Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022

21 novembre - 18 décembre

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Lopetegui relève un défi hors catégorie

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Au lendemain de son cinquantième anniversaire, Julen Lopetegui admettait ne pas avoir beaucoup dormi et ressentir des papillons dans le ventre. Cette nervosité n’était pas à mettre sur le compte de son demi-siècle mais bien de ses débuts dans le costume de sélectionneur de l’Espagne. "C’est nécessaire et positif d’être nerveux. Cette tension est une bonne chose, c’est le signe que tu fais quelque chose qui te plaît, que te passionne et qui suppose une grande responsabilité et un grand respect. Le jour où l’on ne ressent plus cela, c’est inquiétant car ça veut dire que cela nous tient pas à cœur", explique-t-il à FIFA.com, au terme d’une première semaine de travail avec la Roja.

Le premier bilan comptable est impeccable, avec une victoire 2:0 en amical contre la Belgique et un autoritaire succès 8:0 face au Liechtenstein lors de la première journée des qualifications européennes pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. "Nous sommes satisfaits des victoires, mais surtout de ce que les joueurs nous ont donné s’agissant de l’attitude et de l’engagement, de l’envie qu’ils ont manifestée pour assimiler tout le contenu que nous avons tenté de leur transmettre lors de ces deux matches", poursuit le successeur de Vicente del Bosque. "Il n’y a pas eu de révolution mais chaque entraîneur a sa propre façon de travailler."

Avons-nous eu un aperçu du jeu que Lopetegui veut faire pratiquer à son équipe ? "Je veux une Espagne qui soit capable de tirer le meilleur des joueurs dont elle dispose. Capable de négocier les matches avec notre culture footballistique, tout en sachant répondre aux besoins qui se manifestent au fil des rencontres. Chaque match a sa vérité et exige des choses différentes. J'attends de l’équipe qu’elle soit capable de répondre à chaque défi, que les joueurs trouvent des solutions en cas de difficultés. Je suis certain que dans ce domaine, l’équipe va répondre présente, qu’elle saura se montrer à la hauteur et qu’elle élargira sa palette", complète l’ancien entraîneur du FC Porto.

Fort de ses expériences à la tête des U-20 espagnols, qu’il a emmenés en quarts de finale des Coupes du Monde de la catégorie à Colombie 2011 et Turquie 2013, des U-21, avec lesquels il a été champion d’Europe en 2013, et des U-19, avec lesquels il a remporté le titre continental en 2012, Lopetegui connaît la recette de la victoire mais aussi les difficultés inhérentes au poste de sélectionneur. "Il n’y a pas beaucoup de temps donc il faudra insister sur les priorités. Mais tout cela sera facilité par le comportement et le professionnalisme affichés par les joueurs", insiste-t-il. 

Désormais, le travail va consister à effectuer le suivi des joueurs, à garder un œil sur les résultats des catégories de jeunes, à analyser les adversaires et à planifier minutieusement les entraînements en vue du prochain rassemblement, en octobre. "C’est difficile de déconnecter du football", reconnaît l’ancien gardien de la Real Sociedad, du Real Madrid, de Logroñes, du FC Barcelone et du Rayo Vallecano, qui tente de le faire en organisant des sorties en famille, avec ses deux fils et sa fille. "Ils me soutiennent et m’encouragent, mais quand quelque chose ne leur a pas plu, ils ne se privent pas pour me le dire. Mais c’est toujours dit gentiment", s’empresse-t-il de préciser. Tous sont touchés par le virus du football. Et tous soutiennent la Real Sociedad. "Par la force des choses", sourit-il.

Cela dit, Lopetegui a quelque peu dérogé à la tradition familiale, lui qui est issu d’une lignée d’harrijasotzailes, ces spécialistes du lever de pierre, discipline de la force basque très populaire dans sa région. Son père, qui conciliait la pratique de ce sport avec la tenue de son restaurant-grill, rêvait d’un avenir différent pour ses fils, qui ont exaucé son vœu. Les deux se sont adonnés à la pelote basque. Si Joxean est devenu un pelotari émérite, Julen flirtait également avec le football.

Il a mis du temps à se décider pour le poste de gardien. Son expérience sur les frontons lui a conféré un précieux toucher une fois les gants enfilés. Au final, "j’ai été davantage attiré par le ballon rond", reconnaît le membre de l’effectif espagnol à la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994. Même s’il a été convoqué à de nombreuses reprises avec la Roja, il n’a disputé qu’un seul match international, la faute à Andoni Zubizarreta, qui lui a barré la route pendant deux décennies.

Maintenant qu’il est passé de l’autre côté de la barrière, la pression est toujours présente au quotidien, mais il l'évacue en même temps qu'il avale les kilomètres à vélo. "Là, oui, je déconnecte. Je prends le vélo et je grimpe un col du Tour de France… C’est ce que je préfère, la montagne", confie-t-il. "Mais c'est sûr que Luis Enrique me bat. Il est beaucoup plus entraîné que moi", précise-t-il, soucieux de ne pas froisser l’entraîneur du FC Barcelone, son ancien coéquipier à la Coupe du Monde 1994.

Le prochain col qui va se présenter à Lopetegui au guidon de la Roja sera un hors catégorie qui fleurera davantage le Giro que la Grande Boucle. Le 6 octobre, l’Espagne affronte l’Italie. Sur le papier, la Squadra Azzurra est sa principale adversaire dans le Groupe G des qualifications européennes pour Russie 2018, par ailleurs composé de l’Albanie, de l’ARY Macédoine, d’Israël et du Liechtenstein. "Il faut accorder à chaque adversaire la même importance", tempère cependant l'ancien gardien. "Chaque match est important. Il va falloir faire des efforts pour se qualifier et atteindre notre objectif. Chaque étape va être longue et dure", conclut-il dans une analyse à mi-chemin entre le football et le cyclisme.

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