Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Lahm : "Jogging et canapé, ça me plaît"

Capitaine de l'Allemagne championne du monde, Philipp Lahm a le sourire. Ce 14 mars, le défenseur a fait sa rentrée à huit minutes du terme d'un match largement remporté par le Bayern Munich sur le terrain du Werder Brême (4:0). Victime d'une fracture de la cheville à l'entraînement en novembre, le Bavarois a passé quatre mois loin des terrains. "Je n'ai plus aucun problème, je me sens parfaitement bien. Encore quelques séances d'entraînement et je serai revenu à 100%", annonce l'intéressé.    

Pendant son absence, ses coéquipiers ont bâti une solide avance de 11 points en tête de la Bundesliga. Parallèlement, le Bayern s'est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des champions de l'UEFA et de la Coupe d'Allemagne. Lahm fait donc son grand retour alors que la saison entre dans sa phase décisive. La nouvelle risque de faire grincer des dents aux quatre coins du continent, tant le jeune retraité international de 31 ans apporte à son club.

Champion d'Allemagne, vainqueur de la Coupe d'Allemagne, vainqueur de la Supercoupe, champion du monde des clubs ou encore champion du monde… rares sont les footballeurs allemands à présenter un palmarès aussi complet. Lahm ne semble pourtant pas décidé à en rester là. Pour FIFA.com, il revient sur les mois écoulés et se penche avec optimisme sur l'avenir.

*Philipp Lahm, vous avez mené l'Allemagne vers un quatrième titre mondial en tant que capitaine. Quand avez-vous pris conscience du fait que ce triomphe était possible ?  *
En réalité, on ne se rend compte d'une telle chose qu'une fois que le coup de sifflet final a retenti. On peut enfin se dire que la mission est accomplie. Avant ? Je me souviens avoir donné une interview après l'Euro 2012 dans laquelle je disais que nous nous devions de viser le titre mondial. Nous étions passés si près du but que nous voulions absolument tenir ce trophée entre nos mains. J'y ai toujours cru, mais il n'y a jamais eu de garanties.

*Y a-t-il un moment précis où vous avez senti que cette équipe était mûre pour remporter le titre ? *Il n'y a pas eu de déclic, mais l'équipe a progressé au fil des années. Après notre défaite en demi-finale en 2006, nous avons vu l'Italie remporter le titre. Ensuite, nous avons perdu contre l'Espagne. Cette fois, notre adversaire s'était imposé en finale de l'Euro. Au moment de partir au Brésil, nous étions sûrs de notre force car nous avions mûri pendant des années. Nous avions acquis de l'expérience et les défaites avaient fait naître en nous un formidable sentiment de solidarité. 

* Quels sont les traits distinctifs de cette Allemagne championne du monde ?  *Il s'agit avant tout du collectif. L'équipe ne se résume pas aux 23 joueurs sélectionnés ; elle concerne aussi toutes les personnes qui gravitent autour. Nous ne l'avons jamais oublié et cette spécificité a été l'une de nos grandes forces. Du numéro un au numéro 23, tout le monde s'est mis au service du groupe. Dans un tournoi comme celui-ci, ça fait toute la différence.

*En 2010, l'Allemagne avait créé la surprise en proposant un football très offensif. Peut-on dire qu'en 2014, elle a réussi l'amalgame entre ses vertus traditionnelles et ses nouvelles valeurs ? *Sans aucun doute. Cette notion de mélange a été l'un de nos atouts pendant la compétition. Nous étions capables de faire le jeu et nous n'avons pas hésité à prendre des risques très tôt. Mais nous avons aussi su reculer et jouer en contre quand il le fallait. Nous avons trouvé le bon équilibre. Ça s'explique aussi par le fait que nos joueurs ont acquis beaucoup d'expérience sur la scène internationale. Le succès du Bayern en Ligue des champions n'est certainement pas étranger à notre bon parcours.

*En tant que capitaine, vous étiez en charge de maintenir un bon état d'esprit au sein du groupe pendant plusieurs semaines. Est-ce un rôle que vous avez apprécié ? *Oui, absolument !* *C'est toujours un plaisir. De toute façon, si on n'aime pas s'impliquer dans la vie collective, il vaut mieux rendre le brassard. Si ça avait été le cas, j'aurais simplement dit : "Merci, mais je préfère faire autre chose". J'ai toujours aimé faire vivre le groupe. Ce n'était pas toujours facile. Ça demandait beaucoup de travail, car je m'investissais énormément dans ce domaine. Je savais que ce serait mon dernier tournoi, alors j'étais encore plus motivé pour le faire. Mais c'est toujours resté un vrai plaisir. Et puis, quand il y a un titre mondial à la clé, on ne peut pas vraiment se plaindre...

*Avez-vous parfois été obligé de sermonner l'un de vos coéquipiers ? *Non. Il régnait une bonne entente, aussi bien à l'entraînement qu'en dehors des terrains. Il s'est passé beaucoup de choses positives pendant notre séjour. Par exemple, dès notre arrivée, nous avons entamé une partie de tennis de table tournante. Nous étions une quinzaine, mais je n'avais rien préparé. Un capitaine doit faire énormément de petites choses qui ne se voient pas forcément. Il m'est arrivé de remonter le moral de certains joueurs.
* En huitième de finale contre l'Algérie, vous avez abandonné votre poste de milieu défensif pour passer arrière droit. Vous êtes resté là jusqu'au bout du tournoi. Était-ce une situation difficile à gérer ? *Non, pas le moins du monde. Pour moi, toute cette compétition était une expérience magnifique. C'était merveilleux. Collectivement, nous avons toujours pris les bonnes décisions. Il nous manquait plusieurs joueurs au moment d'entamer le tournoi et j'ai toujours dit que je me mettrais au service de l'équipe et que je jouerais là où l'entraîneur le jugerait utile. Je n'ai jamais dévié de cette position tout au long de ma carrière. Il n'y avait pas de raison de changer. Avec le recul, nous avons fait les bons choix.

*Vous avez été le premier à soulever le trophée au Maracanã. Avez-vous pris conscience à cet instant précis d'entrer dans la légende ?  *
Non, pas vraiment. Je voulais juste soulever un peu la coupe. Tout s'est passé très vite : le coup de sifflet final, notre joie sur le terrain, la montée des marches ensemble, la remise des médailles, la présentation de la coupe au Maracanã, le retour, la photo et de nouveau la fête… Tout ça était magique. On s'en rend compte immédiatement. Mais on n'a pas forcément à l'esprit d'être observé par des millions de personnes. On se dit plutôt : "Nous venons de réaliser quelque chose d'exceptionnel". Pour moi, ces instants étaient magnifiques. J'ai vécu les plus belles heures de ma vie.   

*Vous avez ensuite pris votre retraite internationale. Vous arrive-t-il de regretter cette décision ? *Au fond, non. La seule chose qui me manque, ce sont les gens. Je ne parle pas des joueurs, mais des membres de l'encadrement. C'est dommage car on sait en prenant cette décision qu'on ne reverra ces personnes que très, très rarement. Certaines, on ne les reverra même pas du tout. Je le regrette, car j'aimais passer du temps avec eux. Nous avions d'excellents rapports. J'ai passé dix ans en équipe nationale et j'ai eu le sentiment d'entretenir des liens étroits avec certains membres de l'encadrement. C'est rare. Mais j'ai encore la possibilité de passer de temps en temps. C'est la raison pour laquelle je ne regrette absolument pas ma décision. Le moment était venu pour moi de laisser ma place.

*À quoi utilisez-vous ce nouveau temps libre ? *Je le passe en famille. J'ai une femme et un fils qui m'attendent à la maison. C'est formidable de pouvoir passer du temps chez soi. En général, nous disputions trois matches de qualification durant la première moitié de la saison. Ça représente trois fois dix jours de stage. Mais ce n'était pas qu'une question de temps. J'ai vécu de très belles choses en équipe nationale, mais il ne faut pas rater sa sortie. Il faut tirer sa révérence au bon moment et j'ai senti qu'il fallait que je saisisse cette occasion. J'ai eu la chance de boucler ma carrière internationale sur un titre de champion du monde. Si j'ai connu un tel bonheur, c'est peut-être aussi parce que j'avais pris ma décision bien avant de partir pour le Brésil.   

Comment faut-il vous imaginer pendant les matches de l'Allemagne ? En jogging sur le canapé du salon ?   (rires) C'est une combinaison qui sonne bien. Oui, ça me semble intéressant. Je ne suis pas du genre à regarder les matches tout seul, j'aime avoir de la compagnie. C'est souvent le cas, d'ailleurs. J'aime bien l'idée d'une soirée sympathique à la maison, passée à encourager l'Allemagne. Ça me paraît très agréable, comme programme !

*Vous avez gagné beaucoup de titres, tant en équipe nationale qu'en club. Avez-vous du mal à vous motiver pour repartir au combat ? *Ça me semble relativement simple. Tout le monde a vu que les joueurs du Bayern Munich avaient su surfer sur la vague d'euphorie de la Coupe du Monde cette saison. Nous sommes des athlètes professionnels, nous sommes motivés et nous voulons toujours gagner. Certes, nous avons déjà remporté des titres, mais nous ne voulons pas en rester là. Nous avons envie d'éprouver à nouveau ces émotions. Dans notre cas, ça signifie évidemment remporter le championnat et la Coupe d'Allemagne. Mais notre principal objectif est de gagner à nouveau la Ligue des champions. C'est notre rêve.

Explorer le sujet

Articles recommandés

Mario Goetze of Germany scores

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Le sacre de l'Allemagne en 2014 en chiffres

12 févr. 2018