Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

La Roja grandit dans le respect

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Dans son premier entretien après le tirage au sort des groupes de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™, Luiz Felipe Scolari avait déclaré au micro de TV Globo que l'adversaire du Groupe B qu'il souhaiterait éviter en huitième de finale était le Chili. Pas l'Espagne ni les Pays-Bas, les deux finalistes en 2010, mais bien le Chili.

"Je préférerais l'éviter. C'est une équipe difficile à jouer, bien organisée et dont le système ne nous convient pas. Ce sont des joueurs intelligents et ils sont forts à tous les postes", avait alors justifié Felipão, dont les propos avaient largement été interprétés comme une manière de faire diversion. Aujourd'hui, le contexte est bien différent, puisque les deux équipes sud-américaines sont invitées à en découdre en huitième de finale. "Quand j'ai parlé du Chili à l'époque, on m'a ridiculisé. Maintenant, on m'adore."

Une chose est sûre, personne ne reprochera au sélectionneur du Brésil de ne pas respecter son adversaire. Et si peu de gens donnent la Roja favorite, beaucoup voient en elle un outsider crédible grâce à son football flamboyant et agressif, capable de déséquilibrer n'importe quelle défense au monde. À ceci près que le Brésil n'est pas n'importe quelle équipe au monde, en particulier pour le Chili, qui serait excusé pour voir dans la Seleção une véritable bête noire.

La Roja a en effet été sortie de la Coupe du Monde trois fois par les quintuples champions du monde : en demi-finale en 1962 devant son public, en huitième de finale en 1998 et 2010. "Ce que je peux garantir, c'est que nous allons continuer à pratiquer notre football rapide, quel que soit l'adversaire. Chaque match est différent, mais notre attitude et nos méthodes ne changent pas", affirme le sélectionneur du Chili, Jorge Sampaoli. "Notre stratégie, notre tactique et notre forme physique vont dicter le rythme du match mais quoi qu'il en soit, nous allons attaquer."

Quand le football total change de camp
Lors de la dernière série de matches du Groupe B, après avoir déjà éliminé l'Espagne au terme de la deuxième journée, le Chili se retrouvait dans une situation un peu étrange. Déjà qualifiée, la Roja avait rendez-vous avec les Pays-Bas, eux aussi assurés de participer aux huitièmes de finale. Qu'a-t-on vu durant cette partie ? Les finalistes d'Afrique du Sud 2010 ont joué de façon reculée, avec neuf hommes en permanence derrière le ballon, dixit Sampaoli. Signe des temps ? "Ils ont mis en place une défense qui nous ont rendu la tâche très difficile. Par le passé, les Pays-Bas n'auraient jamais joué de manière aussi frileuse contre le Chili, en pratiquant le contre", fait remarquer à la FIFA l'avant-centre Mauricio Pinilla.

Ce jour-là à São Paulo, la formation sud-américaine a eu 64 % de possession de balle sur l'ensemble du match, et 70 % sur les 45 premières minutes. "Nous sommes les seuls à avoir joué pour la victoire. Nous avons mis de l'intensité, mais nous n'avons pas trouvé le moyen de battre cette équipe qui a passé son temps à défendre et envoyer de longs ballons devant", affirme Sampaoli.

ApprentissageSoit, mais les Pays-Bas l'ont emporté 2:0. Le premier but est venu sur un ballon aérien et le deuxième sur une contre-attaque impeccablement menée par Arjen Robben. Il faut reconnaître que l'activité offensive des Chiliens, leur multitude de passes courtes et le talent individuel à l'œuvre contre l'Espagne n'ont pas produit les mêmes effets face aux Néerlandais. "Nous savons tous parfaitement ce que nous avons à faire sur le terrain, mais nos adversaires commencent à nous connaître. Tout le monde sait que nous sommes une équipe dangereuse. Il n'est pas facile de perdre de cette façon mais pour nous, ce fut un match très important au niveau de l'apprentissage", explique à la FIFA le jeune milieu de terrain Felipe Gutiérrez.

Apprendre, cela ne veut pas forcément dire changer de style. "À mesure que nous progressons, nous suscitons le respect. Cela se voit. Nous avons gagné nos matches au mérite et maintenant, nous devons apprendre à bien réagir dans les moments difficiles et à savoir négocier les défenses très regroupées et ultra-prudentes", analyse pour la FIFA l'expérimenté et polyvalent Jean Beausejour.

Face au Chili, peut-on imaginer le Brésil jouer la défense, devant son public ? "Les Brésiliens sont favoris pour le monde entier", reconnaît Sampaoli. Mais il est certain que les Chiliens ont au moins le respect dû à ce qu'ils ont réalisé dans le tournoi jusqu'ici. Ils vont entrer sur le terrain avec l'audace qui les caractérise. "Je suis fier de cette équipe, intense, courageuse, qui garde toujours la tête haute, prête à relever le défi qui vient."

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