Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

L'Uruguay veut s'affranchir de son passé

© Getty Images

Premier vainqueur dans l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA mais dernière nation qualifiée pour Afrique du Sud 2010, l'Uruguay n'en est pas à un paradoxe près. Soixante ans après le Maracanazo, la Celeste est la première surprise de se retrouver dans la peau du dernier représentant d'un football sud-américain qui a perdu son bras de fer contre le Vieux Continent. Une occasion en or de tourner enfin la page d'un passé lourd à porter.

Depuis un demi-siècle, l'Uruguay a vécu sur son passé, dans l'ombre de ses puissants voisins argentins et brésiliens. Et ce même si elle présente une brillante carte de visite avec 18 victoires en compétitions officielles : deux Coupes du Monde, deux médailles d'or aux Tournois Olympiques de Football Masculin et 14 Copa América.

Ses victoires aux Jeux de 1924 et 1928, tournoi ayant à l'époque valeur de championnat du monde, lui ont permis d'organiser la première édition de la Coupe du Monde de la FIFA en 1930. Une compétition remportée haut la main par José Andrade et ses coéquipiers face à l'Argentine (4:2).

Ghigga comme le pape et SinatraAprès avoir fait l'impasse sur les deux éditions suivantes, en raison de la situation en Europe, l'Uruguay, toujours au sommet du football mondial, fait pleurer le géant brésilien le 16 juillet 1950 en s'imposant 2:1 sur des buts de sa grande star Juan Schiaffino et d'Alcides Ghiggia. "Trois personnes ont fait taire le Maracaná : le pape, Frank Sinatra et moi", précise Ghiggia (83 ans) en souriant tout en continuant à signer des autographes dans les rues de Montevideo.

Cette victoire marque la fin des quatre glorieuses, l'Uruguay affichant quatre étoiles sur son maillot en raison de ses deux succès olympiques. Un écrivain, Juan Sasturain, féru de football comme les 3,5 millions d'habitants du pays, fait alors preuve de clairvoyance en annonçant : "Les Uruguayens porteront toujours avec eux la gloire et la malchance d'avoir été".

C'est le début d'une longue traversée du désert malgré quelques soubresauts lors des Coupes du Monde 1954 et 1970 où des générations plus talentueuses lui ont permis d'atteindre les demi-finales. Ainsi, à Suisse 1954, Schiaffino offre à son pays une victoire de prestige sur l'Angleterre en quart (4:2). Tandis qu’au Mexique, Ladislao Mazurkiewicz, le plus solide gardien de l'histoire du pays, permet à une *Celeste *rugueuse de ne céder que devant le futur vainqueur, le Brésil du Roi Pelé (1:3).

Quatre décennies de disettePuis en 40 ans, soit dix Coupes du Monde de la FIFA, l'Uruguay échoue à cinq reprises en ne se classant pas dans les quatre meilleures nations sud-américaines. Mais avec l'instauration d'un barrage entre le cinquième de la zone et le vainqueur de l’Océanie, les Charrúas soufflent le chaud et le froid en fonction de l'émergence de joueurs comme Víctor Espárrago (années 70), Enzo Francescoli, Rubén Sosa, Rubén Paz (80/90), Daniel Fonseca (90), Álvaro Recoba (90/2000), Marcelo Zalayeta (2000).

Cette année encore, rares étaient ceux qui croyaient dans les chances d’une équipe à la peine dans le barrage contre le Costa Rica, quatrième de la zone Amérique du Nord, centrale et Caraïbes (1:0, 1:1). "Les qualifications en Amérique du Sud sont très dures. On joue des matches contre des équipes très fortes comme le Brésil, l'Argentine, le Chili, le Paraguay. On joue en altitude, dans la chaleur, dans le froid, sur différents types de terrains... Une fois qualifiés pour le Mondial, on s'est concentrés sur chaque match sans regarder vers l'avenir", explique un Diego Forlán épanoui.

"C'est un groupe très uni, dont la plupart des joueurs ont une histoire commune de quatre ans", précise le sélectionneur Óscar Tabárez. "C'est un facteur important. Peut-être qu'il manque un peu d'expérience avec la présence de nombreux jeunes joueurs. Mais cette équipe n'a toujours pas perdu, elle a ses valeurs. Ces gars m'ont montré deux choses : ils donnent tout sur le terrain et ils sont toujours capables de renverser la situation".

La confiance règneEl Maestro a déjà réussi son pari de débarrasser l'Uruguay de son image d'équipe rugueuse, sans grand talent. L'émergence d'une nouvelle génération, à l'image du buteur Luis Suárez, qui sera suspendu contre les Pays-Bas, est la garantie que l'expédition en Afrique du Sud ne restera pas sans lendemain.

D'autant que l'on sent que le groupe gagne en confiance au fil des rencontres. Confiance illustrée notamment par le choix de Sebastián Abreu, alias El Loco (le fou), de tenter une Panenka pour le dernier tir au but contre le Ghana.

"Les Pays-Bas possèdent une grande équipe avec de grands joueurs. Mais le groupe doit y croire. Il y a un espoir, il faut le garder", rabâche Tabárez à ses joueurs. Une nouvelle finale de Coupe du Monde de la FIFA permettrait à l'Uruguay de s'affranchir enfin de son passé sans pour autant le renier. Elle obligerait aussi les chauffeurs de bus de Montevideo à poser enfin leur calebasse de maté pour applaudir des deux mains.

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