Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

L’histoire s’écrit d'abord en demi-finale

France players celebrate Lilian Thuram's goal against Croatia
© Getty Images

Il ne reste que deux marches à gravir pour les quatre équipes encore en lice pour espérer remporter la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. Mais avant de penser au dernier échelon, encore faut-il gravir l’avant-dernier…

Même si on ne retient souvent que les vainqueurs, certaines batailles du dernier carré sont passées à la postérité. A quelques heures des duels entre les Pays-Bas et l’Uruguay d’un côté, et l'Allemagne et l'Espagne de l’autre, FIFA.com ouvre les livres d’histoires pour se pencher sur les plus beaux épisodes des demi-finales.

Italie-Brésil, France 1938 (2:1)Sur la route de son deuxième sacre consécutif, l’Italie a dû se débarrasser d’un Brésil sûr de sa force. Tellement sûr qu’il se permet de laisser sur le banc son buteur et meilleur joueur Leonidas, afin de le préserver pour la finale. Sauf que la Seleçao n’y parviendra jamais, la faute à deux buts signés Gino Colaussi et Giuseppe Meazza. L’histoire retiendra, outre la victoire de la Nazionale, que Meazza a transformé le penalty vainqueur en retenant son short avec ses mains, l’élastique ayant craqué pendant sa course d’élan !

Brésil - Uruguay, Mexique 1970 (3:1)Un moment de grâce, de folie ou de génie. Au choix. Face à la Celeste, le Brésilien Pelé a réalisé l’un des plus beaux gestes de l’histoire du football : un grand pont sans même toucher le ballon sur le gardien uruguayen Ladislao Mazurkiewicz. Peut-être le fait que Pelé ait raté le plus facile - pousser la balle dans le but vide - rend-il le geste et son auteur encore plus fascinants. Toujours est-il qu’O Rei se rattrapera en finale avec notamment un but de la tête sur une détente verticale phénoménale et une passe aveugle géniale pour Carlos Alberto.

Italie-RFA, Mexique 1970 (4:3 a.p.)Et si c’était celui-là, le match du siècle ? L’ambiance était évidemment différente au coup de sifflet final dans le camp des vainqueurs et des vaincus, mais 40 ans après, un sentiment est unanime chez tous les participants de cette rencontre : ils ont disputé un match d’anthologie. Le 17 juin 1970 au Stade Azteca de Mexico, la demi-finale entre l’Italie et la R.F.A. a été tendue pendant 89 minutes, puis folle pendant la dernière du temps réglementaire et la prolongation. Dès la 8ème minute, Roberto Boninsegna avait donné à la Nazionale un avantage qu’elle allait conserver 82 minutes. Mais pas plus… A la dernière seconde, Karl-Heinz Schnellinger égalise et marque le début d’une demi-heure légendaire. Gerd Müller offre la tête à la Mannschaft (94’, 2:1) que Tarcisio Burgnisch lui enlève quatre minutes après (98’, 2:2). Gigi Riva remet les Transalpins devant (104’, 3:2), mais Müller passe encore par là (110’, 3:3) ! Sur l’engagement, Gianni Rivera inscrit un nouveau but que, cette fois, les Italiens sauront protéger jusqu’au bout (111’, 4:3).

Outre ce finish de folie, d’autres images sont entrées dans l’histoire : le libero allemand Franz Beckenbauer jouant les 20 dernières minutes et la prolongation avec une clavicule cassée et le bras en écharpe, et ce même Kaiser frappant de rage par terre après un raté de Müller alors que lui-même était démarqué…

R.F.A.-France, Espagne 1982 (3:3 a.p., 5:4 t.a.b.)Toutes les émotions en 120 minutes : cette demi-finale disputée à Séville est l’un des plus beaux et l’un des pires de l’histoire de l’équipe de France, et un souvenir mémorable pour tous les supporters allemands. Deux équipes qui se rendent coup pour coup, le beau jeu du carré magique français autour de Michel Platini, l’abnégation allemande marquée par une remontée de deux buts en prolongation, une sortie kamikaze de Toni Schumacher sur Patrick Battiston qui ne s’en relèvera pas, un tir sur la barre de Manuel Amoros qui aurait pu éviter aux Bleus la prolongation, le flair de Jupp Derwall qui fait entrer Karl-Heinz Rummenigge, buteur quelques minutes après, Uli Stielike qui s’écroule de dépit, pensant condamner les siens en manquant son tir au but, avant que les Français Didier Six et Maxime Bossis n’en fassent autant... L’Allemagne est en finale, mais elle paiera au prix fort cette débauche d’énergie et d’émotions contre l’Italie.

R.F.A.-Angleterre, Italie 1990 (1:1 a.p., 4:3 t.a.b.)La malédiction anglaise des tirs au but est née ce 4 juillet au Stadio Delle Alpi, après une rencontre maîtrisée par les Trois Lions. Même l’avantage psychologique semble être du côté des Anglais, qui sont revenus au score après que l’Allemagne a ouvert le score sur un coup franc détourné d’Andreas Brehme. Emmenés par un Paul Gascoigne de gala, l’Angleterre revient à dix minutes du terme grâce à Gary Lineker. Mais il en faut plus pour déstabiliser des Allemands que Lineker décrira après la rencontre comme "ceux qui gagnent toujours à la fin". Outre les ratés de Stuart Pearce et Chris Waddle, qui enterrent les espoirs anglais, ce sont les larmes de Gascoigne qui sont passées à la postérité. Des sanglots dus à un carton jaune qui privait Gazza d’une éventuelle finale, et qui ont ému le monde entier.

Italie-Argentine, Italie 1990 (1:1 a.p., 3:4 t.a.b.)
La ville de Naples n’a jamais été autant divisée que lors de cette demi-finale. Les tribunes ne savent pas trop si elles doivent encourager leur équipe nationale ou leur idole argentine Diego Maradona. Finalement, après leur avoir donné tant de joie, le Pibe de Oro fera pleurer les supporters napolitains en éliminant le pays hôte. Mais le héros de cette rencontre est le gardien argentin. Devenu titulaire pour suppléer Nery Pumpido, gravement blessé au tibia, Sergio Goycochea arrête les tirs au but de Roberto Donadoni et Aldo Serena et envoie les Albicelestes vers leur deuxième finale consécutive.

France-Croatie, France 1998 (2:1)Le match d’un homme : Lilian Thuram. Au cours de ses 142 sélections, peu habitué à s’aventurer au-delà du milieu de terrain, le défenseur français n’aura inscrit que deux tout petits buts. Un doublé en une vingtaine de minutes qui qualifie la France pour sa première finale. Sans doute faut-il y voir une relation de cause à effet, c’est une erreur de placement de ce même Thuram qui couvrait l’attaquant croate Davor Suker lorsque celui-ci avait ouvert la marque juste après la pause. Sa rage et le regard figé de celui qui ne sait pas ce qui lui arrive après le second but font partie de l’histoire du tournoi.

Allemagne-République de Corée, Corée/Japon 2002 (1:0)L’année 2002 aurait pu être celle de la consécration pour Michael Ballack, mais elle a viré au cauchemar. Battu en finale de la Ligue des champions de l’UEFA etde la Coupe d’Allemagne et deuxième du championnat avec le Bayer Leverkusen, le milieu de terrain allemand a porté son équipe jusqu’en demi-finale de la Coupe du Monde 2002. C’est même lui qui inscrit le seul but du match face au pays coorganisateur. Mais un carton jaune le prive du rendez-vous suprême. Héros maudit, il ne saura jamais si sa présence aurait changé le cours de la finale perdue 2:0 face au Brésil.

Allemagne-Italie, Allemagne 2006 (0:2 a.p.)Pour les 65 000 supporters allemands présents à Dortmund, l'issue de la rencontre ne fait aucun doute. L'Allemagne n'a jamais perdu dans ce stade et bénéficie depuis le début du tournoi du soutien inconditionnel de tout un pays. Qui plus est, la Mannschaft sort d’un quart de finale miraculeux contre l’Argentine. L’Italie de son côté, avance sans trembler mais sans impressionner. Les locaux se créent les meilleures occasions, dont une frappe splendide de Lukas Podolski en prolongation, claquée par Gianluigi Buffon. Pour ces dernières minutes cruciales, Marcello Lippi prend le pari fou de faire entrer deux attaquants, Vincenzo Iaquinta et Alessandro Del Piero. Quelques minutes après, le risque paie et la Squadra marque deux buts coup sur coup à la 119ème et 121ème…

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