Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

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11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Karembeu : "La marque des grands"

Christian Karembeu of France poses during the Technical Study Group Photo Session
© Getty Images

Par Christian Karembeu

Une finale de Coupe du Monde, c’est le moment qu’on attend toute une vie. Quand on joue au football, on rêve tous à un moment ou un autre de vivre cet instant, où on a l’occasion d’entrer dans la légende. Les deux équipes ont annoncé depuis longtemps que leur but était de remporter la Coupe du Monde, et les voilà à portée de leur rêve. Pour l’avoir vécu lors de France 1998, je sais ce que l’on ressent lorsqu’on est dans le tunnel, prêt à disputer le match le plus important de sa carrière.

Mais contrairement à mon expérience avec l’équipe de France en finale contre le Brésil, entre l’Espagne et les Pays-Bas, il n’y avait aucune équipe a priori largement favorite. Lorsque nous sommes entrés sur le terrain du Stade de France, au contraire, nous savions que nous affrontions un monument du football : la Seleçao, alors quadruple championne du monde, et éternelle favorite. C’est peut-être ce qui nous a enlevé un peu de pression sur cette rencontre. Le fait de n’avoir rien à perdre, renforcé par notre envie de bien faire car nous jouions devant notre public, nous a aidés à faire le match parfait.

C’est sans doute ce qui a manqué à cette finale pour que l’une des deux équipes se lâche complètement : l’absence de statut de favori. Les deux équipes n’avaient jamais remporté le titre suprême et ne voulaient absolument pas manquer cette occasion historique. Et il n’y a pas un grand écart de niveau d’expérience entre les deux. Donc aucune ne partait vraiment avec les faveurs des pronostics, même si le titre de champion d’Europe donnait un peu plus de confiance aux Espagnols. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont mieux entamé la rencontre et ont plutôt dominé la première période. De leur côté, les Néerlandais ont d’abord subi, mais ont bien réagi après la pause. Peut-être le temps de digérer la pression de l’évènement…

Evidemment, dans une partie aussi serrée, le premier but est capital. Mais à l’heure de la prolongation, on ne peut pas demander aux joueurs de tout donner pour l’attaque. Je me suis souvent trouvé dans cette situation dans ma carrière, notamment en 1998, en huitième de finale contre le Paraguay et en quart de finale face à l’Italie, mais dans un tel cas de figure, jamais un entraîneur ne demande de se jeter à l’abordage. Le principal est d’abord de conserver son assise défensive. Quand l’enjeu est si élevé, on peut comprendre qu’il soit plus important de ne pas perdre, plutôt que de prendre tous les risques pour gagner. Les Pays-Bas ont craqué avec l’exclusion de John Heitinga, un pilier de leur défense. L’Espagne en a profité. Elle a été plus solide et plus réaliste. C’est la marque des grands.

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