Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

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11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Goycochea : "Un mauvais souvenir"

Andreas Brehme of West Germany beats Goycochea to score a penalty during the World Cup final against Argentina
© Getty Images

L'Argentin Sergio Goycochea fait incontestablement partie des gardiens qui ont marqué l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA. En 1990, El Vasco (le Basque) avait entamé sur le banc le deuxième match de la phase de groupes, contre l'Union Soviétique. Onze minutes plus tard, il entrait à la place de Nery Pumpido, blessé. Il ne savait pas encore que ce tremplin allait faire de lui "l'un des dix meilleurs gardiens de l'histoire de la Coupe du Monde", selon José Luis Chilavert.

À quelques heures du choc capital entre l'Argentine et l'Allemagne, l'ancien gardien albiceleste a accordé une interview exclusive à FIFA.com à propos des performances des portiers à 2010, du niveau de l'équipe de Diego Maradona et de la finale contre la Mannschaft il y a 20 ans.

Sergio Goycochea, c'est un véritable clásico qui se profile entre l'Argentine et l'Allemagne. Quels souvenirs vous évoque l'équipe d'Allemagne en Coupe du Monde de la FIFA ?
Pas les meilleurs souvenirs ! Perdre une finale de Coupe du Monde, ça fait mal ; et ça fait encore plus contre l'Allemagne. Je me souviens d'une finale atypique car nous nous y sommes présentés décimés par les blessures et les suspensions. Nous avons résisté autant que nous avons pu. Ç'a donné un match très équilibré, ne serait-ce qu'en raison du respect des Allemands pour le maillot argentin. Si nous n'avions pas été l'Argentine, ils ne nous auraient pas autant respectés.

Avez-vous revu récemment le penalty d'Andreas Brehme qui a offert le titre à l'Allemagne ?
Franchement ? Non, je ne l'ai pas revu et l'explication est très simple : c'est parce que je ne l'ai pas arrêté. Je ne peux plus rien faire donc à quoi bon ?

Quel est votre meilleur souvenir de cette Coupe du Monde de la FIFA ?Les célébrations après le penalty de (Aldo) Serena contre l'Italie en demi-finale. J'ai couru vers mes coéquipiers pour aller les chercher. C'était l'illustration la plus ludique de ce qui fait la beauté de ce sacré football : courir dans un stade muet et n'entendre que les cris de ses coéquipiers… C'est comme si j'avais arrêté un penalty de mon pote Mario sur le petit terrain de Lima, mon village. Ça m'a fait penser à ça, même si ce qui se jouait en Italie était beaucoup plus important !

Puisque nous parlons des penalties, vous avez été un véritable spécialiste de l'exercice. À quoi doivent faire attention les gardiens dans ces moments décisifs ?Il n'y a pas de préparation spéciale à avoir. Le plus important, bien sûr, c'est de connaître les adversaires, savoir comme ils ont l'habitude de tirer. Un attaquant ne tire pas de la même façon qu'un milieu ou un défenseur. Les joueurs techniques tirent d'une façon, les joueurs plus rugueux d'un autre…

Et puis, tirer le premier ou le cinquième, ce n'est pas pareil. Sur le premier, la séance vient de commencer, mais s'il s'agit de tirer le cinquième pour égaliser, c'est autre chose. Les gardiens doivent rester calmes et savoir que collectivement, dans la tête de tout le monde, c'est le tireur qui a la plus grosse responsabilité. Ce qu'il faut faire, c'est mettre ça dans la tête de celui qui vient tirer.

Et sur le plan physique ?C'est très important d'avoir une bonne puissance dans les jambes, beaucoup d'intuition et, bien sûr, un peu de chance. Mais bon, tout n'est pas question de chance, hein ? En tout cas pour moi.

Pourtant, vous aviez quand même un rituel particulier avant les penalties en 1990…Oui, mais je ne pouvais pas faire autrement ! Contre la Yougoslavie, on avait joué 120 minutes et, comme vous le savez, on n'a pas le droit d'aller aux vestiaires avant la séance de tirs au but. J'avais beaucoup bu et, à la différence des joueurs de champ, je n'avais pas éliminé parce que je n'avais pas couru. J'ai beaucoup accumulé et j'ai eu envie d'uriner. Comme je ne pouvais pas aller aux vestiaires, j'ai demandé à mes coéquipiers de me cacher et j'ai uriné sur le terrain. Contre l'Italie, par superstition, j'ai fait en sorte que ça se reproduise. Et ça a bien marché (rires).

Revenons à Afrique du Sud. Pour vous, qui est le meilleur gardien ?
Je crois que c'est Julio César, surtout pour ce qu'il a montré avant. Il n'a pas encore eu un grand match à faire, mais à mesure que le Brésil va avancer, il va finir par prouver tout ce qu'il a démontré dernièrement à l'Inter. Je suis très rassuré avec le gardien de l'Argentine, Sergio Romero. Il apporte beaucoup de tranquillité, il est très sobre et il s'est très bien adapté au ballon. Nous pouvons être tranquilles dans ce domaine.

Vous connaissez très bien Diego Maradona. Jusqu'où peut aller son équipe en Afrique du Sud ?L'équipe a beaucoup changé, même si je n'en connais pas la raison. Je suppose que le temps passé ensemble avant le premier match y est pour quelque chose. Il y a eu un déclic intérieur, Diego a oublié les qualifications et il a commencé à bâtir son équipe de façon plus harmonieuse. C'est ce travail et l'investissement des joueurs qui font la différence. J'espère qu'ils vont rester sur cette voie.

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