Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

14 juin - 15 juillet

Coupe du Monde de la FIFA™

Petits qui rient, grands qui pleurent

© AFP

"C'est comme ça, cela ne sert à rien de regretter ou d'être triste. Je respecte l'évènement et encore plus tous les joueurs qui y ont participé. Mais ce n'est pas chose aisée de se qualifier."  

Comme Georges Weah, auteur de ces quelques mots au micro de FIFA.com, de nombreux grands noms du football n’ont jamais pu participer  à la Coupe du Monde de la FIFA, faute d’être nés dans de "petits" pays : Weah, Georges Best, Ryan Giggs, Ian Rush, Jari Litmanen sont notamment de ceux-là.

Ce n’est pourtant pas parce qu’un pays est grand qu’il va forcément être puissant sur la planète football. Avec trois milliards d’habitants à eux trois, la RP Chine, l’Inde et l’Indonésie sont par exemple parmi les pays les plus peuplés du monde. Pour autant, ils n’ont obtenu chacun qu’un seul sésame pour la Coupe du Monde dans leur histoire.

Ainsi, l'Inde a décroché un billet inespéré pour participer à Brésil 1950. Ils se sont finalement retirés, faute d'avoir été autorisés à jouer pieds nus ! De leur côté, les Indes orientales néerlandaises, nom de l'Indonésie jusqu'en 1949, ont participé à la Coupe du Monde dès leur première tentative. Ce fut  grâce au désistement de leurs adversaires de barrage, le Japon et les États-Unis…

Par contre, la RP Chine peut, elle, se targuer de s’être qualifiée "à la régulière", pour Corée/Japon 2002. Le technicien serbe Bora Milutinovic en fut le grand artisan. "La RP Chine devrait attacher plus d’importance à la formation de ses jeunes. Ils représentent le futur du pays. Les entraîneurs chinois sont des gros travailleurs mais ils manquent d’expérience pour emmener les plus jeunes jusqu’au top niveau," a-t-il récemment expliqué pour justifier le plafonnement de la Grande Muraille.

Mise à part la Chine, Corée/Japon 2002 avait d’ailleurs inspiré d’autres géants asiatiques. La meilleure performance de la Thaïlande remonte aux qualifications pour ce tournoi. Les *Changsueks *s’en étaient arrêtés aux portes. Après une première apparition en 1954, il a fallu attendre 48 ans et la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™ pour permettre à la Turquie de valider de nouveau son billet pour le plus haut niveau. Les Ottomans ont en pleinement profité en terminant troisièmes de la compétition.

Parmi les doyens de l’Afrique, parmi également les pays les plus peuplés du Continent Mère, le Mali et le Soudan n’ont toujours pas gouté aux joies mondialistes. Pour sa première inscription en qualifications pour l’épreuve reine, la RD Congo a, de son côté, réalisé un coup de maître en décrochant son billet pour la phase finale 1974 en Allemagne. Mais ce premier exploit est aussi le dernier en date, les Simbas, devenus depuis les Léopards, échouant systématiquement au tour préliminaire.

Seul représentant du continent sud-américain à n'avoir jamais participé au grand rendez-vous mondial, le Venezuela et ses 30 millions d’habitants semblent de leur côté sur la bonne voie. La Vinotinto *vient en effet d’atteindre le dernier carré de la Copa América 2011. Elle reste bien loin des 15 sacres et des 11 participations à la Coupe du Monde de la FIFA d’un *Uruguay **qui ne compte que  3,5 millions habitants.

"L'Uruguay est un tout petit pays, mais le football y est une véritable passion", confiait Mauricio Victorino à FIFA.com pour expliquer le paradoxe historique, entre sa population réduite et son ample palmarès. "Quand on est né dans un pays qui a une histoire et beaucoup de supporters, même s'il ne compte que trois millions d'habitants, on ressent une certaine pression. On est bien conscient que c'est un pays de football qui entretient une authentique passion pour le jeu", avait confirmé Diego Perez.

Coïncidence ou non, c’est face à un autre "petit" que la nation la moins peuplée de la CONMEBOL a remporté récemment son récent titre continental : le* Paraguay. Malgré ses 7 millions d’âmes, l’Albirroja *est l’une des équipes les plus fidèles au rendez-vous mondial. Elle compte huit participations à la Coupe du Monde de la FIFA, sept fois en sortant des qualifications et une fois en tant qu'invitée, à Uruguay 1930.

Quatre ans plus tard, deux autres "petits" pays ont rejoint la table des grands. Les Pays-Bas et la Suisse se sont en effet qualifiés pour la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1934. Ils sont devenus par la suite de véritables habitués de l’évènement avec respectivement sept et neuf participations à l’épreuve reine. "En sept ans, nous avons disputé quatre compétitions majeures, un huitième de finale de Coupe du Monde, battu les champions du monde en Coupe du Monde, fait un bon nul en Angleterre, autant d’exploits pour un petit pays comme le nôtre," soulignait d’ailleurs récemment  le défenseur hélvète Stéphane Grichting à l’heure de prendre sa retraite internationale.

Le Danemark n'est parvenu à intégrer le gratin mondial que tardivement, à Mexique 1986. Mais à l’image de leur éclatant coup d’essai, les Danish Dynamites ont gardé un niveau de jeu très élevé qui leur a permis de participer à l’épreuve reine très régulièrement depuis. Et même de viser haut : "Nous sommes un petit pays et pour remporter la Coupe du Monde, il faut gagner pratiquement sept matches, contre des pays qui sont souvent beaucoup plus grands que le nôtre. Chez nous, il y a 5 millions d'habitants. En toute logique, nous produisons moins de joueurs talentueux qu'une nation de 80 ou 100 millions d'âmes. Cela dit, je pense que nous pouvons aller assez loin", assurait Nicklas Bendnter lors de la dernière Coupe du Monde de la FIFA.

Mis à part ces pays, des nations comme la* Croatie* et la Norvège, régulières  au plus haut niveau confirment chaque année combien "le football est ce qui permet à un petit pays de devenir grand" (Roger Milla).

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