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11 juin - 11 juillet

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Quand Schmeichel parle des penalties

Denmark and Manchester United legend Peter Schmeichel launches the Castrol EDGE Penalty Analysis.
© FIFA.com

L’art de ce geste en apparence simple qu'est le penalty fait l’objet d'interminables débats depuis des décennies. Pour certains, rien n’est plus simple. La perfection passe par la répétition. D’autres, au contraire, sont convaincus qu’aucun entrainement ne suffira jamais à préparer le tireur à endosser l’espoir d’une nation le grand soir venu.

Pour les gardiens de but, un autre dilemme se pose. Doit-il se fier à ses notes ou à son instinct ? Le petit calepin de Jens Lehmann figure déjà dans la légende de la Coupe du Monde de la FIFA. Mais contrairement à l'ancien gardien de la Mannschaft, nombre de portiers se présentent encore face au tireur munis de leur seule intuition.

Peter Schmeichel, l’un des plus grands gardiens de but de tous les temps, était de ceux-là. Champion d’Europe avec son pays et avec son club de Manchester United, la légende danoise a toujours considéré ces théories avec scepticisme. Pourtant, le gardien retraité admet aujourd’hui avoir été conquis par l'outil d'Analyse de Penalties EDGE Castrol, basé sur l’ensemble des penalties tirés dans les grands championnats européens et l’UEFA Champions League au cours des quatre dernières saisons.

Plus que l'instinctPour Schmeichel, cette excellente introduction à l’art du coup de pied de réparation permet indéniablement d’augmenter les chances du gardien. "Je dois bien avouer que j’avais une approche un peu vieux jeu du penalty", a-t-il confié à FIFA.com. Avant d’ajouter : "Je me fiais totalement à mon instinct. Je choisissais très tôt mon côté et je m’y tenais. Parfois ça marchait, d’autres pas, mais jamais je n’ai pris la peine d’étudier le profil des tireurs. Alors forcément, j’étais un peu sceptique devant cette méthode. Mais je dois bien reconnaître que j’ai été bluffé. Les options de tirs deviennent évidentes. Ça m’aurait sans doute bien servi si j'avais eu tout ça sous la main pendant ma carrière."

"Prenons l'exemple de Frank Lampard. C’est un excellent tireur de penalties en Angleterre. Pourtant, si vous lisez l'analyse, vous pouvez être quasiment certain qu’il va choisir l’une des deux options suivantes : soit frapper à droite à ras de terre, soit frapper à gauche mais en hauteur. Pour un gardien, ça signifie que vous n'avez plus six ou sept possibilités, mais deux. Bien sûr, ça ne veut pas dire que vous allez forcément l’arrêter mais il est certain que vous avez plus de chances", explique l’ancien Red Devil.

Si Schmeichel vante cette méthode qui profite aux portiers d’aujourd’hui, son seul regret est que le numéro 1 actuel de la sélection danoise n'en profite plus à cette heure. Le recordman des sélections (129 capes) et fervent supporter des Danish Dynamites a suivi, dépité, le parcours du Danemark en Afrique du Sud. Il juge leur campagne 2010 sans prendre de gants.

Pas impressionné"Il faut que toutes les personnes concernées se regardent dans la glace", affirme t-il. "Les joueurs n’ont tout simplement pas été à la hauteur. Le coach non plus. Il a continué à faire confiance aux mêmes joueurs, même à ceux qui n’étaient plus au niveau depuis un ou deux ans. Et on l’a payé cher. À sa place, j’aurais sélectionné quelques jeunes joueurs, au moins pour trouver une nouvelle dynamique. Par exemple, nous avons ce jeune milieu de terrain, Christian Eriksen, qui est bourré de talent. Je le sélectionnerais sans hésiter. Il a ce petit quelque chose qui nous a manqué parfois ", analyse l’ancien capitaine danois.

"C’est vraiment dommage parce que je pense qu’on aurait pu être la surprise de ce tournoi. Au final, on sort de la pire des manières. Contre le Japon, on s’est littéralement effondrés. Je ne m’y attendais vraiment pas. La plupart des équipes du Danemark dans lesquelles j’ai jouées n’étaient pas spécialement talentueuses mais on ne lâchait rien. Je n’ai pas vu la même détermination dans cette équipe", regrette l’ancien aboyeur de la sélection.

Outre l’intérêt – et le désarroi grandissant – avec lequel il a suivi les Danish Dynamites, Peter Schmeichel a scruté les gardiens de but à l’ouvrage en Afrique du Sud. Selon lui, après un début de tournoi marqué par les bourdes de quelques gardiens aux doigts d'argile, les portiers en lice pour le prix Lev Yachine du meilleur gardien sont en train de monter en pression. "Les gardiens n’ont pas été à la fête", commente t-il. "Il a fallu qu’ils s’habituent aux conditions de jeu et au nouveau ballon. C’est peut-être ça qui explique les erreurs de la première semaine. Mais d’une manière générale, le niveau s'améliore de jour en jour et il est évident qu’il y a de très bons gardiens dans ce tournoi. Celui que j’ai remarqué en particulier, c’est le Slovène, [Samir] Handanovic. Mais le tournoi est loin d’être fini et un autre goal va peut-être se révéler", conclut-il.

Croyons Peter Schmeichel sur parole. Tandis que la pression monte d'heure en heure en Afrique du Sud, il y a fort à parier que le héros d’une séance de tirs au but d’ici la fin du tournoi gagnerait sa place au panthéon des portiers.

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