Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™

14 juin - 15 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2018™

Samatta, entre star et Tout-Puissant

© AFP

Méconnu hors d’Afrique, Mbwana Aly Samatta jouit d’un statut à part en Tanzanie comme à Lubumbashi, en RD Congo, où évolue son club du TP Mazembe. Tout-puissant des* Taifa Stars,* l’attaquant est en effet une immense vedette au pays, ayant notamment contribué récemment à sa qualification pour le deuxième tour des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Russie 2018™. Star du Tout Puissant, le buteur a parallèlement activement participé à l’exemplaire parcours de Mazembe, finaliste de la Ligue des champions de la CAF, compétition dont il est le deuxième marqueur avec six réalisations.

"Évidemment, tout va pour le mieux en ce moment. Avec mon club, on est en train de réaliser une très bonne saison ; en sélection, notre succès face au Malawi nous a réconciliés avec nos supporteurs, que nous privions de victoire depuis trop longtemps* (la dernière victoire tanzanienne remontait à un an, le 12 octobre 2014 face au Bénin, 4:1)", raconte l’attaquant de 23 ans, buteur à la fois face aux Flames *en éliminatoires de la Coupe du Monde 2018, et en demi-finale de la Ligue des champions face aux Soudanais d’Al Merreikh. "Marquer dans ces deux compétitions m’a procuré beaucoup de bonheur. Même si l’émotion est différente, ces buts ont autant de valeur pour moi. Je savoure, tout en ayant conscience que ce ne sont que des étapes."

Car Samatta sait mieux que quiconque combien la route vers la gloire est jalonnée d’obstacles. Sixième d’une famille de sept enfants, ce fils de policier a dû patienter longtemps avant d’embrasser la carrière de footballeur dont il rêvait : "En Afrique peut-être plus qu’ailleurs, pouvoir vivre du football est de l’ordre du rêve. Il était hors de question pour mon père que je privilégie le ballon rond aux dépens des études, même si beaucoup lui disaient que j’avais un potentiel intéressant. J’ai dû longtemps me contenter de jouer après l’école, avec mes copains du quartier. Mais une fois le lycée fini, j’ai pu me consacrer à 100% au football, et tenter réellement ma chance."

Elle va lui sourire. Samatta a 18 ans lorsque l’entraîneur zambien Patrick Phiri le repère. L’ancien Chipolopolo l’invite à rejoindre les rangs de Simba SC, véritable monument tanzanien (18 titres de champion), duquel il est aux commandes. C’est la révélation. Samatta  inscrit 13 buts en 25 matches, il intègre l’équipe nationale, et il prend la direction de la RD Congo où l’attend le grand TP Mazembe, finaliste de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Sa carrière décolle. "Je suis heureux de pouvoir montrer que c’est possible. Je suis fier de mon parcours et d’être un exemple en Tanzanie, où peu ont réussi à faire des carrières professionnelles", souligne-t-il.

Un couple de Stars
Peu, c'est peu de le dire. En tout et pour tout, ils ne sont que deux Tanzaniens à avoir évolué à haut niveau en Europe : Haruna Moshi, en Suède, et Renatus Njohole, en Suisse. "Le football n'est jamais parvenu à se professionnaliser chez moi, ce qui freine d’ailleurs la progression de l’équipe sur le plan continental", constate Samatta, tout près d’avoir rejoint le Vieux Continent, attiré par les sirènes du CSKA Moscou en début d’année 2015 : "J’ai rejoint le CSKA pour un camp d’entraînement en Espagne en janvier 2015. J’étais proche de signer. Bien sûr, ça aurait été une belle opportunité. Mais ce n’était pas le bon moment. Je n’ai pas fait une croix sur l’Europe, mais j’ai un contrat au TP à respecter."

Car Samatta ne fait pas les choses à moitié. Il reste une place en Coupe du Monde des Clubs, Japon 2015 à aller chercher, et le Tanzanien, auteur de 60 buts au total sous le maillot des* C*orbeaux, compte bien sortir victorieux de cette finale de Ligue des champions pour y parvenir : "Ce serait in-croy-able", prend-il soin de syllaber. "Ce serait l’aboutissement de beaucoup de travail, mais surtout une immense fierté pour mon club et pour moi. Ce serait aussi historique pour la Tanzanie…" Et pour cause, au côté de Samatta, le Taifa Star Thomas Ulimwengu brille également sur le front de l’attaque : "Ce gars est fantastique. Je joue avec lui depuis mes débuts en sélection nationale. Notre relation est excellente. On est comme des frères. On n'a qu’un an de différence", souligne-t-il, à propos de son compatriote également buteur face au Malawi (2:0, 1:0) comme face à Al Merreikh (2:1, 3:0).

Le duo sera l’arme à double tranchant du TP comme de la Tanzanie, à l’heure d’affronter respectivement, l’USM Alger et l’Algérie en finale de C1 africaine et au deuxième tour des qualifications africaines pour Russie 2018. "Le football algérien est tout simplement ce qui se fait de mieux en ce moment en Afrique. Il y a forcément à craindre", prévient l'attaquant tanzanien. Mais Algériens et Algérois doivent certainement se dire la même chose de Samatta et de son compère...

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