Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Milutinovic, la voix de l'expérience

© Getty Images

Avec cinq participations en Coupe du Monde de la FIFA à son actif, Bora Milutinovic est une référence du football mondial. Cet entraîneur aux méthodes originales, à la fois stakhanoviste et décontracté, a qualifié le Mexique en 1986 pour les quarts de finale, avant de présider aux destinées du Costa Rica (1990), des États-Unis (1994), du Nigeria (1998) et de la RP Chine (2002).

Présent en Afrique du Sud, où il avait orchestré le parcours de l’équipe d’Irak lors de la Coupe des Confédérations de la FIFA 2009, le Serbe occupe un poste d’ambassadeur de la candidature qatarie pour la Coupe du Monde de la FIFA 2022 et écrit un blog destiné au public chinois. Quelques jours avant la grande finale entre les Pays-Bas et l’Espagne, il a pris quelques minutes pour faire un premier bilan pour FIFA.com.

Bora, au-delà de toutes les activités que vous menez en ce moment, vous n’aimeriez pas prendre en main une équipe ?
Bien évidemment ! Ma vie se trouve sur le terrain, je suis entraîneur. J’ai encore le feu sacré et j’ai encore tout ce qu’il faut pour réussir, mais j’ai aussi mes ambitions et mes exigences. Ce serait formidable de reprendre du service, mais à la tête d’une équipe ayant des chances de qualification pour la Coupe du Monde.

Vous êtes un grand connaisseur de la Coupe du Monde de la FIFA. Êtes-vous surpris par l’absence de grandes puissances comme le Brésil, l’Argentine, l’Italie ou la France dans le dernier carré ?
Il faut d’abord bien prendre conscience des difficultés que traversent les différentes équipes. La France et l’Italie, par exemple, traversent les difficultés inhérentes au renouvellement générationnel. Ce genre de contretemps se manifeste dans les moments les plus importants… Marcello Lippi avait mis en place une grande équipe il y a quatre ans, mais il n’y est pas parvenu cette fois-ci. Quand il n’y a pas de relève, c’est difficile d’obtenir de bons résultats. Les Italiens vont devoir analyser ce qui leur est arrivé.

Que pouvez-vous nous dire des prestations des formations africaines, vous qui avez dirigé le Nigeria à France 1998 ?Les Nigérians ont beaucoup de talent sur le plan individuel, comme on a pu le voir lors des Jeux Olympiques 2008. Mais le changement d’entraîneur si près du départ vers l’Afrique du Sud a compliqué la donne. Ce n’est pas facile de monter une équipe compétitive et un bon groupe en si peu de temps. C’est un peu différent pour le Ghana et j’aimerais en dire un mot. L’équipe est dirigée par un entraîneur serbe, Milovan Rajevac, qui s’est adapté très rapidement et qui a su s’appuyer sur les jeunes qui ont remporté la Coupe du Monde U-20. Ils ont fait un très bon travail, ils ont préparé l’avenir et ils ont été éliminés sur un coup du sort. Le parcours ghanéen est une bonne nouvelle pour le continent africain.

Le Mexique n’a plus atteint les quarts de finale depuis 1986. Comment l’expliquez-vous ?
C’est difficile à dire. Le Mexique est toujours bien placé, mais il a du mal à franchir cette barre. Nous y étions parvenus en 1986, lorsque nous avions été éliminés par l’Allemagne aux tirs au but. Mais il faut que beaucoup de paramètres entrent en jeu pour que l’équipe atteigne le cinquième match. Ici, il a joué son meilleur match contre l’Argentine, mais il ne s’est jamais remis du premier but et a cédé à la panique. Je pense que c’était un problème émotionnel : ils ont tellement envie d’aller en quart qu’ils finissent par perdre leurs moyens.

La jeunesse de l’équipe a-t-elle une influence dans les moments décisifs ?
Bien évidemment, ce n’est pas facile de faire partie des huit meilleurs du monde. Giovani dos Santos et Javier Hernández, les deux meilleurs éléments de l’équipe, ont beaucoup de talent, mais ils ne sont pas habitués à jouer des matches aussi importants. Pourtant, avec Andrés Guardado, Carlos Vela et Pablo Barrera, ils garantissent un très bel avenir au Mexique.

Puisque vous donnez des noms, quels sont les joueurs qui vous ont le plus emballé en Afrique du Sud ?
Cela ne surprendra personne si je vous dis Diego Forlán, le joueur qui a le plus pesé sur le parcours de son équipe. Sinon, il y a également Arjen Robben et Wesley Sneijder aux Pays-Bas, mais moi j’adore Mark van Bommel. En équipe d’Allemagne, tout le monde pensait que l’absence de Michael Ballack serait décisive, mais Mesut Özil et Thomas Müller ont tenu leur rôle. Ils sont fantastiques !

Et Lionel Messi ?
Lors du premier match, face au Nigeria, je me suis dit que ce serait sa Coupe du Monde. Son dynamisme et son volume de jeu avaient été étonnants. Il a montré un enthousiasme qui a malheureusement disparu face à l’Allemagne. Mais ce n’est pas le seul qui n’a pas évolué à son niveau. On attendait beaucoup de plusieurs autres joueurs qui ont fini par décevoir.

Dernière question : qui est votre candidat pour la finale du 11 juillet ?
Les Pays-Bas ont du talent et sont capables de vaincre des équipes importantes comme le Brésil et l’Uruguay. Ils sont très rapides dans la moitié de terrain adverse, mais l’Espagne me semble plus forte. Elle sort d’une partie du tableau beaucoup plus compliquée et elle vient de battre l’Allemagne en demi-finale. Mes favoris, ce sont les Espagnols.

Explorer le sujet

Articles recommandés

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Milla : "Un échec qui ne reflète pas nos qualités"

26 juin 2010