Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

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14 juin - 15 juillet

Nkoulou : "Nous avons tout pour y arriver"

Robin Van Persie of the Netherlands (L) in action against Nicolas Nkoulou of Cameroon during the 2010 FIFA World Cup South Africa Group E match
© Getty Images

Pour sa deuxième saison avec l'Olympique de Marseille, Nicolas Nkoulou a confirmé qu'il était un des meilleurs défenseurs centraux actuels. Le concert de louanges qui accompagne les performances de ce phénomène de précocité depuis ses débuts a pris une nouvelle ampleur, et il vient d'être élu deuxième meilleur joueur africain de Ligue 1 pour la deuxième année consécutive.

L'OM est assuré de conserver sa deuxième place du championnat de France à deux journées de la fin, notamment grâce à une dernière ligne droite faite de réalisme offensif et d'imperméabilité impressionnante en défense. A 23 ans, l'actuel capitaine de la sélection camerounaise peut donc envisager l'avenir avec une assurance et une sérénité qui pourraient s'avérer précieuses à l'heure où les Lions Indomptables se préparent à rechausser les crampons pour les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014.

FIFA.com s'est entretenu avec le phénomène.

*L'Olympique de Marseille termine la saison en fanfare, avec notamment une défense quasiment hermétique. Est-ce important pour vous? *C'est une très grande fierté. Pour un défenseur, on ne peut pas rêver mieux. Mais quand on parle de défense, ça ne désigne pas qu'une charnière centrale et un gardien de but. C'est toute l'équipe qui participe. Selon moi, c'est une question d'état d'esprit. Nous avons eu des problèmes à ce niveau dans le passé, mais nous nous sommes tous remis à l'endroit et nous travaillons très bien défensivement. Nous sommes évidemment les premiers à être félicités en tant que défenseurs, mais c'est surtout un gros travail collectif qui implique tout le monde.

Que représente pour vous le fait de porter le maillot de Marseille ?C'est plus qu'une fierté, c'est un honneur ! Et l'Olympique de Marseille, c'est plus qu'un club, c'est une institution. C'est une grande famille, et ça représente beaucoup à mes yeux d'en faire aujourd'hui partie, surtout quand je pense d'où je viens. Pour moi, c'était inimaginable d'être ici quand j'étais gosse. 

Parlez-nous de votre entraîneur, Elie Baup, qui réussit une belle première saison sur le banc de l'OM...C'est un entraîneur que j'aime bien. Même s'il n'est pas très bavard, c'est quelqu'un d'assez vrai et strict. Il n'a pas sa langue dans sa poche. Quand il faut durcir le ton, il n'hésite pas à le faire, mais il sait aussi se rapprocher des joueurs et tisser des liens avec eux. Il sait nous piquer quand il faut pour faire monter l'adrénaline avant les matches, et il sait aussi la faire redescendre quand c'est fini et qu'on a gagné avec une belle performance. 

Êtes-vous fier de porter le brassard de capitaine en sélection ?Si on m'avait dit ça il y a quelques années, je ne l'aurais pas cru. Pour moi, c'est un honneur et une marque de confiance. A moi de rendre ce que mon pays me donne à travers mes performances et de bons résultats. 

Que retenez vous de votre expérience à la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010 ?C'était merveilleux d'y participer, même si c'était une période un peu trouble pour notre équipe nationale, avec beaucoup de malentendus. Mais ça reste une Coupe du Monde, et pour moi il n'y a rien au-dessus. J'y suis allé, j'ai participé et j'espère en jouer d'autres dans ma carrière.

Le fait d'avoir mal négocié cette édition - avec trois défaites et une élimination en phase de groupes -, est-ce une motivation supplémentaire pour décrocher votre billet pour 2014 ?Bien sûr. Nous avons déjà eu un pincement au coeur en voyant ces Coupes d'Afrique des Nations se jouer sans nous. C'est difficile à accepter. Aujourd'hui, j'ai du mal à imaginer la Coupe du Monde 2014 sans le Cameroun. Ce serait anormal à mes yeux, car j'ai une confiance absolue en notre équipe. Nous sommes souvent passés au travers ces dernières années, et c'est un gâchis vu la qualité de notre effectif. 

Vous êtes en tête du Groupe I pour l'instant et la sélection semble s'être remise dans le bon sens. Avez-vous l'impression que le plus dur est derrière vous ?Pour moi, on est encore dans le dur et il n'y a rien de fait. Il suffit de ne pas gagner un match pour retomber dans nos travers. La sélection a connu beaucoup de problèmes ces dernières années, et il est important pour nous de resserrer les liens à tout les niveaux, et que tout le monde se serre les coudes. Il faut rester sereins et concentrés et s'appuyer sur ce qu'on a fait de bien récemment pour préparer un futur meilleur. Notre première place est une satisfaction, mais nous ne voulons pas nous reposer sur nos acquis et continuer à travailler. Nous voulons toujours en faire plus, et prendre un maximum de points. 

Quels sont les atouts du Cameroun aujourd'hui ?Déjà, nous avons un bon groupe de jeunes, ce qui représente une belle promesse pour l'avenir du pays. Et puis nous avons de très grands joueurs dans notre effectif, à commencer par Samuel Eto'o qui reste un gros atout pour notre sélection et un guide pour la nouvelle génération avec son vécu et son palmarès. J'estime que nous avons tout pour y arriver. Mais il ne faut pas s'appuyer que sur des noms, il faut démontrer sur le terrain. 

Est-ce plus compliqué aujourd'hui pour les grosses équipes africaines de s'imposer ?Oui, c'est plus difficile car à mon sens il n'y a plus de petites nations. On l'a constaté lors des dernières Coupes d'Afrique des Nations, avec par exemple la Zambie qu'on connaissait peu et qu'on ne voyait pas parmi les favoris, mais qui a gagné l'an dernier. Il y a aussi le Burkina Faso qui est arrivé en finale lors de la dernière édition… Il faut donc rester humble, être positif et travailler un maximum. 

Comme beaucoup de grands noms du football camerounais, vous avez été formé à la Kadji Sport Academy. Est-ce là une des clés de votre réussite ?Ça m'a apporté beaucoup de recul, de calme et de respect. Je ne m'étais jamais séparé de ma famille auparavant, et cette première expérience m'a beaucoup fortifié et m'a fait voir la vie autrement. Ça m'a donné les armes pour pouvoir réussir en Europe. Quand on a toujours papa et maman avec soi, on a tendance à penser que la vie est toujours aussi simple. Mais l'affronter seul a été pour moi une forme de découverte. Sportivement, c'est là que j'ai pu apprendre ce qu'était réellement le football. 

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