d’être le plus vieux avec Guerrero ! (rires) Je veux apporter sur le terrain, en jouant, mais aussi en dehors, en faisant appel à mon expérience pour parler aux jeunes. De toute façon, c’est un groupe qui s’exprime beaucoup. Ça a été l’une des clés de notre réussite : on sait communiquer entre nous.

Jusqu’à quand vous verra-t-on sur les terrains ?

Comme le dit ma mère, on ne sait jamais, il faut s’attendre à tout dans la vie. Ce sera peut-être deux ans, ou trois, ou quatre… Je ne me suis pas fixé de date. Si le corps suit, si je reste compétitif et si je continue de prendre du plaisir sur le terrain, je continuerai de jouer.

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