Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Le mémento de Pinto

Head coach Jorge Luis Pinto of Costa Rica looks on
© Getty Images

"Affronter les grands avec grandeur"... Cette formule prononcée par Jorge Luis Pinto résume en cinq mots l’ambition du Costa Rica à son arrivée à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. Il faut dire que les Ticos côtoyaient trois anciens champions du monde dans le Groupe D : l’Uruguay, l’Italie et l’Angleterre.

Pourtant, loin de se décourager, les Ticos cherchaient à prouver que leur deuxième place de l’Hexagonal qualificatif, devant le Mexique, n’était pas le fruit du hasard. "C’était un message dont il fallait tirer quelque chose", commence Pinto deux mois plus tard au micro de FIFA.com, revenant sur l’époque où il se disait "satisfait" d’affronter ces adversaires. "Je ne pouvais pas faire peur à mon équipe et générer une crainte superflue. Au contraire, je me suis attaché à donner de la confiance à mes joueurs, mais aussi de l’optimisme et de l’envie. Nous avons pu maintenir cela jusqu’à la fin".

La formule a bien fonctionné. Décidés à dépasser les huitièmes, où leur pays s’était arrêté à Italie 1990, les Costaricains ont mis les bouchées doubles début 2014. Pinto et son staff ont passé six mois à suivre à la trace leurs futurs adversaires. C’est bien simple, ils savaient tout du comportement de leurs rivaux, que ce soit en club ou en sélection. "Je ne pourrais pas donner un pourcentage précis pour évaluer l’impact de ce travail. Mais je crois qu’il est important. Je serais curieux de voir l’équipe sans cette orientation technique pour pouvoir en juger et dire ‘oui, ça marche’. Au bout du compte, je crois que nous avons fait du bon travail", analyse-t-il.

La formation centraméricaine a créé une première surprise face à l’Uruguay. Menée au score, elle est revenue et s’est imposée grâce à son efficacité sur coups de pied arrêtés. Six jours plus tard, les Ticos affrontaient l’Italie dans un match déjà décisif pour leur accession au tour suivant. En face, les Azzurri possédaient un artiste bien décidé à gâcher la fête. "Face à Andrea Pirlo, nous avons essayé de mettre en place un dispositif direct sur l’homme et un travail collectif pour le contrer dans ses intentions", se souvient le technicien au sujet de la neutralisation du chef d’orchestre transalpin. "Sur le plan individuel, le but du jeu était de contrarier ses lancements, de lui mettre la pression, de le bloquer. Collectivement, lorsqu’il avait pu jouer, il s’agissait de répondre avec des solutions adaptées aux joueurs qu’il ciblait, le cas échéant Balotelli." 

Grâce à ce dispositif et à un but de son capitaine Bryan Ruiz, le Costa Rica s’est imposé 1:0, engrangeant six points sur six possibles. Alors que nombre de pronostiqueurs les donnaient éliminés, ils se retrouvaient dans une situation prometteuse. Le nul 0:0 avec l’Angleterre a concrétisé la qualification, acquise en pole position s’il-vous-plaît ! En huitième, Pinto et ses troupes avaient rendez-vous avec la Grèce.

Historique
L’affaire a été beaucoup plus complexe. Après l’ouverture du score de l’inévitable Ruiz, les Costaricains se sont attachés à contrôler le jeu et à conserver leur avance, mais la partie a basculé à la 66ème minute. Averti pour la seconde fois, Oscar Duarte a dû quitter ses partenaires, contraints de poser les barbelés pendant 55 minutes, et de concéder l’égalisation dans les arrêts de jeu.

Après l’arrêt de Keylor Navas sur le quatrième tir au but grec, le sort du Costa Rica reposait sur les épaules de Michael Umaña, qui comptait 12 kilomètres au compteur après 120 minutes de jeu. "Il s’est comporté en leader", estime le sélectionneur en revenant sur le rôle du défenseur tico. "Je lui ai dit qu’il devait être le dernier tireur. Des cinq, c’est lui qui devait tirer le dernier et faire la décision. Il est très sérieux, très professionnel. Il fait aussi partie des joueurs qui ont le mieux assimilé mes concepts de jeu pour les mettre en pratique sur le terrain. J’ai ressenti beaucoup de joie et de satisfaction quand il a marqué. J’ai vu cela comme le fruit d’un travail pour lequel nous avons consenti beaucoup d’efforts et de sacrifices."

Face aux Pays-Bas, les *Ticos *ont tenté de reproduire le même scenario, mais cette fois, ils n’ont pas été en réussite depuis le point de penalty. "Louis van Gaal possède des concepts et contenus tactiques de très grande qualité. Nous savions que ce changement de gardien était possible. Nous avions toutes les informations à son sujet. Il ne nous a pas intimidés, au contraire. J’ai dit à l’équipe de se concentrer sur les penalties à tirer plutôt que sur lui", explique Pinto au sujet de l’entrée en jeu de Tim Krul, qui estime que sa présence sur le terrain a désarçonné l’entraîneur adverse.

Au bout du compte, l’élimination n’a pas été trop difficile à avaler. Le Costa Rica a dépassé les attentes, s’est arrêté sur le seuil du dernier carré et a montré au monde entier que son football est bel est bien vivant. Au lendemain de la Coupe du Monde, le Real Madrid a recruté Navas, que Pinto juge capable de disputer le poste de titulaire à l’historique Iker Casillas. "Il peut jouer sa carte car les deux hommes traversent des périodes différentes : l’un est dans une phase ascendante et l’autre se trouve dans une situation où le club ne l’aide pas dans sa motivation de jouer", assure-t-il.

Pour ce qui est de son avenir personnel, Pinto reste serein. Après tout le travail engagé dans ce projet, il veut bien réfléchir à son prochain défi. "Je ne suis pas en manque. Il y a et il y a eu des offres de clubs mexicains et arabes, et quelques contacts avec des sélections. Je veux prendre le temps de réfléchir sereinement à la meilleure solution pour moi", confie Pinto avant de conclure : "Il me faut un endroit où je puisse travailler sans problème et développer mon projet. Je pense que dans l’absolu, c’est le plus important pour un entraîneur".

Explorer le sujet

Articles recommandés

Retour triomphal pour le Costa Rica

Coupe du Monde de la FIFA™

Retour triomphal pour le Costa Rica

09 juil. 2014