Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Folie dans le vestiaire

Spain celebrate in their dressing room
© Getty Images

L’espace de quelques instants, le silence s’installe dans le vestiaire espagnol, vingt minutes à peine après la remise du trophée suprême au Soccer City Stadium de Johannesburg. Les yeux rivés sur le clavier de leur téléphone, les joueurs composent frénétiquement des messages avec un grand sourire aux lèvres.

Mais une image surgie du téléviseur suffit à les sortir de leur béatitude. "Grande Andrés !", hurlent-ils à l’unisson en revoyant le but décisif du milieu de terrain. Tandis que le buteur savoure la victoire dans un coin du vestiaire, les autres joueurs sautent en l’air et chantent en se passant le trophée, demandant qu’on les prenne en photo en train d’embrasser la coupe. Même l’arrivée de trois représentants de la famille royale espagnole, la Reine Sophie, le Prince Felipe et la Princesse Letizia, n’y fait rien.

Puis ce sont des accolades, des embrassades et une photo de groupe à laquelle se joint le tennisman Rafael Nadal. Le numéro 1 mondial est habillé comme un supporter pur et dur, enveloppé d’un drapeau espagnol avec une écharpe enroulée autour de la tête et le visage peinturluré. "J’ai pleuré comme un gosse", confie-t-il les yeux encore brillants. Et tandis que les joueurs posent pour les photos en scandant des "campeones, campeones", une voix s’élève. Le chanteur lyrique Plácido Domingo s’unit aux chants des joueurs, déclenchant l’enthousiasme de tout le vestiaire.

Où est Reina?En s’écriant ainsi,les joueurs ne réclament pas son altesse royale, déjà sollicitée par les caméras de télévision, mais bien le gardien remplaçant Pepe Reina, retenu par les formalités du contrôle antidopage. Le groupe est très soudé et cela se voit dans ce genre de détails. Dans l’intimité du vestiaire, Vicente del Bosque apparaît toujours aussi discret. Le sélectionneur observe les scènes de liesse sur le côté tout en répondant, ému, aux messages téléphoniques de sa famille et de ses amis.

"Allez garçon, pense aux autres", crient les joueurs à l’attention d’un Sergio Ramos insatiable, qui pose pour la troisième fois en embrassant la coupe. Pendant ce temps, certains joueurs signent des maillots et Víctor Valdés enlève le sien pour l’offrir à l’un des bénévoles chargés de veiller à ce que tout soit en ordre dans le vestiaire.

Dûment réhydratés au moyen de boissons énergétiques, les organismes ont soif d’autre chose et la bière commence à couler à flots. Bras dessus, bras dessous et la bouteille à la main, Fabregas et Puyol font leur retour sur la pelouse pour fouler en silence le champ de bataille. Gerard Piqué, surexcité, parcourt le terrain de long en large pour décrocher le filet du but de Maarten Stekelenburg.

"Et alors, où est la musique ?", entend-on soudainement au beau milieu du délire collectif. Certains font la sourde oreille, mais la fête commence à prendre forme. "Où est Shakira ?", hurle un Capdevilla déchaîné, avec un seau sur la tête. C’est alors que Reina revient, comme une étincelle. Au cri de "Camarero !" (chanson comique avec laquelle les Espagnols ont célébré l’EURO à Madrid), le vestiaire est à nouveau inondé de vivats et d’acclamations. Les rires, les toasts, les photos, les messages et les coups de fil se prolongent pendant des heures.

Il est temps pour nous de quitter les lieux et au moment de sortir, nous croisons un Wesley Sneijder très sérieux, attendant patiemment que ses adversaires le laissent entrer pour qu’il les félicite. Exemplaire jusqu’au bout.

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