Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

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11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Fiesta espagnole au Soccer City

Spain fans enjoy the atmopshere
© Getty Images

"Je n'en reviens pas, ça doit être un rêve", s'extasie Enrique, la tête enveloppée dans une écharpe rouge et jaune afin de se protéger du vent glacial qui souffle sur Johannesburg. "C'est notre premier titre mondial, jamais je n'aurais cru vivre assez longtemps pour y assister !", ajoute, à bout de souffle, ce Madrilène de 48 ans. Son regard se pose ensuite sur les imposantes structure du Soccer City alors qu'il compose frénétiquement le numéro de sa famille restée dans la capitale espagnole.

Les champions d'Europe en titre ont essuyé de nombreuses désillusions au cours des précédentes éditions. Cette fois pourtant, la réussite est bien au rendez-vous. Tandis que les Ibères brandissent leur première Coupe du Monde de la FIFA dans la tribune d'honneur et que la clameur monte, le joyeux Madrilène essaye en vain de communiquer avec ses proches à l'autre bout du fil. En 13 participations à l'épreuve reine et malgré des équipes prometteuses, la Roja n'a jamais été à la hauteur de ce qu'on attendait d'elle. Souvent, la mécanique s'est enrayée et trop souvent, les nerfs ont lâché. "Atteindre la finale pour la première fois, ç'a été une joie et une victoire immenses", nous crie José. Quelques secondes plus tard cet Espagnol qui vit au Venezuela a rejoint le chœur des supporters afin d'entamer un chant festif et de circonstance : "Xavi, Iniesta, eso es una fiesta" (Xavi, Iniesta, ça c'est de la fête), hurlent-t-ils d'une seule voix, en bondissant, insensibles au froid qui règne ce soir dans la banlieue de Soweto.

Joie espagnole, détresse néerlandaise"C'était notre tour", ajoute Carlos, 43 ans, né à Dubaï d'un père espagnol. "Je pense que les Hollandais sont encore plus maudits que nous. C'est leur troisième défaite en finale. C'est triste pour eux. Leurs fans sont extraordinaires et ils ont fait un très bon tournoi. Mais ce soir, c'était notre soir".

En effet, la joie espagnole est à la mesure de la détresse néerlandaise. "J'ai attendu 32 ans pour revoir mes Oranjes en finale", se désespère Rob, 43 ans. Né à Haarlem, en périphérie d'Amsterdam, il vit désormais dans la capitale sud-africaine. Le pays des tulipes a été finaliste à deux reprises dans les années 1970. Aujourd'hui la Roja réalise son rêve et les Pays-Bas peuvent être considérés comme la plus grande nation du football à n'avoir jamais remporté le titre suprême. Un coup dur qu'illustrent parfaitement Wesley Sneijder, Arjen Robben et Mark van Bommel, anéantis. Leurs visages mouillés par les larmes reflètent leur frustration et la cruauté du sport. Peter, 45 ans, a du mal à trouver ses mots : "C'est tragique, triste...", témoigne-t-il. "C'est vraiment dur à vivre", regrette ce supporter batave venu tout droit d'Utrecht.

Les visages bariolés de rouge, blanc et bleu des supporters néerlandais se décomposent, les espoirs du matin ont été annihilés par la défaite concédée ce soir. De leur côté, les supporters espagnols ont bien du mal à contenir leur bonheur. Trop souvent habitués aux déconvenues de leur équipe, abonnés aux défaites en quarts de finale et au sentiment d'inachevé, les fans se laissent aller et semblent retomber en enfance. "Ça y est, on a notre toute première Coupe du Monde mais je n'arrive toujours pas à y croire", reprend José, les yeux rivés sur la pelouse alors qu'Andrés Iniesta, buteur et Homme du Match Budweiser, Xavi et les héros du soir paradent, le trophée serré contre le cœur. "Je pense aux gens en Espagne, à mon père et à toutes les fois où nous avons perdu. Je crois que je ne pourrai plus arrêter de sourire".

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