Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

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12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Muslera : "Le costume de favori ne va pas à l'Uruguay"

Fernando Muslera of Uruguay organises his defence
© Getty Images

On dit souvent que tous les buts n'ont pas la même dimension. Évidemment, l'expression ne porte pas sur la taille réelle des cages, mais sur la responsabilité de les défendre. Le gardien Fernando Muslera, héritier entre autres de Roque Máspoli et Ladislao Mazurkiewicz s'apprête à défendre les buts uruguayens pour la deuxième fois consécutive en Coupe du Monde de la FIFA™. Pilier silencieux de l'équipe qui a atteint une quatrième place historique à Afrique du Sud 2010 et remporté la Copa América 2011, Nando, 27 ans, est titulaire de la Celeste depuis cinq ans. Cette continuité parle d'elle-même.

À quelques jours des débuts de l'Uruguay contre le Costa Rica dans le Groupe D de Brésil 2014, l'actuel gardien de Galatasaray a répondu aux questions de FIFA.com concernant le tournoi qui est sur le point de débuter.

Fernando, sur une échelle de 1 à 10, quel est votre degré d'impatience par rapport au premier match de l'Uruguay, contre le Costa Rica ?
Onze ! Même si j'ai déjà vécu ça il y a quatre ans et qu'à cette époque, tout était nouveau pour moi, jouer une Coupe du Monde est la plus grande expérience que peut vivre en joueur. C'est aussi émouvant que la première fois.

Il y a beaucoup de blessures dans cette phase de préparation. Est-ce quelque chose que vous redoutez ?Non, je n'ai pas peur de ça. Pour un gardien, c'est comme sortir au devant d'un attaquant. Vous savez qu'il y a un risque, mais vous n'y pensez pas. J'espère seulement que cela ne m'arrivera pas. Il faut essayer de se concentrer sur la préparation pour être au point.

En quoi avez-vous changé par rapport au dernier Mondial ?
J'ai gagné en maturité, aussi bien sur le terrain qu'en dehors. J'ai appris à gérer certaines émotions que je n'arrivais pas à contrôler avant. Aujourd'hui, j'ai plus d'aplomb. Cela vaut également pour le groupe, qui possède plus d'expérience. Dans leur grande majorité, mes coéquipiers ont déjà participé à une Coupe du Monde.

L'Uruguay a-t-il les moyens de reproduire son beau parcours de 2010 pour démontrer que ce n'était pas un hasard ?Cette quatrième place, suivie du sacre dans la Copa América, a suscité des attentes au niveau international autour de l'Uruguay et de son évolution, mais de notre côté, nous savons tous que ça n'a pas été un hasard. Maintenant, nous ne pouvons pas non plus arriver au Brésil en disant que notre ambition est de faire mieux, donc d'être finaliste. Pour tous nos supporters, l'objectif est que nous soyons champions du monde. Pour nous, le premier objectif est de passer la phase de groupes.

Par conséquent, vous ne vous amusez pas à imaginer les adversaires possibles de l'Uruguay jusqu'en finale ?Sincèrement non, et je ne le ferai pas. Si vous commencez à faire ça, vous oubliez de profiter du présent. Pour être champion du monde, il faut battre tous les adversaires qui se présentent, quels qu'ils soient.

Cela vous ennuie-t-il que l'Uruguay n'apparaisse pas comme candidat au titre ?
Absolument pas. Le costume de favori ne va pas à l'Uruguay. Je préfère de loin arriver comme en Afrique du Sud, où nous avons été les derniers qualifiés en Amérique du Sud et où personne ne nous voyait passer la phase de groupes. L'humilité est l'une des caractéristiques de notre équipe.

Il y a quatre ans, vous aviez l'Afrique du Sud, le Mexique et la France dans votre groupe. Aujourd'hui, c'est l'Angleterre, l'Italie et le Costa Rica. Sur le papier, était-ce plus compliqué il y a quatre ans qu'aujourd'hui ?Il y a quatre ans, c'était ma première Coupe du Monde et je voyais les choses différemment. Aujourd'hui, la réalité indique que notre groupe au Brésil est plus compliqué. Certes, il y n'a plus d'adversaires faciles. Mais si l'on regarde les statistiques et l'histoire, tout indique que notre groupe cette année est plus difficile qu'il y a quatre ans. Juste après le tirage au sort, tout le monde était d'accord pour dire qu'il allait falloir se battre pour sortir de ce groupe !

L'Uruguay n'est-il pas fait pour relever des défis comme celui-là ?
C'est vrai. L'Uruguayen est comme ça : quand les choses sont compliquées, il se lâche et la plupart du temps, il est à la hauteur. C'est ce qui s'est passé en Afrique du Sud. J'espère que ça va se reproduire ! (rires).

Tout le monde dit que dans un Mondial, le premier match est fondamental. Mythe ou réalité ?
Pas du tout un mythe, non ! Le premier match est essentiel, même s'il n'est pas forcément décisif. Le Costa Rica est un peu le Petit Poucet du groupe. Mais il possède pas mal de joueurs en Europe et a beaucoup progressé ces dernières années. Il est capable de poser des problèmes à n'importe qui. Nous sommes bien placés pour le savoir : il a failli nous empêcher de participer à la dernière Coupe du Monde (l'Uruguay avait battu le Costa Rica dans les barrages pour Afrique du Sud 2010).

Parmi vos trois adversaires du premier tour, quel gardien vous inspire le plus d'admiration ?Gianluigi Buffon est admirable… Il va jouer sa cinquième Coupe du Monde ! Il a 36 ans mais joue comme s'il en avait 24. J'ai déjà joué contre lui. C'est un gardien immense, mais également une personne formidable. J'aimerais avoir la même longévité que lui en sélection.

Souhaitez-vous devenir le meilleur gardien de l'histoire du football uruguayen ?

Je travaille pour donner le meilleur de moi-même. Après, vous êtes jugé sur les résultats. Vous pouvez être le plus grand, ou l'un des meilleurs, mais ne pas forcément obtenir de grands résultats. Je ne travaille pas par rapport à ce que les gens disent, mais pour donner le plus possible à l'Uruguay.

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