Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Francescoli dans la tête de Zidane

© AFP

"Mais c’est fou, quel idiot !" Enzo Francescoli regardait la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006 pour voir gagner Zinedine Zidane. Confortablement assis dans le canapé de sa maison de Miami aux côtés de ses deux fils, Bruno et Marco, il voulait voir celui qu’il considérait comme le "Maradona de 86 de l’équipe de France" brandir la coupe. Mais quand la télé a montré *Zizou *s’essayer au coup de tête sur Marco Materazzi, il n’a pas réussi à réprimer ce nom d’oiseau.

"C’était très fort. Zizou avait parfois ce genre de comportements, des pertes de contrôle qui duraient deux secondes", observe Francescoli pour FIFA.com. "Ça m’a fait de la peine pour lui. Je pense que sans ces deux secondes de folie, sa trace dans l’histoire aurait été encore plus profonde. Il est forcément dans l’histoire, mais son aura aurait été plus brillante parce que la France aurait eu deux titres mondiaux. Pour lui, ça aurait été la plus belle fin de carrière jamais imaginée".

Si l’Uruguayen suivait cet Italie-France qui ne lui ferait "ni chaud ni froid" s’il se disputait aujourd’hui, c’était pour une bonne raison qui dépassait la magie avec les pieds de Zidane. "À l’époque, on s’était déjà vu plusieurs fois, j’étais allé faire la connaissance d’Enzo… On s’était déjà lié d’amitié à cause de tout ça", explique Francescoli. "Tout ça", ce sont les bonnes relations qu’il y avait entre eux. Tout a commencé en 1989, mais Francescoli ne l’a appris qu’en 1996. La Juventus et River Plate devaient jouer la Coupe Intercontinentale et Zidane a révélé publiquement que son adversaire uruguayen était son idole depuis sa période à l’Olympique de Marseille et que son fils aîné s’appelait Enzo en référence au Principe.

"Entendre un joueur de cette trempe, qui était déjà une icône, dire qu’il allait te voir jouer tous les après-midis et que tu faisais ci et que tu disais ça, c’était très émouvant pour moi", souligne Francescoli. Le Français emportait toujours le maillot que lui avait offert son nouvel ami lors des mises au vert pour dormir avec. "Sa femme disait qu’il dormait parfois avec à la maison", raconte-t-il, à la fois incrédule et fier. "Les joueurs sont tous un peu fous…", plaisante-t-il.

Le coup de tête
Zidane considérait Francescoli comme un dieu, ce qui suscitait "une certaine gêne" chez l’Uruguayen. Le champion du monde 1998 a même avoué un jour : "J’étais tellement obsédé que je regardais attentivement toutes ses actions. J’ai tout fait pour lui ressembler". Il l’a copié et dépassé dans plusieurs compartiments, même dans les moins bons. Notamment ces deux secondes de folie lors de la finale d’Allemagne 2006...

"Mais on disjoncte tous un jour ou l’autre dans la vie", assure Francescoli. "Moi, en finale de la Copa América 1987, j’avais mis un coup de tête à un joueur chilien et l’arbitre brésilien Arppi Filho avait eu raison de m’exclure", reconnaît-il avant de revenir en détails sur son mauvais souvenir. "Fernando Astengo m’avait mis un coup de pied qui m’avait détruit le muscle juste avant. Du coup j’étais un peu énervé. Après, Astengo ne m’a même pas frappé, il a frappé Antonio Alzamendi. Mais il est venu coller son visage contre le mien et je lui ai mis un coup de tête. Je l’ai à peine touché mais il s’est jeté par terre. Je m’en voulais à mort. J’aurais préféré que ça arrive dans n’importe quel autre match, mais pas dans une finale. Si ça arrive dans un match normal, ok, mais quand c’est un match important…"

Quand il a vu Zidane faire la même chose dans le stade Olympique de Berlin, il se sentait mal. Il était sûr que les Bleus *seraient champions du monde sans ce coup de tête. "C’est vrai qu’après, la France a perdu aux tirs au but. Ce genre de choses arrive avec ou sans Zidane sur le terrain, mais je crois qu’il apportait un plus aux *Bleus, comme Diego Maradona le faisait en 86", lance-t-il en prenant le soin de comparer les deux légendes. "Ces choses-là se ressentent, toute l’équipe les ressent. La sortie de Zizou, même si elle n’a pas trop influé sur le cours du jeu puisqu’il restait peu de temps pour la fin des prolongations, a dû peser sur l’état d’esprit de tous les joueurs. Quant à moi, ça m’a fait du mal de le voir sortir".

Il se sentait d’autant plus triste qu’il trouvait* Zizou* en bonne forme. En témoigne le pénalty qui a permis aux Bleus de prendre les devants dès le début du match. "Ça ne m’a pas surpris de le voir tenter cette Panenka. Ils se connaissaient depuis longtemps avec Gianluigi Buffon et il avait besoin de tenter quelque chose de différent. D’ailleurs, il a un peu trop piqué son ballon mais il a eu la chance qui allait lui manquer en fin de match..."

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