Coupe du Monde de la FIFA, Chili 1962™

30 mai - 17 juin

Coupe du Monde de la FIFA 1962™

Le "Petit oiseau" retrouve son nid

© Getty Images

Chaque semaine jusqu’à Russie 2018, FIFA.com présente une photo classique de la Coupe du Monde de la FIFA™. Nous poursuivons avec l’édition 1962 et Garrincha, porté en triomphe par ses supporters.

Né dans une extrême pauvreté, avec une déformation de la colonne vertébrale, des genoux tordus et une jambe six centimètres plus courte que l’autre, Garrincha n’était pas vraiment prédestiné à devenir une star de la Coupe du Monde de la FIFA™. Peu de joueurs dans l’histoire de ce grand tournoi ont pourtant éclaboussé une édition de leur talent comme le "Petit oiseau" brésilien en 1962.

"C’était un joueur incroyable, l’un des meilleurs de tous les temps", estime son ancien coéquipier Pelé. "Il pouvait faire des choses avec un ballon que personne d’autre ne pouvait faire. Je n’aurais jamais été trois fois champion du monde sans lui."

La *Seleção *n’a jamais perdu lorsque ces deux icônes brésiliennes aux profils très différents ont joué côte à côté, à 40 reprises. Mais une blessure à la cuisse de Pelé, dès le deuxième match du Brésil, a indirectement aidé Garrincha à faire de Chili 1962 "son" tournoi.

Les espoirs des tenants du titre reposaient alors sur les épaules de l’intenable ailier et certains doutaient, au départ, qu’un joueur aussi déroutant et spontané puisse assumer une telle pression. "Garrincha était trop imprévisible, même pour nous, ses coéquipiers", reconnaît Mario Zagallo, un autre de ses anciens complices. "Mais ce qui ne faisait aucun doute, c’est qu’il pouvait nous faire gagner des matches à lui seul. Il avait évidemment une grande équipe autour de lui, mais cela n’occulte en rien son talent incroyable."

Avant le quart de finale entre le Brésil et l’Angleterre, ce talent avait permis à Garrincha de s’imposer comme la grande star de la Coupe du Monde. Pour le sélectionneur des Three Lions, Walter Winterbottom, parvenir à le museler était d’ailleurs la clé du match. "Comment peut-on arrêter l’inarrêtable ?", demandera plus tard l’un de ses joueurs, Johnny Haynes, après avoir vu son équipe dépassée par un nouveau récital du Brésilien.

Auteur d’un doublé éclatant contre les Anglais, Garrincha a récidivé dans la foulée, en demi-finale, face au pays organisateur, poussant le journal chilien Mercurio à s’interroger : "De quelle planète est Garrincha ?" Le quotidien français L’Équipe s’est rapidement joint au concert de louanges, décrivant le numéro 7 brésilien comme "l’ailier droit le plus extraordinaire que le football ait jamais connu" après la victoire 3:1 des Sud-Américains, en finale, face à la Tchécoslovaquie.

Mais personne n’appréciait autant Garrincha que ses propres compatriotes. Immortalisé par cette image, le retour au pays du héros témoigne de l’affection de tout un peuple pour un homme aux surnoms élogieux, comme O Anjo de Pernas Tortas, ("L’ange aux jambes arquées") ou le très approprié Alegria do Povo ("La joie du peuple").

Le saviez-vous ?
Un maillot porté par Garrincha figure dans la partie consacrée à la Coupe du Monde 1962 du Musée du Football mondial de la FIFA, à Zurich.

A specially created #Brazil shirt (and badge) worn by #Garrincha in a practice match before the 1962 @FIFAWorldCup. pic.twitter.com/xkDLG8Gl3U

— FIFA Museum (@FIFAMuseum) 21 juillet 2016

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