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14 juin - 15 juillet

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Mazurkiewicz s'offre une autre place dans l'Histoire

© Getty Images
  • Ladislao Mazurkiewicz a aidé l’Uruguay à atteindre les demi-finales de Mexique 1970
  • Les médias l’ont désigné meilleur gardien de but du tournoi
  • Le portier de la Celeste est aussi connu pour avoir été la "victime" d’une inspiration géniale de Pelé

Rentrez le nom de Ladislao Mazurkiewicz dans n’importe quel moteur de recherche et une action en particulier se dégagera aussitôt. Pas la parade autoritaire immortalisée sur cette photo, ni l’un des innombrables arrêts qui ont fait de lui l’un des meilleurs gardiens de but de l'histoire de l'Uruguay. Vous trouvez plutôt des vidéos et des articles rappelant le moment où l’Uruguayen s’est fait surprendre par l’une des plus belles inspirations de Pelé.

Mazurkiewicz est le malheureux portier impliqué sur la légendaire feinte de corps du Brésilien. "Il est toujours important de rappeler qu’il n’a pas marqué", soulignera plus tard Mazurkiewicz en souriant. "J’ai fait ce qu’il fallait pour le déstabiliser", ajoutait-il dans un clin d’œil.

Disparu en 2013, l'Uruguayen ne se renfrognait jamais lorsque l’"incident" était évoqué. Il était même le premier à encenser Pelé et à faire du Brésil de 1970 "la meilleure équipe de l’histoire". Il aurait pourtant pu facilement regretter l’importance prise par cette seule action par rapport à ce qu’il avait accompli pendant le tournoi et tout au long de sa carrière.

On oublie ainsi souvent que les médias l’ont désigné meilleur gardien de l’édition 1970. Déjà impérial quatre ans plus tôt, Mazurkiewicz, qui a de nouveau brillé en 1974, a largement contribué au Mexique au parcours de l’Uruguay jusqu’en demi-finale.

Pas de vitres cassées
La légende raconte qu’il avait l’habitude, pendant ses jeunes années, de se positionner devant une porte vitrée et de mettre ses amis au défi de lui marquer un but. Il n’aurait pas eu à payer une seule fois pour une vitre cassée.

 Mazurkiewicz, dont le père était originaire de Pologne, a étalé ses qualités et ce sens du défi lorsque l’Uruguay a affronté l’URSS en quart de finale de la Coupe du Monde 1970. L’équipe soviétique était l’une des plus craintes de l’époque et l'un des favoris de la compétition.

Mais le dernier rempart de la Celeste, infranchissable ce jour-là, a permis aux Sud-Américains, privés de leur milieu de terrain vedette Pedro Rocha, blessé lors d’un match précédent, d’arracher à la 117ème minute un succès 1:0 grâce à un but de Victor Esparrago. "J’ai pleuré, j’ai ri et j’ai chanté ", racontait Mazurkiewicz à propos de cette victoire. "Nous avons joué 120 minutes sous 35 degrés alors que nous avions craint avant le match que les équipes européennes nous soient supérieures physiquement. Mais nous étions ce jour-là encore plus forts que l’Union soviétique."

L’Uruguay venait de se hisser dans le dernier carré et son gardien n’avait concédé qu’un seul but depuis le début du tournoi. Les Uruguayens ont même ouvert le score en demi-finale, contre le Brésil, avant de rendre les armes face à la magie de cette irrésistible Seleção.

Les performances de Mazurkiewicz ont tout de même marqué les esprits. L’icône soviétique Lev Yashin l’a ainsi invité l’année suivante à prendre part à son jubilé. Il a surtout offert à la fin du match sa paire de gants à l’Uruguayen en lui disant qu’il était son digne successeur. Aucun gardien n’aurait pu rêver à l’époque d’un plus beau compliment.

Le saviez-vous ?
Mazurkiewicz est l’un des joueurs figurant dans le tout premier album de vignettes de la Coupe du Monde, comme celui exposé au Musée du Football mondial de la FIFA. Panini en produit depuis 1970 pour chaque édition du tournoi.

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