Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

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9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Roberto Acuña : "Le Paraguay peut faire de grandes choses"

Le Toro. Difficile de trouver surnom plus seyant pour Roberto Acuña. Puissant, accrocheur, doté d'une formidable qualité de frappe et d'un immense talent, ce milieu de 34 ans semble avoir pour principe de toujours aller de l'avant. Face à l'Angleterre, le joueur le plus expérimenté de la sélection paraguayenne avec Carlos Gamarra entamera sa troisième Coupe du Monde de la FIFA consécutive.

Acuña, l'un des leaders guaranís, fait également office de conseiller auprès des jeunes joueurs qu'a introduit dans le groupe le sélectionneur Aníbal Maño Ruiz. Après des passages couronnés de succès dans le football argentin (Argentinos Juniors, Boca Juniors et Independiente) et espagnol (Saragosse, Elche et le Deportivo La Corogne), puis aux Emirats Arabes Unis (Al Ain), le Toro a posé ses valises près de Munich, à Oberhaching, où se trouvent les quartiers généraux du Paraguay. En attendant le match d'ouverture face à l'Angleterre, samedi à Francfort, Roberto Acuña s'est confié à FIFAworldcup.com.

Roberto Acuña, que représente pour vous votre rôle de leader au sein de l'équipe ?
C'est une grande fierté de représenter un pays dans sa sélection. Ça n'arrive pas tous les jours, c'est donc une immense joie d'être ici et de participer pour la troisième fois consécutive à la compétition.

Que pensez-vous du travail qu'a réalisé le sélectionneur Aníbal Ruiz en pariant sur le renouvellement des générations au sein de la sélection paraguayenne ?

On en est très contents. L'équipe allie jeunesse et expérience, la meilleure combinaison pour n'importe quelle sélection. Ce mélange, elle le doit à Maño Ruiz. Elle compte de jeunes éléments de grande qualité, qui possèdent déjà une expérience à l'étranger. C'est un facteur très important, qui peut beaucoup nous apporter.

Quels rapports entretiennent les joueurs d'expérience, comme vous, avec les plus jeunes ?

Nous avons d'excellents rapports. J'ai toujours dit que la sélection paraguayenne est, plus qu'une équipe ou qu'un groupe d'amis, une véritable famille. Tous les nouveaux arrivants s'intègrent parfaitement bien. Nous, les vétérans, nous assurons qu'ils se sentent à l'aise, sereins. On leur explique comment fonctionne le groupe et on les conseille. Les plus jeunes savent écouter et veulent apprendre.

Avez-vous trouvé un remplaçant potentiel dans cette nouvelle génération de joueurs ?

Ils sont nombreux : Cristián Riveros, José Montiel, qui n'a que 18 ans, Carlos Paredes… Il y en a bien cinq ou six qui sont promis à un bel avenir en sélection et qui pourraient remplacer n'importe qui.

Quelles différences voyez-vous entre cette sélection et celles qui ont participé à France 1998 et Corée/Japon 2002 avec vous ?

Nous avons aujourd'hui plus de jeunes que de joueurs expérimentés. José Cardozo, Carlos Gamarra et moi, les trentenaires, sommes les plus âgés. Les autres ont tous moins de trente ans. Mais, comme je l'ai dit, les garçons ont suffisamment d'envie pour occuper une place importante dans l'équipe.

Que pensez-vous de vos adversaires du Groupe B (l'Angleterre, la Suède et Trinidad et Tobago) ?
Ce sont toutes des équipes difficiles mais, pour le moment, on ne pense qu'à l'Angleterre, même si on garde un œil sur la Suède. Il est certain que les Anglais sont notre priorité actuelle. On étudie leur jeu pour savoir comment on peut en venir à bout. Sans vouloir manquer de respect à Trinidad et Tobago, l'Angleterre et la Suède sont toutes deux candidates au titre en raison des joueurs qu'elles possèdent et du poids de leur pays. Mais faut-il encore qu'elles le prouvent sur le terrain. De notre côté, on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour créer la surprise en Allemagne. On a la capacité, l'effectif et les moyens pour y arriver.

Après le tirage au sort de Leipzig, Aníbal Ruiz a déclaré : "La meilleure chose qui pouvait arriver au Paraguay, c'est de débuter face à l'Angleterre". Partagez-vous cet avis ?

Bien sûr. Il n'y a pas mieux qu'un match d'ouverture contre une équipe puissante et candidate au titre pour se situer et juger si on est capables de faire parler de nous dans cette Coupe du Monde. Ça ne dépend que de nous. Dans le football, tout est une question de détermination et d'objectifs. Le Paraguay peut faire de grandes choses.

Quel est l'adversaire à battre dans le groupe ?

Pour tout ce qu'elle représente, l'Angleterre. C'est notre premier adversaire. On sait que la Suède peut battre Trinidad et Tobago, même s'il faut espérer un match nul pour le Paraguay. Mais, quoi qu'il en soit, on veut battre l'Angleterre pour entrevoir le tableau final.

Considérerez-vous cela comme une réussite si vous passez de nouveau la phase de groupes ?
C'est évidemment une réussite de se placer parmi les 16 meilleures sélections, mais on veut faire mieux que par le passé. Notre équipe est plus forte que lors des deux dernières éditions, elle compte plus de vedettes. Je crois que c'est possible. On s'est fixé comme objectif les quarts de finale. Arrivé à ce stade, tout peut se produire…