Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990™

8 juin - 8 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 1990™

L'histoire derrière les records : Shilton

© Getty Images

"Parfois, on a tendance à oublier ce que font les gardiens. Il arrive certes qu’on repasse au ralenti les meilleures arrêts et qu’on se souvienne des beaux gestes, mais en général, c’est les erreurs que les gens retiennent." C’est donc avec beaucoup de plaisir que Peter Shilton, l’auteur de cette déclaration, accueille son association avec le record de copies vierges signé avec l’Angleterre en Coupe du Monde de la FIFA - 10 clean sheets -, ainsi qu’avec le titre honorifique de meilleur gardien anglais de l’histoire. Tout proche d’offrir deuxième sacre aux Trois Lions après 1966, le gardien reconnu pour sa présence sur sa ligne a bouclé près de 60 % de ses matches mondialistes sans encaisser de buts.

*Le joueur
*
Shilton a porté le maillot de son équipe nationale pendant près de 20 ans, ayant chaussé les gants pour la première fois en 1970, quelques mois après que l’Angleterre a cédé la Coupe Jules Rimet au Brésil. Le champion du monde 1966 patientera ensuite 12 ans avant de retrouver la scène mondiale. À ce jour, Shilton demeure toujours le joueur anglais ayant porté le plus de fois le maillot aux Trois Lions, ses 125 capes étant même le record mondial de l’époque. C’est lors de la finale pour la troisième place d’Italie 1990 qu’il tire sa révérence, décrochant une quatrième place qui reste le deuxième meilleur résultat de l’Angleterre dans l’épreuve. Il disputera au total 17 rencontres mondialistes réparties entre Espagne 1982, Mexique 1986 et le rendez-vous italien. La première a eu lieu en Espagne lorsque son entraîneur, Ron Greenwood, l’a finalement préféré à Ray Clemence.

Le record
Les copies vierges s’avérant très difficiles à signer dans les premières Coups du Monde - on en a enregistré deux fois plus, en moyenne, sur les cinq dernières éditions que sur les cinq premières -, il n’est pas étonnant qu’il ait mis aussi longtemps à atteindre un total de dix rencontres sans s'incliner. Le premier à se distinguer dans ce compartiment aura été le Brésilien Gilmar, deux fois vainqueur de la Coupe du Monde, qui a réussi à boucler sept matches sans concéder de but, le dernier survenant en 1966 contre la Bulgarie.

Il a dû attendre 12 ans avant de se faire rattraper, le record devenant depuis un bien que l’on partage volontiers. Le Néerlandais Jan Jongbloed a rejoint Gilmar pendant Argentine 1978, mais il n’est resté qu’une semaine en haut de l’affiche, le temps que l’Allemand Sepp Maier ne les dépasse à la faveur d’un nul sans but contre l’Italie. Quatre jours plus tard, le portier allemand s’est à son tour fait rattraper par un autre Brésilien, Leao, après un match contre l’Argentine.

Shilton est monté sur ce podium surpeuplé lors de la deuxième journée d’Italie 1990, à la faveur d’un nul 0:0 face aux Pays-Bas, avant de monter sur la première marche cinq jours plus tard, avec une victoire 1:0 sur l’Égypte. Il n’y a été rejoint qu’en 2006, par un Fabien Barthez qui a contribué au retour de la France en finale de la Coupe du Monde après un succès 1:0 sur le Portugal.

Les souvenirs

Peter Shilton, ancien gardien de but de l'Angleterre :*
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"En tant que membre de cette équipe, j’avais envie qu’elle réalise les meilleurs résultats possibles. Moi je me chargeais des arrêts. Parfois, je me disais à la fin d’un match que j’avais vraiment bien joué parce que je n’avais eu qu’un seul arrêt à faire. L’édition 1982 était étrange dans le sens où on a joué cinq matches et concédé un seul but. Rentrer à la maison à l’issue de la deuxième phase de poules après 12 ans d’attente, ça m’avait fait bizarre. J’avais l’impression d’avoir bien fait mon travail, mais on ratait quand même le dernier carré. Le match contre l’Allemagne était très tactique. Je me souviens que j’ai fait quelques arrêts dont j’étais très fier qui nous ont permis de rester à flot, mais on n’a pas réussi à marquer les buts dont on avait besoin.

Lors de notre entrée en lice de 1986, contre le Portugal, tout s’est mal passé. On a mal joué, ils ont repoussé un ballon sur la ligne et ils ont marqué grâce à une erreur de Kenny Sansom. Bref, ce n’était pas le départ dont on rêvait. Les choses ont changé contre le Pologne et le reste appartient à l’histoire (Gary Lineker avait signé un triplé), mais même lors de ce match, je me suis retrouvé face à un attaquant adverse dès les premières minutes et j’ai réussi à bien plonger pour repousser le danger. S’ils avaient mené 1:0, qui sait ce qui serait arrivé ? Cet arrêt est l’un des plus importants que j’ai sortis en Coupe du Monde. La plupart des gens ne s’en souviennent pas, mais moi je sais combien il est essentiel pour la confiance de toute l’équipe de réussir la première intervention.

On aurait dû battre les Pays-Bas en 1990. On a bien joué ce jour-là et je ne crois pas que j’aie eu grand-chose à faire. Lorsque j'ai battu le record, contre l’Égypte, je n’ai pas eu grand-chose à faire non plus, mais en tant que gardien, on a du mal à ne pas se dire que toute faute peut équivaloir à un but et à une élimination. C’est l’un de ces matches où on se dit qu’il faudrait marquer deux buts au plus vite pour pouvoir en profiter un peu. Mais quand ça fait 0:0 et qu’on attaque les dernières minutes, on sait qu’il peut suffire d’un rien pour devoir faire ses valises. C’est là qu’on a la pression. Il faut aussi féliciter Barthez d’avoir réussi une telle performance. C’est toujours sympa de détenir un record tout seul, mais il faut applaudir tous les joueurs qui parviennent à réaliser la même performance."

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