Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

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11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Le modèle espagnol

Iker Casillas, Sergio Ramos, Alvaro Arebeloa, Raul Albiol and Xabi Alonso of Spain pose with the trophy in the Spanish dressing room
© Getty Images

Personne ne nous contredira si nous affirmons que l'Espagne est le pays à la mode dans le football mondial et qu'elle ne l'a pas volé. Après des années de hauts et de bas, la dernière décennie l'a vue devenir l'une des plus grandes puissances du football international, statut définitivement entériné par le titre mondial obtenu à Afrique du Sud 2010.

Il est évident que tous les succès récoltés ne doivent rien au hasard. Ils sont le fruit d'une politique globale et responsable de la part de la Real Federación Española de Fútbol (RFEF). Dans le cadre de la neuvième Conférence pour les sélectionneurs des équipes nationales de l'UEFA, qui se tenait à Madrid du 20 au 22 septembre, Fernando Hierro et Ginés Meléndez, respectivement Directeur sportif et Directeur technique de la RFEF, ont animé la conférence intitulée "L'école de football espagnole". À la fin de ce séminaire, Meléndez a pris quelques instants pour accorder un entretien exclusif à FIFA.com sur le succès du modèle ibérique.

Une griffe commune
Le Directeur technique de la fédération espagnole n'a aucun mal à situer le moment où ont été posées les fondations des récents triomphes de la Roja : "L'arrivée d'Iñaki Sáez en 1996 a marqué le début d'un travail dont la continuité a joué un rôle fondamental. Aujourd'hui, en tant que Directeur sportif, Fernando Hierro apporte beaucoup de nouveaux éléments tout en respectant les bonnes choses effectuées par le passé."

Et d'expliquer les secrets du modèle ibérique : "Nous pratiquons le même style de jeu dans toutes les catégories. Nous travaillons les mêmes phases stratégiques et nous choisissons les joueurs en fonction des mêmes critères de sélection. Tout cela, ainsi que les règles et valeurs que nous avons établies pour améliorer la cohésion des groupes, permet aux joueurs de grandir. Elle leur inculque la même conception du football et l'idée qu'ils sont encore plus que des frères sur le terrain", affirme Meléndez.

Les résultats sont là pas témoigner du bien-fondé de ces méthodes. Au fil des années, quelles que soient les catégories, l'Espagne figure immanquablement parmi les protagonistes. De plus, les triomphes ont créé une mentalité différente qui se transmet aux nouvelles générations. "En gagnant tout chez les jeunes, les garçons savent déjà comment aborder les grandes compétitions. Quand ils arrivent au plus haut niveau, ils connaissent parfaitement les exigences des matches importants. Quant aux plus jeunes, ils apprennent en les observant. Ces choses-là ne se trouvent pas dans un championnat national, elles s'obtiennent avec des succès à l'échelle internationale", assure le Directeur technique avec une certaine fierté.

Mais les secrets ne s'arrêtent pas là. L'ingrédient fondamental de la réussite est la synergie dans la détection des talents. "Tous les ans, nous organisons une réunion avec tous les coordinateurs de toutes les catégories et nous les appelons toutes les semaines pour qu'ils nous fassent un compte rendu des matches du dimanche", révèle Meléndez. "Comme vous pouvez l'imaginer, la fédération a une grosse note de téléphone ! (rires). Mais ça permet d'avoir des informations fraîches. En plus, nous disposons d'une structure fantastique avec des divisions, des régions et un championnat national. Mais la clé de la réussite, c'est le championnat des sélections territoriales. Nous avons la possibilité de voir les meilleurs joueurs d'Espagne en quatre étapes au fil de l'année", assure le Directeur technique.

Un modèle admiréMeléndez n'est pas le seul à chanter les louanges du modèle espagnol. Partout dans le monde, entraîneurs et dirigeants parlent avec admiration des merveilles réalisées sur la péninsule ibérique. Le premier à se réjouir de l'efficacité du système n'est autre que le sélectionneur champion du monde, Vicente del Bosque : "Je crois que notre style de jeu repose sur le fait que nous n'avons cherché à imiter personne et sur les caractéristiques des joueurs formés. C'est un travail de longue haleine qui passe par des habitudes et des mécanismes de jeu très bien structurés", affirme-t-il.

Le sélectionneur de l'équipe de France Laurent Blanc tient un discours similaire : "Le modèle des centres de formation espagnol est solide. C'est grâce à lui que ses plus grands représentants, Madrid et Barcelone, ont remporté six Coupes d'Europe sur les 20 dernières années. Sa réussite est illustrée par les bons résultats obtenus par l'Espagne dans les compétitions de jeunes internationales depuis une quinzaine d'années", estime le nouveau patron des Bleus.

Même son de cloche chez l'entraîneur mexicain Hugo Sánchez, basé en Espagne, et l'Argentin Carlos Bilardo. "Il suffit de regarder les résultats et le travail qu'ont réalisé les A sur la durée", affirme l'ancien goleador du Real Madrid. "Quant au champion du monde 1986, il est persuadé que "c'est le modèle à imiter. Il est en avance en tous points."

Bien entendu, le modèle espagnol n'a pas été le seul thème intéressant abordé lors de cette Conférence pour les sélectionneurs des équipes nationales de l'UEFA. Pendant trois jours, la tribune a été occupée par des techniciens du calibre de Vicente del Bosque, Bert van Maarwijk, Joachim Löw, Marcello Lippi, Fabio Capello et Ottmar Hitzfeld, ainsi que des personnalités comme Angel María Villar Llona, Président de la RFEF, Jean-Paul Brigger, Directeur du Groupe d'études techniques de la FIFA, et Andy Roxburgh, Directeur technique de l'UEFA.

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