Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Les <i>Aussies</i> espèrent avoir inspiré la nouvelle génération

En 2005, l'Australie avait pris congé de la Coupe des Confédérations de la FIFA après avoir perdu ses trois matches de poule contre l'Allemagne, l'Argentine et la Tunisie. De nombreux observateurs lui prédisaient le même destin cette année lorsqu'elle a été versée dans le groupe du Brésil, de la Croatie et du Japon. Et pourtant, tirant les enseignements d'il y a douze mois et sous la houlette de Guus Hiddink, le sélectionneur néerlandais engagé au lendemain de la décevante sortie des Socceroos l'été dernier, c'est une équipe beaucoup plus solide qui a effectué son retour sur la scène internationale.

Démontrant qu'elle pouvait tenir tête aux gros bras du football mondial, l'Australie a fait mieux encore contre des équipes affichant une plus grande expérience de la Coupe du Monde de la FIFA, à savoir la Croatie et le Japon. L'épopée des Aussies en Allemagne a même suscité un nouvel intérêt pour le football dans le pays des kangourous, de nombreux supporters se levant aux aurores pour suivre les rencontres à la télévision.

"Nous sommes arrivés ici avec une équipe de bas de classement qui était déjà heureuse de pouvoir se produire devant le monde entier. Mais tout le monde a pu constater les progrès de l'Australie," a déclaré John O'Neill, président de la Fédération australienne de football.

Lors de sa première participation à la Coupe du Monde de la FIFA, en 1974 en Allemagne (déjà!), l'Australie avait été éliminée dès le premier tour sans inscrire le moindre but. Cette fois-ci, non contents d'afficher leur combativité légendaire, les Socceroos ont obtenu de bons résultats tout en pratiquant un football attrayant pour les spectateurs.

Inspirée par Hiddink, l'Australie a prouvé lors de cette Coupe du Monde de la FIFA qu'une bonne organisation n'était pas automatiquement synonyme de jeu défensif. Il est vrai que l'entraîneur néerlandais a pu compter sur un groupe composé de joueurs d'expérience bien déterminés à saisir l'opportunité que leur offrait le plus grand événement footballistique de la planète.

Lors de leur entrée en lice, ils inscrivent trois buts dans les huit dernières minutes pour coiffer le Japon sur la ligne. Opposés ensuite au Brésil, ils tiennent tête aux champions du monde en titre avant que deux buts ne mettent fin à leurs espoirs de match nul en seconde période. Dès lors, un point leur suffit face à la Croatie pour se qualifier pour le second tour. Revenant au score par deux fois, les Aussies vont chercher le nul avec leurs tripes. Enfin, en huitièmes de finale, on a longtemps cru qu'ils allaient créer la surprise en éliminant l'Italie. Las, un penalty a donné la victoire à la Squadra azzura dans la dernière minute du temps additionnel.

"Encaisser un but à la dernière seconde est toujours dur à avaler. Mais une fois l'émotion retombée, je ne peux que me montrer très fier de cette équipe. Elle a réalisé d'excellentes prestations lors des matches de groupe et aujourd'hui contre une équipe du calibre de l'Italie", a déclaré Hiddink au terme de la rencontre.

Son capitaine, l'attaquant Mark Viduka, allait dans le même sens. "Il y a beaucoup plus de positif que de négatif, a-t-il dit. Je pense que nous avons gagné pas mal de supporters grâce à notre style de jeu. Tout le monde sait à présent que nous pouvons tenir tête aux meilleurs."

Les Socceroos devront maintenant apprendre à vivre sans leur mentor néerlandais. Hiddink s'apprête en effet à prendre en main les destinées de la sélection nationale russe, au moins jusqu'à l'UEFA Euro 2008. La Fédération australienne de football (FFA) s'est donc mise à la recherche d'un homme susceptible de décrocher des résultats similaires. "D'après les quelques informations que nous recevons, la fédération est consciente de l'importance que nous attachons à la recherche d'un bon entraîneur, explique le milieu de terrain Vince Grella. J'ai bien conscience que les grands entraîneurs coûtent cher, mais si nous voulons bâtir une équipe, nous devons commencer tout de suite. Nous devons directement entamer la préparation pour la prochaine Coupe du Monde en retirant le positif et en améliorant les aspects négatifs."

En tant que nouveau membre de la Confédération asiatique de football, le prochain rendez-vous de l'Australie est la Coupe d'Asie de l'AFC en 2007. Dans cette optique, Hiddink a donné quelques conseils à ses précédents employeurs. L'avenir nous dira s'ils ont décidé de l'écouter.

"Ils doivent analyser cette Coupe du Monde et regarder vers l'avenir en gardant à l'esprit l'âge des joueurs, a déclaré Hiddink. Ils devront peut-être prendre le temps de la réflexion. Il ne faut pas nécessairement bâtir une toute nouvelle équipe, mais se demander si certains joueurs seront encore là pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du sud. La FFA doit réfléchir à tout cela et s'entretenir avec les joueurs. S'ils veulent ouvrir une ère nouvelle, il ne faut pas attendre six mois ou un an. Ils doivent lancer un nouveau projet pour 2010, via les Jeux Olympiques 2008."

D'ici à 2010, l'Australie devra probablement se passer de joueurs influents comme Viduka, Craig Moore et Mark Schwarzer. Mais avec un entraîneur de classe internationale et un exemple à suivre pour les succès futurs, la nouvelle génération pourrait au moins égaler celle de 2006. Dans un pays galvanisé par la prestation de son équipe en Allemagne et frappé par le virus du football, le ballon rond ne peut avoir qu'un bel avenir.

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