Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™

Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™

17 juin - 17 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 1994™

L’histoire derrière les records : Salenko

Oleg Salenko scores his fifth goal against Cameroon at USA 1994.
© Getty Images

Oleg Salenko n’aime pas vraiment voir sa carrière se résumer à un seul match : Russie-Cameroun, en phase de groupes de la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™, au cours duquel son quintuplé avait eu un retentissement planétaire. Il revient cependant aujourd’hui avec philosophie sur cette performance unique, indissociable de son parcours et entrée à jamais dans l’histoire du football et de la Russie.

Dans sa série de rétrospectives sur les records de l'épreuve mondiale, *FIFA.com *revient sur ce match de légende pour l'attaquant.

*Le joueur
*
Salenko a de nombreux arguments à faire valoir à tous ceux qui estiment que cette rencontre de Palo Alto fut le seul coup d’éclat de sa carrière. Il n’avait que 16 ans, en 1986, lorsque, sorti du banc, il a inscrit le but de la victoire face au Dynamo Moscou (4:3) pour sa première apparition sous les couleurs de son club local, le Zénith Leningrad, dont il s’est immédiatement mis les supporters dans la poche. Son départ au Dynamo Kiev, trois ans plus tard, a également fait les gros titres, aucun transfert n’ayant encore jusque-là officiellement donné lieu à une transaction financière entre deux clubs de l’Union soviétique.

Russo-ukrainien, l’ancien attaquant a retrouvé à Kiev une partie de ses racines. Il est d’ailleurs retourné s’y installer après avoir arpenté le continent pendant une dizaine d’années et enchaîné les hauts et les bas en Espagne, Écosse, Turquie et Pologne. Salenko avait donné, avant États-Unis 1994, un aperçu de ses qualités de finisseur lors de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, cinq ans plus tôt, en Arabie Saoudite. Ses cinq buts en quatre matches lui avaient alors permis de décrocher le premier Soulier d’or de sa carrière.

Il a par ailleurs abordé le rendez-vous américain avec le plein de confiance après avoir frappé à 17 reprises au cours d’une superbe saison avec le club espagnol de Logroñes. Malgré les résultats décevants de la Russie à l’époque, la concurrence y était rude et Salenko n’est entré qu’en cours de jeu lors du premier match face au Brésil. Resté dans les annales du football mondial, son match face au Cameroun aura curieusement marqué sa dernière apparition sous le maillot de la Russie. Le nouveau sélectionneur a décidé après le tournoi d’injecter du sang-neuf à son groupe et plusieurs blessures sérieuses l’ont empêché de frapper à nouveau à la porte de la sélection.

*Le record
*
Battue lors de ses deux premiers matches face au Brésil et à la Suède (2:0 et 3:1), la Russie, mal embarquée, gardait tout de même un espoir de qualification avant d’affronter le Cameroun. Le format du tournoi offrait en effet aux meilleurs troisièmes de la phase de groupes un billet pour les huitièmes de finale. Déjà convaincant face à la Suède, Salenko a fait tout ce qu’il pouvait pour donner cette chance à son équipe.

L’attaquant a ouvert le score à la 16ème minute glissant le ballon entre les jambes de Jacques Songo’o, aligné ce jour-là en lieu et place de Joseph-Antoine Bell. Salenko a profité, à la 41ème minute, d’un manque de vigilance de la défense camerounaise pour doubler la mise en envoyant la balle dans le but vide depuis le bord de la surface. Il a ajouté un troisième but juste avant la mi-temps, sur penalty, après une faute sur son coéquipier Ilya Tsymbalar.

Un autre record de la Coupe du Monde a été établi durant cette rencontre, en début de deuxième mi-temps, lorsque le remplaçant camerounais Roger Milla est devenu, à 42 ans, le plus vieux buteur de l’histoire du tournoi. Cette réduction du score aurait pu pousser les Russes à défendre leur avantage, mais ces derniers n’avaient pas d’autre choix que de continuer à attaquer, la différence de buts pouvant s’avérer cruciale pour désigner les meilleurs troisièmes.

Salenko, sur un centre en retrait d’Omari Tetradze, a ainsi inscrit à la 72ème minute son quatrième but de l’après-midi et rejoint par la même occasion quelques légendes du football, comme Leonidas, Sandor Kocsis, Just Fontaine ou Eusebio. Il ne lui a fallu que trois minutes pour tous les dépasser. À la réception d’une passe en profondeur de Dmitri Khlestov, le Russe a piqué le ballon au-dessus de Songo’o pour alourdir encore la marque (5:1). "World Cup record" s’est alors affiché sur l’écran géant du stade, sans que l’intéressé n’y prête attention. Il a même parachevé son œuvre d’une passe décisive, sur le sixième but, pour Dimitri Radchenko, avec lequel il avait débuté à Leningrad.

Malheureusement pour la Russie, d’autres matches de groupe restaient à jouer. Ses concurrents savaient exactement ce qu’ils avaient à faire pour se qualifier et n’y ont pas coupé. La Sbornaya a dit adieu à la compétition, mais ses six buts ont suffi à Salenko pour partager le Soulier d’or d’États-Unis 1994 avec l’attaquant bulgare Hristo Stoichkov.

Les souvenirs

Oleg Salenko, ancien attaquant de la Russie :

"Nous espérions aller plus loin", confie Salenko au micro de FIFA.com. "D’autant qu’il était possible de se qualifier en finissant troisième du groupe, mais la chance n’était pas de notre côté. Nous avions deux très fortes équipes dans notre groupe, le Brésil et la Suède, qui ont respectivement terminé aux première et troisième places. Le Cameroun avait connu des problèmes avant le tournoi, mais leurs tensions internes avaient disparu avant de nous affronter. C’était sensiblement la même équipe, avec quatre années de plus, que celle qui avait fait sensation lors de la Coupe du Monde 1990. Roger Milla avait déjà 42 ans !

"Je partageais ma chambre avec Dimitri Radchenko et nous avons tous les deux marqué contre le Cameroun. J’ai rêvé la nuit précédente que j’allais marquer beaucoup de buts. Cela arrive parfois d’avoir de telles prémonitions, mais je ne m’attendais pas à en inscrire cinq ! L’aspect psychologique est très important dans le football, notamment la façon d’aborder un match. Nous n’avions rien à perdre, il fallait s’imposer avec la plus grande marge possible. C’est ce que nous avons fait."

"Le premier but a été particulièrement important, cela ne fait aucun doute. Vous pouvez ensuite commencer à jouer pour le plaisir et la réussite suit souvent. Je savais déjà avant le cinquième but, en me rapprochant du but de Songo’o, que j’allais piquer le ballon par-dessus lui et marquer. Je n’ai pas pensé au record pendant le match. Une annonce a été faite via les haut-parleurs, mais vous êtes tellement concentré sur le jeu que vous n’entendez pas tout précisément, d’autant que c’était en anglais."

"Tous les médias parlaient du record, mais nous n’en avions pas pris conscience. Je n’ai vraiment réalisé que je détenais un record de la Coupe du Monde qu’après avoir mis un terme à ma carrière. Quelqu’un m’a proposé il y a cinq ans de vendre mon Soulier d’or aux Émirats Arabes Unis, où ils prévoyaient d’organiser un gros tournoi et d’ouvrir un musée des exploits sportifs. Le tournoi n’a pas eu lieu et le projet est tombé à l’eau, mais j’en ai été honoré. Lorsqu’on me le demande, j’expose le trophée au restaurant du Stade Olympique de Kiev pour que les gens puissent le découvrir et prendre des photos. J’aimerais qu’il puisse être mis en valeur à l’occasion de la Coupe du Monde, Russie 2018, en reconnaissance de toute l’équipe nationale de Russie, pas seulement pour moi."

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