Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Les héros suisses savourent

© Getty Images

"C'est la plus grande soirée de l'histoire du football suisse", n'hésite pas à affirmer l'expérimenté Blaise Nkufo après l'étonnante victoire de la Nati* *contre les champions d'Europe espagnols. Ce succès à Durban, les Suisses le doivent à un cocktail bien connu, composé de courage, de cohésion défensive et d'un ingrédient secret qui fait parfois la différence dans le football mondial : la chance. "Personne ne nous voyait gagner ce soir contre l'Espagne, mais on savait comment aborder ce match et on a fait quelque chose de grand pour notre pays", ajoute l'attaquant d'origine congolaise en exclusivité pour FIFA.com.

À vrai dire, Nkufo n'a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent par cette soirée venteuse dans le Kwazulu-Natal. La stratégie offensive helvète s'est en effet cantonnée à de rares incursions dans le camp adverse, le bloc-équipe se concentrant sur l'endiguement de la redoutable armada espagnole. Ainsi, le but opportuniste de Gelson Fernandes à la 52ème minute ne constituait que la deuxième frappe cadrée des Suisses dans un match où l'on a surtout vu les favoris ibériques dominer la possession de balle grâce à leur jeu de passes léché. "On savait ce qu'on avait à faire", résume Nkufo, 35 ans, membre de la formation suisse qui avait atteint les huitièmes en Allemagne il y a quatre ans.

Le milieu de terrain Benjamin Huggel tient exactement le même discours que son coéquipier. "Si mes souvenirs ne me trahissent pas, je crois qu'il s'agit de la plus grande soirée du football de notre pays", déclare le pensionnaire du FC Bâle tout en échangeant des textos avec sa famille. "Eh bien on peut dire qu'on a battu les champions d'Europe alors que personne ne s'y attendait. C'est une soirée énorme pour nous", nous répond le capitaine Gokhan Inler, au four et au moulin sur ce match.

Du Luxembourg à l'Espagne
La Suisse, dont le meilleur résultat dans l'épreuve est son quart de finale lors de l'édition 1954 sur ses terres, la première avec une phase à élimination directe, s'est présentée en Afrique du Sud avec l'étiquette d'outsider. Il faut dire que son parcours qualificatif n'a guère été convaincant. Dans un groupe relativement faible, elle a connu un départ délicat notamment marqué par une peu glorieuse défaite contre le Luxembourg.

Face à la Furia Roja, le gardien Diego Benaglio a multiplié les interventions acrobatiques, alimentant la frustration des artilleurs espagnols à mesure que les minutes s'égrenaient. Malgré ses prouesses et l'excellent résultat de son équipe, le portier garde la tête froide, alors ses coéquipiers arborent de larges sourires dans l'euphorie du vestiaire. "Ces trois points ne seront importants que si nous parvenons à les capitaliser. Si nous ne le faisons pas, ils seront purement anecdotiques", dit-il. Benaglio pense sûrement à la perte du défenseur central Philippe Senderos, touché à la cheville et contraint de quitter le terrain. L'absence du joueur d'Arsenal portera sûrement préjudice à la Nati pour la suite de son aventure dans le Groupe H.

Alors que leurs victimes ont le regard dans le vide, rasant les murs pour éviter les projecteurs et les stylos de la presse, les Suisses ne se font pas prier pour livrer leurs impressions dans toutes leurs langues. Le dernier mot revient à Nkufo, qui répond aux questions en anglais, en français et en allemand. "Cette soirée va rester longtemps gravée dans l'histoire de notre petit pays. Nous allons la savourer."

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