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21 novembre - 18 décembre

Pays-Bas

Koeman : "J’ai toujours su que je pouvais aider l’équipe à progresser"

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  • L’arrivée de Koeman a relancé les Pays-Bas
  • Les Oranje ont devancé la France et l’Allemagne en Ligue des Nations de l’UEFA
  • Koeman nous explique les raisons de ce retour au premier plan

En prenant les commandes des Pays-Bas en février 2018, Ronald Koeman a trouvé une équipe et un pays en plein désarroi, et une liste de problèmes apparemment sans fin.

Le football néerlandais était alors en pleine débâcle. Depuis la troisième place obtenue en Coupe du Monde de la FIFA 2014™, les Pays-Bas restaient sur deux échecs dans les qualifications pour des grandes compétitions internationales, malgré les efforts de trois sélectionneurs différents.

Le parcours calamiteux dans ces compétitions préliminaires ne devait rien au hasard : la défaite concédée à la Bulgarie et les doubles revers subis contre l’Islande et la République tchèque avaient laissé des traces. Parallèlement, les tauliers qui avaient mené les Oranjes sur la troisième marche du podium mondial, dont Arjen Robben, Wesley Sneijder et Robin van Persie, ont entamé leur retrait de la scène internationale.

Pour ne rien arranger, Koeman a eu droit à un programme musclé en guise d’entrée en matière : quatre matches en Ligue des Nations de l’UEFA contre les deux derniers champions du monde. Mais plutôt que de se plaindre, le sélectionneur s'est retroussé les manches pour relever le défi. Quelques mois plus tard, le fiasco annoncé s’est mué en triomphe retentissant.

Les Néerlandais ont obtenu la première place de leur groupe devant la France et l’Allemagne et redonné le sourire à tout un pays. Les bons résultats de l’Ajax Amsterdam en Ligue des champions de l’UEFA ont également contribué à remettre le football néerlandais sur de bons rails.

C’est donc un Ronald Koeman conquérant qui a répondu aux questions de FIFA.com, à quelques jours du début des qualifications pour l’UEFA EURO 2020.

Ronald Koeman, vous êtes en poste depuis un peu plus d’un an. Quand on se souvient de l’état d’esprit du groupe à votre arrivée, quel jugement portez-vous sur les progrès réalisés ?
Aujourd’hui, on attend beaucoup plus de cette équipe qu’à mon arrivée. C’est une bonne nouvelle. Nos performances et nos résultats ont réveillé des ambitions chez nos supporters, qui veulent nous voir réussir de grandes choses dans les qualifications pour l’Euro. C’est un changement important et bienvenu. Il y a un an, l’équipe ne suscitait pas le même enthousiasme. Heureusement, les résultats ont été satisfaisants. Désormais, nos joueurs affichent une joie de vivre plus en phase avec leur statut. Tout le pays a le vent en poupe, grâce notamment aux bons parcours du PSV Eindhoven et de l’Ajax en Ligue des champions.

À votre nomination, les Pays-Bas restaient sur deux échecs en qualification. Trois entraîneurs différents, dont deux très expérimentés, n’ont pas pu relever le défi. Avez-vous hésité avant de vous lancer dans l’aventure ?
Non, pas du tout. D’une certaine façon, je suis arrivé au bon moment car tout le monde avait conscience qu’il fallait faire des changements. Il est vrai que l’ambiance était très négative à ce moment, sans doute un peu trop. Mais j’ai toujours su que je pouvais aider l’équipe à progresser. Désormais, les stades sont pleins à chaque fois que l’équipe nationale se produit quelque part. Ce n’était pas toujours le cas ces dernières années.

Les performances de l’Ajax en Ligue des champions font écho aux résultats de la sélection. Ce parcours inattendu a-t-il eu une incidence positive sur votre travail ?
C’est un gros plus, en effet. Dès le début, j’ai su que l’Eredivisie serait un problème car le niveau du championnat des Pays-Bas n’a rien à voir, en termes d’intensité, avec ce qui se fait en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne. Grâce à leurs parcours en Ligue des champions et à l’expérience accumulée, les joueurs de l’Ajax et du PSV mesurent désormais l’intensité nécessaire pour réussir au plus haut niveau.

À votre arrivée, vous avez déclaré : "Le talent est là, mais il faut changer certaines choses". À quoi pensiez-vous et cette évolution a-t-elle été facile ?
Au départ, je voulais modifier notre système de jeu pour passer à une défense à cinq. Après l’été, nous sommes repassés à une défense à quatre. Il faut être flexible tactiquement. Nous nous sommes rendu compte que les joueurs étaient plus à l’aise dans un système à quatre défenseurs. En plus, l’Ajax et le PSV utilisent des schémas similaires. C’était donc plus facile pour tout le monde. Il me paraît important que les joueurs comprennent le système que nous mettons en place car, en dehors des grandes compétitions, nous n’avons pas beaucoup de temps pour travailler à l’entraînement.

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Le métier de sélectionneur est différent de celui d’entraîneur, en raison du manque de contacts avec les joueurs. Comment vous êtes-vous adapté à votre nouveau rôle ?
C’est un travail fantastique. Personnellement, je suis très fier d’entraîner l’équipe nationale de mon pays. C’était le bon moment pour moi. J’ai longtemps travaillé en club et j’avais passé trois ans et demi en Angleterre. Bien entendu, le rythme n’a rien à voir avec celui d’un club, qui joue souvent deux fois par semaine. J’ai regardé beaucoup de matches, j’ai voyagé pour rencontrer nos internationaux expatriés. En septembre et en octobre de l’année dernière, par exemple, j’ai eu la chance de voir plusieurs grandes affiches. En revanche, la période de novembre à mars, au cours de laquelle il ne se passe pas grand-chose, a été plus difficile. C’était plus compliqué pour moi car j’aime échanger avec mes joueurs.

Avec le départ de plusieurs internationaux de longue date, les Pays-Bas sont en plein renouveau. Comment avez-vous abordé ce défi ?
Tous les pays traversent une période au cours de laquelle les grands talents se font un peu plus rares. Ce n’est pas spécifique aux Pays-Bas. Pour un sélectionneur, c’est compliqué car on n’a pas de prise sur la formation. Tout se passe au niveau des clubs. J’en reviens donc à la saison du PSV et de l’Ajax, qui a été d’une importance capitale pour nous. Un jeune joueur qui participe à une victoire 4-1 à Santiago Bernabeu va forcément gagner en confiance. Mais même si une nouvelle génération commence à percer, il faut toujours trouver un équilibre dans le groupe. C’était difficile pour nous car nous venions de perdre Van Persie, Van der Vaart, Sneijder et Robben. Tous sont de grands joueurs, qui ont apporté beaucoup de créativité à l’équipe. Leur influence était énorme. Quand on perd des joueurs de ce calibre, il faut que de nouveaux leaders prennent leur place. Par chance, c’est ce qui s’est passé. Virgil van Dijk, mon capitaine, a joué un rôle essentiel pour nous, au même titre que Georginio Wijnaldum et Kevin Strootman.

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Difficile d'imaginer pires débuts qu’un groupe de Ligue des Nations en compagnie des deux derniers champions du monde. Comment avez-vous fait pour déjouer les pronostics ?
C’était extraordinaire car personne ne s’attendait à nous voir terminer devant la France et l’Allemagne. Malgré la défaite 2-1 à Paris, je crois que le premier match a été déterminant. Nous avons été très performants et les joueurs ont compris qu’ils avaient les moyens de rivaliser avec les champions du monde. Ça les a mis en confiance.

Observer la Coupe du Monde à distance vous a-t-il donné le recul nécessaire pour analyser les tendances et les évolutions tactiques chez les grandes nations de football ?
Sans aucun doute. Nous avons suivi de près ce tournoi. Bien entendu, nous voulions en apprendre davantage sur nos prochains adversaires, mais nous avons aussi analysé les systèmes et les stratégies mis en place par l’Angleterre et la Belgique, par exemple. Nous en avons tiré nos propres conclusions. C’est ce qui explique en partie que nous ayons choisi de repasser à une défense à quatre.

Vous affrontez le Bélarus dans les qualifications pour l’UEFA EURO, puis l’Allemagne. Que pouvez-vous dire de la rivalité entre les deux pays ? Est-ce une équipe que vous avez plaisir à affronter ?
C’est fabuleux. Tout le monde connaît l’histoire entre nos deux pays, mais il y a aussi énormément de respect de part et d’autre. Une victoire contre l’Allemagne a toujours une grande valeur à nos yeux. Nos succès en Ligue des Nations ont fait beaucoup de bien à nos joueurs. Si nous voulons retrouver le très haut niveau en 2020, il va falloir rééditer ces performances au cours des prochains mois.

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