Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

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11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

El Matador parie sur l'Espagne

Mario Kempes of Argentina celebrates scoring a goal during the FIFA World Cup Finals 1978 Final between Argentina and Holland
© Getty Images

S'il est un homme auquel les Néerlandais n'ont guère envie de penser à la veille du dénouement d'une Coupe du Monde de la FIFA, c'est bien Mario Kempes. L'attaquant argentin à la longue tignasse brune est l'un des principaux obstacles qui se sont dressés entre le titre suprême et les Oranjes, vaincus 3:1 par l'Albiceleste lors de la finale disputée dans le stade Monumental en 1978. Par cette froide journée du 25 juin, El Matador a planté deux banderilles qui l'ont sacré champion du monde et meilleur buteur du tournoi.

Tandis qu'il se prépare à commenter le grand rendez-vous entre les Pays-Bas et l'Espagne sur ESPN radio, l'ancien buteur de Valence a accordé un entretien exclusif à FIFA.com. Il livre son analyse de la finale, son avis les candidats au Soulier d'Or et son pronostic : "Victoire de l'Espagne 3:1".

Mario, nous sommes à quelques heures de la finale Pays-Bas - Espagne. Quelle équipe jugez-vous la plus performante ?Les deux formations sont excellentes, bien que l'Espagne se montre légèrement supérieure dans le jeu. Elle dispose de joueurs très techniques, qui savent garder le ballon .C'est une grande équipe. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une finale, où intervient un ingrédient non négligeable : l'adrénaline ! Peu importe qui a le mieux joué jusqu'ici. L'Espagne possède un petit avantage, mais c'est la vérité du terrain qui parlera.

A quel type de match assisterons-nous ?Je m'attends à une finale assez ouverte, parce que l'Espagne n'adopte pas une stratégie défensive et n'exerce pas de marquage individuel. De leur côté, les Pays-Bas proposent également un très bon jeu offensif. J'espère qu'on verra des buts.

Les Néerlandais ont perdu leur dernière finale à cause de vous. Gardez-vous des souvenirs de cette rencontre ?Des tas ! Les Pays-Bas nous ont assiégés pendant le premier quart d'heure. On n'arrivait pas à réagir. Ils maîtrisaient parfaitement le ballon et étaient sans cesse en mouvement. Puis au fil des minutes, on s'est mieux placé et on a repris le match en main.

La sélection néerlandaise de l'époque ressemble-t-elle à celle d'aujourd'hui ?Non, pas du tout. L'équipe actuelle dépend plus des individualités que du collectif. Elle aligne d'excellents joueurs, comme les attaquants Arjen Robben et Dirk Kuyt, le créateur Wesley Sneijder et le tandem du milieu Mark van Bommel - Nigel de Jong, qui bloque tout ce qui passe à sa portée. Ce n'est pas par hasard si la sélection néerlandaise a enchaîné 25 matches sans défaite. Elle a fait ce qu'il fallait, avec détermination et générosité.

Même s'ils ont aligné des équipes légendaires qui ont marqué leur temps, les Pays-Bas n'ont jamais réussi à s'emparer du titre. Comment l'expliquez-vous ?Il faut tenir compte du facteur chance. En 1974, ils ont pris l'avantage dans les cinq premières minutes pour finalement perdre le match. Je crois que ce but leur a fait plus de mal qu'à l'Allemagne ! En Argentine, ils n'ont pas su profiter de l'occasion. D'ailleurs, c'est à nous que la chance a souri quand un de leurs tirs a frappé le poteau à la fin du temps réglementaire. Mais cette équipe est différente, elle n'a pas le même état d'esprit. Peut-être qu'elle réussira mieux, bien qu'a priori, l'Espagne soit favorite.

Vous connaissez très bien le football espagnol. Pensez-vous que la Roja pourra pratiquer le même style de jeu dans un match aussi important que cette finale ?Bien sûr. Même quand elle a mal joué contre la Suisse, il ne lui a manqué que le dernier geste. C'est vrai que seul David Villa fait un excellent tournoi, mais dès son entrée en scène, Pedro a transformé l'équipe, en lui apportant de la vitesse et de la fraîcheur. Il occupe bien les espaces et il crée le danger. Il va jouer un rôle décisif. Ce qui est sûr, c'est que l'Espagne ne renoncera jamais au style qu'elle a adopté il y a deux ans.

Villa et Sneijder sont en concurrence pour le Soulier d'Or. Lequel des deux a les meilleures chances, selon vous ?Je crois que le titre ira au joueur du pays vainqueur de la finale, comme d'habitude. Tous deux sont de grands footballeurs. Ils évoluent à des postes différents : Sneijder est maître de l'entrejeu et Villa occupe le front de l'attaque. L'Espagne dépend de Villa, tandis que les Pays-Bas ont d'autres options devant le but. On verra. Il ne faut pas oublier que Diego Forlán et Miroslav Klose sont aussi sur les rangs…

Existe-t-il un plus beau prix pour un attaquant ?Seul le titre de champion le surpasse. Je trouve que c'est un très bel hommage. Et on l'apprécie d'autant plus quand on le gagne par hasard, comme ce fut mon cas (rires). Je suis entré dans la course avec du retard et ce sont mes prestations dans les derniers matches qui m'ont valu le titre.

Pour conclure, accepteriez-vous de vous risquer à un pronostic ?Bien sûr. Victoire de l'Espagne 3:1.

Cliquez sur le lien de droite "Champions du Monde - Argentine 1978" pour accéder aux vidéos des entretiens avec les hommes entrés dans l'histoire de ce tournoi.

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