Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Nouvelle saison pour l'American Idol Donovan

© Getty Images

Les yeux rivés vers le ciel, Landon Donovan s'est laissé tomber à genoux tandis que la pluie coulait le long de ses joues. Le Californien a hurlé sa joie, après avoir inscrit son nom au tableau d'affichage lors du large succès des États-Unis sur le Salvador en quart de finale de la Gold Cup de la CONCACAF 2013. À le voir, on comprend tout de suite que l'attaquant international a retrouvé la joie de jouer. "Je crois que je n'ai jamais pris autant de plaisir sur le terrain", confiait le meneur de jeu au coup de sifflet final. Buteur à cinq reprises tout au long de la compétition, Donovan a été l'un des joueurs les plus constants de son équipe. Son retour au plus haut niveau s'est traduit par le titre de meilleur joueur du tournoi continental.

Il n'a pourtant pas toujours eu le sourire. Dès son plus jeune âge, Donovan a dû apprendre à vivre avec le poids des attentes. Lauréat du Ballon d'Or adidas de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 1999, le prodige a connu une ascension extrêmement rapide. Aucun Américain n'avait jamais remporté une telle distinction auparavant.

Cette route solitaire l'a mené en Allemagne. Après deux saisons passées à se morfondre sur le banc du Bayer Leverkusen, il a retrouvé la MLS sous la forme d'un prêt. Malgré ce faux départ, Donovan était encore présenté comme le sauveur du football aux États-Unis. La pression était énorme. "Pendant longtemps, il a incarné Los Angeles Galaxy, la MLS, l'équipe nationale et le football en général. Il n'a pas eu la vie facile", reconnaît DaMarcus Beasley, capitaine des États-Unis en Gold Cup 2013 et coéquipier de longue date de Donovan. "Mais lorsqu'il évolue à ce niveau, nos adversaires ont du souci à se faire."

Besoin de se ressourcer
À l'inverse, les *Stars and Stripes *ont toutes les raisons de se réjouir. L'attaquant a été impliqué dans chacun des 20 buts de son équipe, ou presque. Les États-Unis ont remporté leur cinquième couronne continentale, la quatrième avec Donovan à la manœuvre. À 31 ans, il n'a rien perdu de son intelligence ni de son implication. "Sa vision est tout simplement impressionnante", remarque Chris Wondolowski, lui-même buteur à cinq reprises lors de la première phase, grâce notamment aux passes inspirées de son partenaire. "Son influence sur le terrain est absolument incroyable."  

Au fil des ans, Donovan a collectionné les récompenses individuelles. Il totalise ainsi sept titres de meilleur joueur américain et cinq victoires en MLS depuis son retour d'Allemagne. Il compte en outre trois participations à la Coupe du Monde de la FIFA™. Le succès (2:0) des États-Unis sur le Mexique en 2002 porte le sceau de ce joueur plein de talent. En 2010, Donovan a encore offert au public sud-africain quelques performances de premier plan. Fort de ses 56 réalisations en 151 sélections, il est à ce jour le meilleur buteur de l'histoire de la sélection américaine.

Pourtant, sa carrière a bien failli connaître une fin brutale l'hiver dernier. Rongé par la lassitude, il a de lui-même décidé de prendre du recul. Ce congé sabbatique a duré en tout quatre mois. Pendant ce temps, Donovan est parti au Cambodge. Il a passé du temps avec sa famille. Il a lu. Il a retrouvé son équilibre, une perspective, la passion et l'envie de jouer au football. "Il a besoin d'un peu de temps pour décider du cours qu'il veut donner à sa vie", expliquait à l'époque Michael Bradley au micro de FIFA.com. "J'espère qu'il trouvera ce qu'il cherche mais le jeu ne s'arrête jamais et nous devons continuer sans lui."

En football, quatre mois peuvent sembler une éternité. Régénéré, Donovan a retrouvé LA Galaxy et la MLS mais, pendant ce temps, l'équipe nationale a appris à se débrouiller sans lui. Jürgen Klinsmann lui a fait savoir qu'il repartait de zéro. Pour gagner sa place, il ne pourrait compter que sur ses performances et son engagement, certainement pas sur son nom ou sa gloire passée. Longtemps marquée par l'influence et le talent de son meneur de jeu, la sélection *US *a appris à se passer de son joueur emblématique. "Landon et ses coups de génie nous manquent parfois cruellement", admettait Jozy Altidore. "Mais nous devons nous retrousser les manches et faire la différence sans lui."

Renaissance
Après des débuts difficiles dans les qualifications pour l'édition 2014 de la Coupe du Monde, les Américains ont commencé à trouver leurs marques. L'enthousiasme et le discours de Klinsmann ont trouvé un écho favorable. Grâce à un savant mélange de nouvelles recrues et de valeurs traditionnelles, les États-Unis ont fini par prendre le meilleur sur leurs adversaires. À quatre journées du terme, ils occupent actuellement la première place du tour final.

Donovan, lui, s'est remis au travail sans attendre aucune faveur. Lorsque Klinsmann l'a appelé pour disputer la Gold Cup de la CONCACAF 2013, l'ancien joueur d'Everton et du Bayern Munich n'a pas hésité. Le tournoi tombe pourtant à une période assez chargée, ce qui explique sans doute que beaucoup de grands noms de la région aient choisi de décliner l'invitation de leurs sélections respectives. Durant la finale remportée face au Panama (1:0), Donovan a une nouvelle fois livré une performance inspirée. Ses coups de pied arrêtés n'ont rien perdu de leur précision et sa capacité à trouver des espaces entre les lignes demeure intacte.

Au-delà des aspects techniques, ce sont avant tout sa passion et son enthousiasme qui ont séduit. S'il n'a aucune garantie de participer à la Coupe du Monde de la FIFA™ au Brésil, il savoure l'instant présent. "J'ai vraiment apprécié de faire partie de cette équipe dans laquelle personne n'a cherché à se mettre en avant", assure-t-il. Le mot de la fin revient à Beasley, coéquipier de Donovan en équipe nationale depuis la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 1999. "C'est l'un des meilleurs joueurs à avoir jamais porté ce maillot. On sent tout de suite qu'il est heureux et qu'il prend du plaisir sur le terrain", explique l'attaquant reconverti défenseur cette année, plein d'affection pour son partenaire. "Quand il se sent bien, il est dans un autre monde. Personne ne lui arrive à la cheville."

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