Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

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11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Le petit secret du Suriname

Niché au nord-est de l'Amérique du sud, le Suriname a un secret : cette modeste nation de la CONCACAF recèle une véritable usine à talents qui lui permettrait de concurrencer des géants comme le Mexique et les Etats-Unis.

Clarence Seedorf, Edgar Davids, Ruud Gullit, Jimmy Floyd Hasselbaink, Frank Rijkaard, Aron Winter, Romeo Castelen, alias "le diamant du Suriname"... Voici quelques-unes des stars qui sont nées ou possèdent des origines dans cette humide parcelle équatoriale. Outre ces grands noms, on recense presque 150 Surinamais, certes moins célèbres, dans les championnats professionnels néerlandais.

Pourtant, au grand désespoir du sélectionneur national Kenneth Jaliens, aucun de ces mercenaires n'est éligible pour défendre les couleurs de cette modeste sélection de la CONCACAF. "En général, les joueurs qui espèrent faire carrière dans le football quittent le pays très tôt, explique Jaliens, dont le neveu, Kew, défenseur à l'AZ Alkmaar, porte les couleurs néerlandaises à l'échelle internationale. "

Si vous quittez le Suriname pour rejoindre les Pays-Bas, vous n'avez plus le droit de jouer pour l'équipe nationale. Cette décision relève de la politique intérieure ; c'est vraiment regrettable

."

En effet, cette situation est vraiment regrettable pour ce pays, le plus petit d'Amérique du sud avec une population qui ne dépasse pas les 500 000 habitants. Si cette nation folle de ballon rond avait la possibilité, à l'instar des Antilles néerlandaises et d'autres pays caribéens, de faire appel aux légions d'expatriés vendant leurs services en Europe, sa compétitivité serait toute autre dans la CONCACAF, où elle évolue pour éviter les rudesses des éliminatoires sud-américaines.

Nombre d'observateurs vont jusqu'à affirmer que sans cette contrainte règlementaire, le Suriname serait une puissance majeure de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes.

Ce pays n'a jamais bénéficié d'une grande considération, pas seulement en termes footballistiques. De fait, rares sont les gens à pouvoir le localiser sur une carte. Cette ancienne colonie néerlandaise a été peuplée par des esclaves africains venus au fil des siècles cultiver le cacao et le café. Après avoir acquis un statut d'autonomie dans les années 1950, puis obtenu son indépendance dans les années 1970, le pays est devenu un surprenant patchwork de cultures, de langues et de religions.

Les habitants de ce pays du tiers-monde qui reste davantage lié aux Caraïbes qu'à l'Amérique du sud émigrent souvent vers les Pays-Bas pour y trouver de plus grandes opportunités.

Un aller simpleAlors que les meilleurs jeunes rejoignent le Vieux Continent en quête de gloire et de fortune, le Suriname reste un parent pauvre du football. Contrairement à toutes les sélections caribéennes, qui convoquent leurs pros évoluant en Angleterre, en Ecosse ou ailleurs, l'équipe nationale du Suriname ne peut pas appeler ses génies partis aux Pays-Bas. Du coup, Jaliens doit se contenter des joueurs amateurs du cru. L'essentiel de l'effectif est issu du SV Robinhood et du SV Transvaal, seul club surinamais à avoir remporté la Coupe des Champions de la CONCACAF (en 1973 et 1981).

"J'espère que les choses vont changer", indique Jaliens à FIFA.com. "Mais pour l'heure, nous devons faire avec les joueurs que nous avons sous la main. Heureusement, il y a de bons éléments."

Parmi les vedettes de la A-Selektie, citons Giovanni Drenthe, frère cadet de Royston, le supersonique ailier du Real Madrid. De même, le buteur Orlando Grootfaam et Lorenzo Wiebers, qui évolue à Trinité-et-Tobago, devraient se mettre en valeur.

Sachant que son seul pourvoyeur est un championnat amateur à l'organisation approximative, l'équipe nationale ne nourrit pas de grandes ambitions sur le long terme pour Afrique du Sud 2010. Cependant, compte tenu de son talent brut, le Suriname a les moyens de battre Montserrat, un autre second couteau caribéen, au premier tour. "

Nous n'avons pas le choix : il va falloir attaquer Montserrat en nous appuyant sur notre vitesse et un état d'esprit offensif

", estime Jaliens dans l'optique du match sec qui se disputera à Trinité le 26 mars.

Ses joueurs étant tenus par des emplois à temps complet ou par leurs engagements en club, Jaliens ne dispose de ses protégés que trois fois par semaine. Pourtant, il envisage un potentiel deuxième tour contre le voisin guyanais, qui tire plein parti de ses joueurs expatriés, avec une lueur d'espoir.

L'an dernier, la Guyane a enregistré 14 matches sans défaite. Elle affiche actuellement la meilleure forme de son histoire. Lors de leur confrontation en phrase préliminaire de la Coupe des Caraïbes 2007, la Selektie-A a été corrigée 5:0. Malgré tout, Jaliens garde la foi : "Si nous battons Montserrat, je pense que nous aurons les moyens de vaincre la Guyane, estime -t-il. Pourquoi pas ?"

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