Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Metzelder : "Le football touche tout le monde"

© Getty Images

Christoph Metzelder n’a jamais été du genre à rentrer dans un moule, ses paroles ont toujours eu du poids et de la profondeur. L'ancien international allemand, qui évoluait au poste de défenseur central, savait s’imposer dans les duels et possédait une incroyable rage de vaincre. Il a participé à deux Coupes du Monde de la FIFA™ et a atteint la finale en 2002. Au-delà des résultats, il a toujours su cultiver une curiosité pour le monde qui l’entoure.

Aujourd’hui âgé de 33 ans, Metzelder a mis fin à sa carrière il y a 11 mois, après avoir tour à tour porté les couleurs du SC Preussen Münster, du Borussia Dortmund, du Real Madrid et de Schalke 04. Son amour pour le ballon rond reste au cœur de sa vie quotidienne même si aujourd’hui, il revêt des formes différentes.

Après avoir officié comme consultant et dirigé une agence de marketing sportif ainsi que la Fondation Christophe Metzelder qui s’engage en Allemagne pour des projets éducatifs destinés au jeunes, l’ancien international est aujourd’hui de retour dans le club amateur de sa ville d’origine, auquel il apporte son expérience et son enthousiasme.

Avec FIFA.com, il évoque le pouvoir du football, les émotions autour de la Coupe du Monde, ce que lui inspire l’édition brésilienne mais aussi le plaisir qu’il éprouve à être redevenu un simple supporter.

Christoph Metzelder, allez-vous de nouveau porter la barbe à partir du 12 juin ?

[rire] Les *hipsters *sont de retour, j’ai donc tendance à porter une barbe de plus trois jours en ce moment. Mais plus sérieusement, ce genre d’action est réservée aux sportifs encore en activité. Je m’abstiendrai donc cette année.

Quelle signification avait ce geste ?J’ai toujours apprécié les moments passés avec l’équipe d’Allemagne, en particulier les phases de préparation des grands tournois. Me laisser pousser la barbe était pour moi l’occasion de montrer que les phases finales de Coupe du Monde ou de l'Euro étaient des moments chargés d’une émotion particulière et que je me sentais honoré de pouvoir y participer.

Quels sont les différents états d’esprit que traverse un joueur pendant une Coupe du Monde ?C’est comme un long voyage. Quand on retrouve ses coéquipiers au premier stage, c’est l’excitation qui prévaut. On se voit remettre des tenues pour le voyage, des valises et de nouveaux survêtements. Ce sont des détails, certes, mais ça montre qu’on fait partie d’un cercle de privilégiés. Jour après jour, on se rend compte de l’importance du tournoi pour l’équipe mais aussi pour le pays tout entier et pour le football mondial. À l’approche du premier match, la tension monte petit à petit chez chacun des joueurs. Au moment d’entrer dans le premier stade, vous réalisez que le monde entier a les yeux rivés sur vous.

D’ici quelques jours, le coup d’envoi de la Coupe du Monde va être sifflé au Brésil, le pays du football par excellence. N’auriez-vous pas envie de rajeunir de quelques années ?J’ai fait mon temps, une nouvelle période de ma vie s’ouvre à moi, même s’il m’arrive bien sûr de souhaiter pouvoir encore jouer. Mais j’ai eu la chance de vivre deux phases finales de Coupe du Monde en tant que joueur et à chaque fois, je suis allé quasiment jusqu’au bout [finale en 2002, match pour la troisième place en 2006]. Ces souvenirs m’appartiennent !

Quelle différence majeure y a-t-il entre l’Allemagne actuelle et celle pour laquelle vous avez joué ?Il me semble que j’ai fait partie d’une génération de transition. Quand je regarde notre équipe de la Coupe du Monde 2002, je vois un groupe expérimenté avec quelques jeunes joueurs comme Sebastian Kehl, Gerald Asamoah, Miroslav Klose et moi. La Coupe du Monde de 2006 a ensuite marqué un tournant. Aujourd’hui, nous avons à faire à une génération extrêmement talentueuse. Il y a de jeunes joueurs fantastiques dotés d’une qualité incroyable et d’une confiance en eux assez impressionnante.

* Cela peut-il également être un défaut ?*

Grâce à la mise en place des centres de formation dans le football allemand, Joachim Löw dispose aujourd’hui d’un immense réservoir de talents. C’est un grand privilège. D’un autre côté, cela peut aussi être une épreuve au sein de l’équipe car il doit parfois prendre des décisions difficiles. Mais la cohésion a toujours fait partie des vertus allemandes !

À votre avis, jusqu’où va aller l’Allemagne au Brésil ?Avec les Allemands, il faut toujours s’attendre à tout ! Je suis bien placé pour le dire car je suis issu d’une génération qui avait beaucoup moins de talent et qui est allée très loin. Cette année, la grande qualité des joueurs vient s’ajouter à celle de la préparation et de l‘organisation. Je m’attends à voir l’Allemagne finir au moins dans le dernier carré.

Quels sont vos autres favoris ?

Les Brésiliens, sans aucune hésitation. Les Espagnols semblent s’être stabilisés, même si je continue de penser qu’il est impossible de décrocher quatre grands titres d‘affilée. Quant aux Belges, ils ont fait des progrès considérables et parmi les équipes sud-américaines, je dirais que l’Argentine, la Colombie et le Chili ont toutes les chances de leur côté.

Où allez-vous suivre la Coupe du Monde 2014 ?

Cette année, je vais regarder les matches comme un simple supporter et je dois dire que j’en suis ravi. Je vais suivre l’intégralité des matches de l'Allemagne. J’ai fait en sorte de ne rater aucune rencontre de la phase de groupes, comme quand j’étais un petit garçon.

Vous êtes connu pour votre esprit d'analyse. Que représente le football à vos yeux ?

Le football fait partie de ma vie depuis que je suis tout petit. Il y a 28 ans, j’ai accompagné un copain d’école à l’entraînement et depuis ce jour, ce sport ne m’a plus jamais quitté. Je lui dois tout. Dans sa forme basique, on peut jouer au football aux quatre coins de la planète du moment qu’on a un objet rond qui ressemble à un ballon et qu’on est au moins deux. Les règles sont les mêmes partout. C’est ce qui rend ce sport si fascinant. Chacun d’entre nous a tapé dans un ballon au moins une fois dans sa vie, tout le monde connaît les règles et est plus ou moins en mesure de savoir ce qui est bon ou mauvais. Le football est dénué de toute abstraction, il est au cœur de la société. Du patron du CAC 40 à l’ouvrier, tout le monde jubile et pleure avec son équipe, sans aucune discrimination.

Sous quelle forme vivez-vous le football aujourd’hui ?Avec le club de la ville où j’ai grandi, le TuS Haltern. Il s’agit d’un club amateur classique, où le football est vécu dans sa forme la plus basique. L’enthousiasme et le bénévolat sont les deux principales composantes. À la fin de ma carrière, j’ai voulu revenir là où tout avait commencé. Le football amateur vit grâce à la passion et au plaisir de jouer, sans l’aspect commercial du football professionnel. Je suis supporter du TuS Haltern, corps et âme !

Continuez-vous à jouer ?L’été dernier, j’ai participé à la préparation et j’ai disputé les premiers matches de la saison. Mais je commence à avoir du mal à tout faire. Je préfère donc me concentrer sur mon activité d’entraîneur-adjoint de l’équipe U-19, qui évolue en championnat départemental. J’essaie aussi de diriger l’entraînement une fois par semaine. Le dimanche est sacré pour moi. Il commence à 11 heures par le match de l’équipe espoirs et se poursuit à 15 heures avec l'équipe fanion du TuS Haltern !

*Les footballeurs professionnels sont chaque jour confrontés à la pression. Le fait de beaucoup réfléchir et de se remettre en question peut-il être un handicap ? *Oui, sans doute. Le fait que je me sois toujours intéressé à d’autres choses que le football m’a peut-être empêché de devenir footballeur à 1 000%. Je n’ai pas réussi à rester au sommet de manière durable. Mais à l’inverse, ce trait de caractère est un plus pour la période de ma vie qui s’ouvre à présent à moi.

Vous avez tout de même joué pour le Borussia Dortmund et Schalke 04, sans oublier le Real Madrid...

Mon passage au Real représente une étape particulière de ma carrière, aucun doute là-dessus. Aujourd’hui encore, quand je me rends à Madrid, je me dis : "Tu as un jour porté les couleurs de ce club, tu t’y sentiras toujours chez toi". Le club lui-même fait tout pour que je m’y sente bien. Ce lien qui m’unit au plus grand club du monde, même en tant que socio, me remplit de fierté.

Explorer le sujet

Articles recommandés

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Ballack : "J'ai tout sacrifié au football"

07 avr. 2014

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Interview de Philipp Lahm

05 mars 2014

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Interview de Manuel Neuer

10 févr. 2014

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Interview de Lothar Matthäus

24 janv. 2014

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Tirage au sort : Joachim LÖW (Allemagne)

06 déc. 2013

Coupe du Monde de la FIFA™

Pelé : "J'ai vu mon père pleurer"

26 mai 2014

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Le football... en Allemagne

09 avr. 2014

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Brésil 2014 : l'Allemagne à la loupe

09 avr. 2014