Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™

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31 mai - 30 juin

C'est arrivé un...

25 juin 2002 : Le but pour la gloire d'un héros malheureux

Michael Ballack of Germany scores the winning goal past goalkeeper Woon Jae Lee of South Korea as Germany win 1-0 to reach the 2002 World Cup final.
© Getty Images
  • Le 25 juin 2002, un but de Michael Ballack a envoyé l'Allemagne en finale de la Coupe du Monde
  • Mais l'Allemand a également écopé d'un carton jaune qui l'a privé de cette finale
  • Ballack : "C’était ma première faute, je savais ce qui allait se passer, mais je devais le faire"

"Il s’est sacrifié pour l’équipe et pour toute l’Allemagne. Le pays tout entier se lèvera pour l’applaudir." Aussi chaleureux que mérité, l’hommage de Rudi Völler à Michael Ballack a visé juste. Les Allemands ont effectivement célébré d’une seule voix le héros de la demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2002™ face à la République de Corée, co-organisatrice du tournoi.

Le geste auquel Völler fait ici allusion - et qui a placé Ballack sous le feu des projecteurs - n’est cependant pas son but victorieux, immortalisé par ce cliché. Le milieu de terrain a surtout été applaudi par son sélectionneur, ses coéquipiers et l’ensemble de ses compatriotes pour avoir écopé, quatre minutes plus tôt, d’un avertissement très lourd de conséquences.

"Il savait qu’un nouveau carton jaune le priverait de la finale, mais il a tout de même commis une faute stratégique qui était absolument nécessaire", explique Völler à propos de son intervention sur Lee Chunsoo afin de stopper un contre coréen menaçant. "Peu de joueurs en auraient fait de même, nous pouvons donc tirer notre chapeau à Michael. C’est un héros malheureux", poursuit l’ancien sélectionneur allemand. "C’est le premier joueur que j’ai vu après le match. Il était si triste, il pleurait dans le vestiaire. J’ai dû lui remonter le moral. C’est vraiment dommage qu’il ne puisse pas jouer en finale, il a été l’un des meilleurs sur le terrain aujourd’hui."

Völler n’était pas le seul à le penser. Même Urs Meier, l’arbitre suisse qui a brandi le carton jaune fatal, a reconnu être peiné pour Ballack, tout en insistant qu’il n’aurait "pas pu faire autrement". La suspension du meneur de jeu de l’équipe d’Allemagne a contribué à faire évoluer le règlement de la Coupe du Monde : depuis 2010, les cartons jaunes accumulés au début de la compétition sont ainsi effacés après les quarts de finale. Une maigre consolation pour Ballack, qui n’a pas caché son "immense amertume" après avoir été privé du plus grand match de football qu’il puisse être donné de disputer.

"C’était une situation ridicule, ils étaient en surnombre devant et je n’avais pas le choix", a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre. "C’était ma première faute, je savais ce qui allait se passer, mais je devais le faire. Mon rêve de jouer une finale de Coupe du Monde s’est désormais envolé. C’est la chose la plus dure qui puisse arriver à un footballeur. Laurent Blanc avait vécu la même chose il y a quatre ans et j’étais triste pour lui en le voyant à la télé."

"Je souhaite évidemment à mes coéquipiers de remporter la finale et mon cœur sera avec eux sur le terrain, même si je n’y serai pas physiquement" a-t-il ajouté. "Peu de gens nous voyaient aller aussi loin. C’est une satisfaction d’avoir donné tort à beaucoup de monde. Malgré les nombreuses critiques dont nous avons fait l’objet pour notre manque de style ou de panache, je pense que nous avons montré à tout le monde aujourd’hui que nous ne sommes pas pour rien en Coupe du Monde."

Ballack avait raison. Mais bien que le parcours, jusqu’en finale, de l’équipe de Völler, fût tout à fait louable, la génération d’alors n’avait pas l’éclat ni le talent de ses devancières ou de celles qui ont brillé depuis. Elle s’appuyait surtout sur l’intelligence de Ballack et la solidité de son gardien de but, Oliver Khan, et beaucoup sentaient - avant même la finale - que la perte du milieu de terrain coûterait très cher. "Michael est presque impossible à remplacer", a reconnu à l’époque le sélectionneur. "C’est un joueur qui peut à tout moment sortir l’équipe d’une mauvaise situation, en marquant un but ou en délivrant une passe décisive. Ce sera quasiment impossible de le remplacer."

Et ce fut le cas. Avec un Khan pas aussi impérial que depuis le début du tournoi, le Brésil, porté par Ronaldo, s’est confortablement imposé 2:0. Mais alors que Ballack a assisté avec plein de frustration à une finale de Coupe du Monde qu’il n’aura jamais la chance de disputer, les Allemands n’ont pas oublié le sacrifice qui a permis à leur équipe de s’y hisser. Sans lui.

Le saviez-vous ?

Les gants portés par Kahn lors de la Coupe du Monde 2002, qui n’ont laissé passer qu’un but en six matches jusqu’à la finale, figurent parmi les pièces uniques du Musée du Football de la FIFA à Zurich.

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