Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Sissoko lancé à pleine vitesse

Moussa Sissoko of France celebrates scoring
© Getty Images

Didier Deschamps avait tout prévu. Dans un milieu de terrain peuplé comme un hall de gare contre la Suisse, le sélectionneur de la France a sacrifié le talentueux Paul Pogba pour Moussa Sissoko, au style plus discret et moins spectaculaire. Résultat, une éclatante victoire 5:2, grâce entre autres à l’apport du milieu de terrain, entré dans la Coupe du Monde de la FIFA au même rythme qu’il mène sa carrière depuis ses débuts au centre de formation de Toulouse : à grande vitesse.

"Comme nous nous le sommes dit au début de la compétition, nous partageons tous le même objectif et le sélectionneur sait qu’il peut attendre la même chose de chacun des 23 membres de l’effectif", explique à la FIFA le joueur de Newcastle, remplaçant lors du premier match contre le Honduras. "Chacun est préparé à entrer sur le terrain n’importe quand. Je n’étais pas titulaire lors du premier match, je l’étais au deuxième, mais je me prépare de la même manière dans les deux cas, pour répondre présent le jour J."

Le milieu tricolore a répondu aux attentes de Deschamps, imposant sa puissance son endurance et son pressing haut pour perturber les relances suisses. "Nous avons su marquer dans le premier quart d’heure, et nous avons inscrit deux buts en l’espace de 30 secondes. Ça leur a fait très mal, et ça nous a parfaitement lancés", se souvient-il, à propos de l’entame réussie des Bleus, qui menaient déjà 3:0 à la pause. Mis sur les bons rails, les Tricolores sont restés sur la voie du succès après le repos, Sissoko multipliant les trajets dans un sens pour prêter main forte à ses défenseurs, et dans l’autre pour participer au festival offensif.

Resté à quai
A l’origine du quatrième but, il se paie même le luxe d’inscrire le cinquième d’un plat du pied parfaitement placé. "Un première participation à la Coupe du Monde et un premier but, je ne peux pas être plus heureux", assure celui qui, à 24 ans, a ouvert son compteur-buts en Bleu pour sa 19ème sélection. "Ce sont les moments dont on rêve quand on joue au football, et je suis heureux de les partager avec cette équipe-là."

Ce train bleu, lancé à pleine vitesse vers le deuxième tour de Brésil 2014, Sissoko y est monté en août 2010, grâce à Laurent Blanc, le cheminot de l’époque, mais il n’accroche pas le bon wagon pour l’UEFA EURO 2012. Rappelé par Didier Deschamps deux ans après, en octobre 2012, l’ancien Toulousain est désormais dans son élément dans un compartiment français métamorphosé depuis la qualification en barrage. "Nous améliorons régulièrement notre niveau depuis le deuxième mach contre l’Ukraine", assure le Magpie, en référence au succès 3:0 après la défaite 0:2 à l’aller. "Depuis, nous avons pris conscience que nous avons les qualités pour accomplir quelque chose de grand, c’est ce que nous sommes en train de montrer au monde."

Un parcours qui rappelle celui de Sissoko lui-même, de sa région parisienne natale aux pelouses brésiliennes. Né de parents maliens, il rêve de rouler dans les rails de son idole Mahamadou Diarra, et le train de banlieue le mène au centre de formation du TFC, où il apprend le métier dans les grandes lignes, débute en première division en 2007 et devient la locomotive de l'équipe de France Espoirs. "Venir d’un quartier défavorisé, voir les parents travailler, être issu d'une famille nombreuse, pour moi c'est une force", raconte-t-il à l’époque. "C'est ce qui fait que j'ai quelque chose en plus, en ayant toujours la rage en moi, en ayant toujours envie d'aller plus haut."

Train d’enferIl fera un trajet de six ans sous le maillot violet avant d’emprunter l’Eurostar pour la Premier League. Il entre en gare de Newcastle en janvier 2013 et passe sans encombre le passage à - haut - niveau. Auteur des deux buts qui offrent la victoire aux Magpies face à Chelsea pour son premier match à domicile, Sissoko justifie l’annonce faite à son arrivée : "L'Angleterre est faite pour moi, elle correspond à mon style de jeu. J'ai saisi cette chance et je suis très content d'être dans le pays du football."

Une description qui s’applique aussi au Brésil, où il poursuit son trajet vers les sommets. Prochaine station, l’Equateur le 25 juin, et la possibilité d’assurer la première place du Groupe E. "Nous avons joué deux bons matches, avec beaucoup de buts, de combinaisons, de bonnes phases défensives et de belles actions offensives",  juge Sissoko, qui voit déjà plus loin. "Nous allons essayer de jouer comme depuis le début du tournoi, et d’être solidaires sur le terrain. Si nous y parvenons, la France peut aller très loin." Terminus de ce train d’enfer ? Peut-être le 13 juillet au Maracanã…

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