Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

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14 juin - 15 juillet

Coupe du Monde de la FIFA™

Salapu, naufrage, sauvetage et voyage

American Samoa goalkeeper Nicky Salapu in Pago Pago in 2011
© Others

Il arrive parfois que les exigences et les pressions inhérentes au football de haut niveau relèguent le plaisir du jeu au second plan. S'il y a un homme sur terre qui pourrait éprouver de l'amertume à la simple évocation d'un match, c'est bien Nicky Salapu. Le gardien de but des Samoa américaines a atteint une peu enviable renommée internationale en devenant le premier portier à encaisser 31 buts dans un seul et même match de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA™. Pourtant, son amour du beau jeu n'a jamais pâti de cette incroyable mésaventure.

L'histoire de Salapu connaîtra une fin heureuse, mais force est de reconnaître qu'il faut un caractère bien trempé pour conserver intacte sa passion après une telle humiliation. La défaite 31:0 concédée à l'Australie en 2001 a longtemps pesé sur les épaules de notre héros.

À l'époque, les Samoa américaines naviguaient dans les eaux troubles du Classement mondial FIFA/Coca-Cola. La sélection insulaire a dû attendre 2011 pour remporter son premier match, 17 ans après ses grands débuts sur la scène internationale. Entretemps, ses 12 sorties dans les qualifications mondialistes se sont soldées par 129 buts encaissés.

C'est à ce moment que Salapu a enfin pu exorciser ses démons. Seul rescapé du désastre de 2001, le gardien a vécu avec une intensité particulière ce modeste triomphe. Dans le documentaire Une équipe de rêve *("Next Goal Wins*"), le sélectionneur Thomas Rongen se souvient des paroles de son portier, au milieu des scènes de liesse. "Il m'a dit en pleurant : 'Maintenant, je peux dire à mes enfants que je suis un gagnant'. Franchement, ça dépasse largement le cadre du match."  

Nicky Salapu est de ces hommes qui remontent immédiatement en selle après une chute. "J'ai vécu des moments très difficiles", confiait récemment l'intéresse dans un entretien accordé à FIFA.com. "Mais je me suis dit que si je ne revenais pas sur le terrain, je ne gagnerais jamais un match avec les Samoa américaines. J'ai vu ça comme un défi. Il fallait que je continue à avancer et que je fasse disparaître cette étiquette de pire équipe du monde. Je voulais apporter quelque chose aux Samoa américaines. Psychologiquement, ce n'était pas simple à gérer".

*L'amour du jeu *
En cette année 2015, Salapu, qui a fêté ses 35 ans, semble plus heureux que jamais. Son amour du football n'est même pas loin de virer à l'obsession. En septembre, il a participé aux préliminaires de Russie 2018 avec les Samoa américaines, mais il est également très actif au niveau amateur. Il passe pratiquement tout son temps libre sur le terrain. Il vit aujourd'hui à Seattle, où il porte les couleurs de… sept équipes différentes ! Et quand il ne joue pas, il arbitre.

Dans ce contexte, les moments difficiles ne font que renforcer le lien entre Salapu et l'objet de sa passion. "J'adore ce sport et je prends plaisir à lui témoigner mon respect", explique-t-il avec un large sourire. "J'ai essayé de relever tous les défis que le football a placé sur ma route. Parfois, mon corps se retrouve à court d'énergie mais mon cœur en veut toujours plus."

Son fils Dylan, huit ans, est son premier supporter, mais aussi son critique le plus sévère. "Chaque fois que nous nous entraînons ensemble, je le laisse faire quelques tirs. Malheureusement, il est un peu prétentieux. Chaque fois qu'il marque contre moi, il ne peut pas s'empêcher de faire une remarque du genre : 'Dis donc, tu sais quoi ? Tu n'es pas mauvais comme gardien, mais tu dois faire mieux que ça'."  

*Grands progrès *
Le voyage des Samoa américaines sur la route de Russie 2018 s'est interrompu brutalement, au mois de septembre. Il n'aura manqué qu'un but aux insulaires pour atteindre le Tour 2 et défier les poids lourds de l'Océanie. Compte tenu du passé de cette équipe, l'exploit aurait été de taille.  

En trois matches de qualification, les Samoa américaines ont plus que doublé leur total historique. Renforcée par plusieurs joueurs installés aux États-Unis, la sélection se découvre de nouvelles ambitions. Salapu se dit convaincu que l'avenir réserve encore de belles surprises à cette association membre, qui compte pourtant parmi les plus petites au monde.

"J'ai toujours dit que nous remonterions un jour la pente. Je sais qu'il y a beaucoup d'enfants samoans aux États-Unis. Nous avons fait des recherches et nous les avons contactés, grâce à la fédération", explique-t-il. "Il faut aussi remercier les gens qui ont fait le film (Une équipe de rêve). Sans eux, nous n'aurions jamais accédé à une telle notoriété. C'est aussi grâce à eux que tous ces enfants ont voulu nous rejoindre. D'un seul coup, ils se sont rendu compte qu'on parlait de leur pays." * *

Malgré les années qui passent, Salapu espère prendre part à la prochaine campagne de qualification mondialiste des Samoa américaines, dans quatre ans. L'usure ne sera certainement pas un problème et la motivation sera toujours au rendez-vous.  "Je profite de chaque instant de ces affiches internationales. J'ai souffert pendant de longues années avant de goûter à la victoire. Tout ce que j'ai vécu en équipe nationale représente beaucoup à mes yeux", conclut Salapu.

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