Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Santana : "Messi ressemble à un plombier"

© Getty Images

Véritable icône de la musique mondiale, Carlos Santana fait le bonheur des mélomanes depuis près d'un demi-siècle. Son rock aux sonorités latines et ses solos envoûtants sont célèbres dans le monde entier.

Né au Mexique, l'artiste a passé la majeure partie de sa vie aux États-Unis. Il est aujourd'hui largement reconnu comme l'un des meilleurs guitaristes de tous les temps. Malgré son immense expérience, Santana se prépare à vivre une grande première ce 13 juillet 2014 : il se produira devant des millions de fans de football, à l'occasion de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2014™. À quelques heures de cet événement historique, FIFA.coml'a rencontré pour parler football, musique et évoquer son admiration pour Lionel Messi.

*Carlos, quels sont vos premiers souvenirs de football ? *J'ai grandi à Autlan, dans l'État de Jalisco. Il n'y avait que deux choses qui comptaient pour moi à l'époque : le football et la corrida. C'était la première fois que je voyais autant de gens dans ma ville, qui se trouvait quand même à quatre ou cinq heures de Guadalajara. Pour moi, le football et les corridas étaient de grands événements. C'est pour ça que je m'en souviens si bien.

Avez-vous profité de votre passage au Brésil pour suivre la Coupe du Monde ?
C'est incroyable de voir cette passion, cette concentration et cette détermination. Il se passe quelque chose de magique. Une compétition internationale qui passionne tant de gens, c'est merveilleux. C'est magnifique de voir toutes ces personnes se rassembler autour d'un même sport. Le beau jeu doit être synonyme d'unité, d'harmonie et de bonheur.

Quel joueur vous a le plus impressionné ?
Je trouve que Messi a quelque chose de particulier. Il ressemble à ces enfants qui jouent au football dans la rue. Franchement, il ne me fait pas du tout penser à un footballeur. Il m'évoque plutôt un plombier ! C'est un compliment car on ne peut pas s'empêcher d'admirer son talent. Pour s'élever au niveau des plus grands joueurs de l'histoire, il faut un don divin.

Vous êtes né au Mexique, mais vous avez passé l'essentiel de votre vie aux États-Unis. Qui soutenez-vous lorsque les deux pays s'affrontent ?
Je suis très attaché au Mexique. Je suis moins lié à la sélection américaine car c'est une nouvelle équipe. Le football est encore quelque chose de nouveau là-bas. J'ai grandi avec le tennis et le basket. Le premier à cause d'Arthur Ash et le second à cause de Julius Irving alias Dr. J. Aujourd'hui, j'encourage cinq équipes différentes : le Mexique, le Brésil, le Cameroun, l'Espagne et les États-Unis.

Qu'éprouvez-vous à l'idée de jouer dans le cadre de la finale de la Coupe du Monde ?
C'est une grande joie. Je suis très heureux. Je ne joue pas au football mais nous aussi, nous procurons des émotions fortes au public. Nous utilisons l'énergie que nous avons découverte il y a très longtemps, à Woodstock. Jimi Hendrix, Bob Marley, Marvin Gaye et John Lennon. Nous incarnons tous cette énergie. Nous ne jouons pas en play-back. Nous ne sommes pas là pour faire joli. Nous ne sommes pas à Hollywood. Je viens du ghetto. Quand nous jouons, tout le monde ressent cette énergie mystique. Nous représentons beaucoup de gens, pas seulement au Mexique ou aux États-Unis. Nous représentons la grande famille qui vit sur cette planète.

Vous avez eu l'occasion de jouer aux quatre coins du monde. En quoi le Maracanã constitue-t-il un cadre particulier pour vous ?
C'est le Vatican du football. C'est la troisième fois que je me produis ici et il se passe toujours quelque chose. L'énergie est tellement forte dans ce stade que le ciel et la terre se touchent presque.

Selon vous, qui va remporter la finale ?
Je pense que l'Allemagne va gagner. J'aimerais que ça soit l'Argentine car je vis en Amérique, mais ça n'arrivera pas. Ce n'est pas impossible, mais c'est peu probable. Je dis que ça n'est pas impossible parce que j'adore Messi. Ceci dit, mes frères allemands - car nous ne formons qu'une seule grande famille - me paraissent plus lucides et plus concentrés. Un musicien qui veut jouer vite doit penser lentement. Inversement, il doit penser très vite s'il veut jouer lentement. On le comprend d'instinct. Sa respiration n'est pas dictée par la terreur. Ça n'a rien à voir avec la peur ou quelque chose qui paralyse. Quand une femme accouche, elle change sa façon de respirer et elle se détend. Pendant une Coupe du Monde, il faut apprendre à respirer correctement, sous peine de se fatiguer très rapidement. Je crois que mes frères allemands l'ont bien compris. Quand j'ai vu ce qu'ils ont fait au Brésil, je me suis rendu compte qu'ils formaient une véritable équipe. Ils ne dépendent pas d'une star pour faire la différence. Ils forment un tout. Ce n'est pas facile de battre un collectif avec des stars. Le groupe gagnera toujours. C'est comme ça que je vois les choses. 

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