Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™

12 juin - 13 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2014™

Tirs au but, mode d'emploi

© Getty Images

Sur les 12 matches de la phase à élimination directe de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™ disputés jusqu’ici, trois se sont décidés en prolongation et trois autres aux tirs au but. Plus que jamais, les équipes doivent donc s’entraîner à l’exercice des penalties. À ce petit jeu, chaque tireur, chaque gardien et chaque entraîneur a son propre style. Mais existe-t-il une recette infaillible ? Nous avons essayé de le découvrir.

Sang-froid
"Notre pourcentage de réussite s’explique par nos nerfs d’aciers. Nous allons au point de penalty et nous savons que nous avons une bonne occasion de gagner le match. L’Allemagne est animée par cette confiance. Nos tireurs sont costauds dans leur tête. En plus, le passé parle en notre faveur et nous avons un bon gardien dans cet exercice", explique Andreas Köpke, l’entraîneur des portiers de la Nationalmannschaft.

"On n’a plus besoin de petits papiers comme en 2006 (Jens Lehmann avait utilisé des notes contre l’Argentine), ni d’outils spéciaux, même si ce ne serait pas mal d’installer une puce dans la tête des tireurs !", poursuit Köpke en riant. "Avant ou pendant le match, je me charge d’analyser les tireurs de l’équipe adverse, mais au final, je finis par faire confiance à mon instinct", explique le gardien titulaire de l’Allemagne à France 1998 et aujourd’hui conseiller de Manuel Neuer.

Analyse
Si l’instinct joue un rôle important dans la séance de tirs au but, il ne saurait se substituer à l’analyse des habitudes des tireurs adverses. C’est dans ce domaine qu’interviennent les entraîneurs des gardiens, mais aussi tous les joueurs de l’effectif, qui côtoient souvent certains adversaires en club. “La veille, nous avons beaucoup étudié les tireurs chiliens et notamment certains penalties de Mauricio Pinilla, qui frappe généralement au centre", avait confié à FIFA.com le Brésilien Victor, remplaçant de Júlio César, après la victoire de la Seleçao face au Chili en huitième.

Victor peut être considéré comme un expert en la matière, lui qui a remporté deux épreuves de vérité consécutives pour offrir la Copa Libertadores 2013 à l’Atlético Mineiro. En tout cas, l’étude réalisée en amont a porté des fruits puisque Julio César a deviné les intentions de Pinilla et d’Alexis Sánchez. Il a également bénéficié de la complicité de son montant pour achever le travail. Outre ses conseils, le portier d’O Galo avait prêté au gardien du Toronto FC le porte-bonheur qu’il avait utilisé avec son club. Qui sait, cette amulette a peut-être pesé dans la balance ? Cela dit, on aura beau mettre toutes les chances de son côté, "les tirs au but restent une situation très usante pour le tireur comme pour le gardien", assure Victor.

Autres tuyaux
Il peut également être utile d’emmener l’épreuve de vérité sur le terrain de la guerre psychologique, comme nous en avons eu l’illustration parfaite lors du quart de finale entre le Costa Rica et les Pays-Bas. À cette occasion, Louis van Gaal a adopté une stratégie pour le moins radicale. À la 121ème minute, il a remplacé son gardien titulaire, Jasper Cillessen, par Tim Krul. "Nous avions dit à Krul qu'il serait certainement le meilleur en cas de tirs au but, car il est plus grand. En revanche, nous n'avons rien dit à Cillessen, pour ne pas perturber sa préparation", a révélé le futur manager de Manchester United après coup.

Pourtant, les statistiques de Krul dans l’exercice n’ont rien de spectaculaire. Le but de ce changement était bien d’entrer dans la tête des adversaires. Et l'on peut penser que Van Gaal avait entièrement confiance en son gardien remplaçant, sans quoi il ne se serait jamais gardé sous le coude l'un de ses trois changements pour la 121ème minute d'un match aussi important.

Le gardien de Newcastle ajoute une donnée supplémentaire : "J’ai dit aux joueurs que je savais où ils allaient tirer, histoire de les stresser un peu". La tentative de déstabilisation a sûrement fait effet auprès du dernier tireur costaricain, Michael Umaña, héros de la séance de tirs au but qui avait vu les Ticos battre la Grèce en huitième. "J’avais déjà pris ma décision et je ne l’ai pas changée. J’avais ce côté en tête. Parfois, c’est dangereux de gamberger et de changer de côté au dernier moment. Ça peut passer, mais ça augmente les chances d’échec", avait confié le défenseur du Deportivo Saprissa après la qualification.

Après les quelques mots glissés par Krul, Umaña s’est mis à douter et il a changé d’avis… Après avoir réussi le penalty vainqueur face aux Hellènes d’une frappe à mi-hauteur sur la gauche, il a opté pour un tir à ras de terre sur la droite. Krul l’a dévié et envoyé les Pays-Bas dans le dernier carré…

Confiance
En plus des méthodes visant à détruire la confiance de l’adversaire, il y a celles consistant à alimenter celle de son gardien. C’est là qu’interviennent les joueurs de champ, qui motivent leur portier à grands renforts d’accolades, d’applaudissements et de cris de soutien. Dans ces moments, le contenu du discours importe peu, comme l’a expliqué Dani Alves à FIFA.com après le huitième remporté face au Chili : "L’important, ça n’était pas ce que chacun pouvait dire à Julio César. Pour dire la vérité, je ne me souviens pas de ce que je lui ai dit et je pense que c’est pareil pour les autres. Les mots importent peu, il fallait juste qu’il sente qu’on avait confiance en lui".

Les ingrédients de la réussite seraient donc le travail, le sang-froid, la confiance en soi et la déstabilisation de l’adversaire. Et soyons honnêtes, il convient d’ajouter à tout cela l’indispensable pincée de réussite qui fait que la pièce tombe du côté pile ou face. Si cela peut consoler les Ticos

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