Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™

Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™

17 juin - 17 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 1994™

L'envol d'Amin et des Faucons Verts

Fuad Amin of Saudi Arabia celebrates
© imago images
  • Fuad Anwar Amin a marqué le premier but de l'Arabie saoudite en Coupe du Monde
  • Le milieu a participé à deux éditions du tournoi mondial
  • La génération 1994 est considérée comme la meilleure à avoir représenté le Royaume

Quand l'Arabie saoudite de Jorge Solari arrive en terres américaines, à l'été 1994, pour la Coupe du Monde de la FIFA™, les Faucons Verts ne s'attendent pas à faire des étincelles pour leur toute première participation à la compétition mondiale.

Pourtant, et contre toute attente, ils entreront dans l'histoire en se qualifiant pour les huitièmes de finale. Après une première défaite face aux Pays-Bas en phase de groupes, ils enregistrent leur toute première victoire en phase finale, 2-1 contre le Maroc, puis créent la surprise en battant la Belgique grâce à un but splendide de Saeed al Owairan.

Si l'Arabie saoudite a pris part à quatre des six éditions suivantes de la Coupe du Monde, sa participation à États-Unis 1994 reste la plus mémorable. FIFA.com a rencontré Fuad Amin, auteur du tout premier but des Faucons Verts à la Coupe du Monde.

Fuad Amin of Saudi Arabia celebrates scoring
© Getty Images

Fuad, quels souvenirs gardez-vous de la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™?

Ce tournoi fait remonter beaucoup de jolis souvenirs puisqu'il s'agissait de notre première participation à la Coupe du Monde. Je me souviens d'un rassemblement de l'équipe nationale exceptionnel avant le tournoi. Personnellement, l'un de mes meilleurs souvenirs, c'est d'avoir été le premier Saoudien à marquer en Coupe du Monde, contre les Pays-Bas, avant d'inscrire mon deuxième but contre le Maroc. Tout le monde était impressionné par l'équipe saoudienne pour ses débuts. Personne ne s'attendait à voir des joueurs de cette qualité et de cette expérience, mais on a surpris tout le monde, y compris nos propres supporters. Notre pays a beau avoir participé à quatre autres éditions, cette promo 94 reste la meilleure génération à avoir représenté le Royaume sur la scène internationale.

Parlez-nous de ce but inscrit face aux Pays-Bas...

Quand je revois le but, le bonheur est le même que si je venais de le marquer. La joie que je laisse exploser après le but illustre bien mes émotions. Je n'arrivais pas à croire ce qu'il venait de se passer, jusqu'à ce que j'arrive au niveau de notre gardien Mohamed Al Deayea et qu'on fête le but ensemble. La responsabilité de marquer des buts incombe aux attaquants, donc c'était énorme pour le milieu défensif que j'étais de trouver le chemin des filets à la Coupe du Monde contre une équipe comme les Pays-Bas. Nous avons été à la hauteur des Néerlandais, malgré la défaite.

Après cette première défaite, la rencontre face au Maroc prend encore plus d'importance. Comment avez-vous abordé ce match ?

La défaite contre les Pays-Bas n'a pas eu d'effet négatif sur nous. Au contraire, elle nous a motivés pour les matches suivants. Tout le staff était satisfait de notre prestation et la confiance qu'il nous portait nous a donné de l'énergie avant le match contre le Maroc. Nous savions qu'une deuxième défaite anéantirait nos chances de qualification. Nous avons donc gagné ce match. Sami Al Jaber a ouvert le score sur penalty pour nous, puis le Maroc a égalisé, mais j'ai réussi à marquer le but décisif quelques minutes avant la pause.

Ce but est venu d'une magnifique frappe lointaine...

Ce n'était pas la première fois que je marquais de cette distance. J'ai marqué plusieurs buts de la sorte dans ma carrière, sur de grosses frappes flottantes. Ce but était très important parce que je l'ai marqué dans un tournoi majeur comme la Coupe du Monde et il nous a énormément motivés avant le match face à la Belgique.

Quelle analyse faites-vous de la Coupe du Monde 1994 de l'Arabie saoudite ?

Notre préparation avait été excellente et nous a aidés à obtenir des résultats probants. Nous sommes sortis d'un groupe qualificatif relevé qui comportait la République de Corée, la RDP Corée, la RI Iran, l'Irak et le Japon. Nous avons fait un stage d'un mois et demi en France avant d'en faire un autre aux États-Unis 45 jours avant le début du tournoi. Nous nous sommes qualifiés pour les huitièmes de finale, mais nous aurions pu aller plus loin parce que le match contre la Suède n'était pas plus dur que les autres. Nous étions heureux d'avoir passé la phase de groupes et il n'y avait pas de pression du tout. Nous avons joué ce match comme si le tournoi était fini pour nous.

Quatre ans plus tard, vous avez participé à France 1998 où l'équipe a moins fait parler d'elle. Comment l'expliquez-vous ?

Pour notre deuxième participation à la Coupe du Monde, nos adversaires nous connaissaient mieux et s'étaient mieux préparés à nous affronter. Je me souviens d'un match amical contre l'Angleterre qui s'est fini sur un nul. Les sélectionneurs des équipes que nous allions affronter à la Coupe du Monde nous observaient depuis les tribunes. Cela prouve bien la reconnaissance de la qualité de l'équipe saoudienne après nos belles prestations quatre ans plus tôt aux États-Unis. Nous avons commencé par affronter une équipe du Danemark solide. Nous avons très bien joué, mais nous avons perdu sur le plus petit des scores. Nous étions ensuite confrontés à la France, le pays hôte, qui nous a battus sans surprise avant de remporter le tournoi. Nous voulions gagner au moins un match, mais nous n'avons pu faire que match nul face à l'Afrique du Sud lors de la dernière journée.

Après avoir raté les éditions 2010 et 2014, l'Arabie saoudite a fait son retour à Russie 2018. Qu'avez-vous pensé des prestations de votre pays dans ce tournoi ?

Ils n'ont pas obtenu les résultats escomptés, surtout vue la préparation réalisée et le soutien que le gouvernement leur a apporté. Ils n'ont pas fait bonne impression, mais c'était déjà important de participer à la Coupe du Monde. Ceci dit, notre équipe a obtenu une victoire contre une bonne équipe d'Égypte.

L'Arabie saoudite n'a jamais fait aussi bien que le huitième de finale à États-Unis 1994. Comment l'expliquez-vous malgré plusieurs participations à la phase finale ?

Dans le passé, on portait beaucoup d'attention à toutes les catégories d'âges. Beaucoup de joueurs exceptionnels du football saoudien participaient à de grands tournois. Par exemple, j'ai fait partie de l'équipe qui a remporté le Championnat du Monde U-16 1989 et j'ai aussi participé au Championnat du Monde Juniors de la FIFA 1989 qui avait eu lieu chez nous. Nous devrions nous focaliser davantage sur les jeunes qui doivent participer aux tournois majeurs de jeunes. Nous pourrons ainsi construire une équipe A solide, comme dans les années 1980 et 90.

Fuad Amin of Saudi Arabia in action
© imago images

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