Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Zidane, Ronaldo : la classe est éternelle

LE FILM DE LA JOURNEE - Le menu des quarts de finale est affiché. On y trouve six équipes européennes et les deux ogres sud-américains. Les huit groupes du premier tour sont tous représentés, six par leur vainqueur, deux par leur second qualifié.

Aujourd'hui, les deux derniers vainqueurs de l'épreuve suprême ont réservé leur billet pour la suite des agapes. Respectivement victorieux du Ghana et de l'Espagne, le Brésil et la France se retrouveront face à face en quarts de finale, samedi à Francfort. Mais avant cela, le ballon rond s'arrêtera de rouler pendant deux jours, après avoir régalé tous ses amoureux pendant 19 fantastiques journées. Et le festin ne fait que commencer.

Le Brésil a donc assuré sa qualification en sortant le dernier représentant africain de la compétition, expédié 3-0 à Dortmund. On dit la Seleção à la recherche de son meilleur football. Soit. Mais pour une machine encore en rodage, la sélection auriverde tourne plutôt bien puisqu'elle a inscrit autant de buts (10) que les équipes carburant à plein régime. En signant l'une des trois réalisations des Sud-américains à Dortmund, Ronaldo est devenu le meilleur buteur de l'histoire de la compétition avec 15 unités, soit une de mieux que le légendaire Gerd Müller.

Lors du dernier huitième de finale, la France, elle aussi dans le collimateur des observateurs après sa laborieuse mise en action, s'est imposée 3-1 face à l'Espagne après avoir été menée 1-0 suite à un penalty.

Nul doute possible, la phase à élimination directe a vraiment commencé. A ce stade, la moindre erreur se paie cash et porte un coup fatal aux rêves de tout un pays, qui devra patienter quatre années supplémentaires. Le thème de la soirée aura été l'intensité ; dans le rythme, dans les duels, dans les émotions. Mais il aura aussi été question de clairvoyance, qualité première de joueurs comme Xabi Alonso et, bien sûr, Zinédine Zidane, qui entre désormais sur le terrain en sachant que chaque match sera peut-être son dernier. Dictant le tempo des Bleus pendant toute la rencontre, le chef d'orchestre français a fait en sorte que sa tournée d'adieu ne s'achève pas à Hanovre.

Cela dit, Zizou finira bien par rendre la baguette, au plus tard le 9 juillet. Se posera alors la question de sa succession, lui, l'emblème de toute une génération. La mission est de taille, mais il est un virtuose qui dispose des qualités nécessaires pour régner aussi longtemps que son aîné. Son nom ? Frank Ribéry, joueur supersonique s'exprimant avec toute la liberté et l'insouciance de ses 23 ans.

Le but du jour

Frank Ribéry : rapidité et sang-froid

On aurait pu croire que le retour de Zidane allait pousser Ribéry sur le banc. Pas du tout. Déjà séduit par son plus jeune joueur, Raymond Domenech a été conquis, comme nous tous, par la prestation du Marseillais face au Togo. Coupable d'avoir gaspillé deux énormes occasions, le Boulonnais aurait pu se faire tout petit. Au contraire, il a poussé de plus belle et pris une part prépondérante à la qualification de la France après deux nuls frustrants.

Le sélectionneur français a en tout cas été bien inspiré de renouveler sa confiance au feu follet olympien puisque c'est lui qui a égalisé pour la France, menée 1-0 suite à un penalty imparable de David Villa. Servi en profondeur par Patrick Vieira, Ribéry a enclenché le turbo, rétrogradé pour contourner Iker Casillas, remis un coup d'accélérateur puis conclu d'un tir croisé.

L'homme du jour

Patrick Vieira : buteur, passeur, régulateur

Cette égalisation est arrivée à point nommé pour les Bleus, auxquels la faute de Lilian Thuram sur Pablo dans la surface avait coûté un but. Les hommes de Domenech l'avaient annoncé : ils monteraient en puissance au fil de leur séjour en Allemagne. Ils ont tenu leur parole, réalisant leur match le plus accompli jusqu'ici. Remis en selle par leur joueur providentiel, ils ont fait le break lorsque la tête au second poteau de Vieira a contraint Sergio Ramos à marquer contre son camp à sept minutes de la fin. Dans le temps additionnel, Zidane en personne s'est chargé de placer la cerise sur le gâteau et d'enterrer définitivement ses anciens collègues de la Liga. C'est ainsi que l'Espagne, dont le nom était sur toutes les lèvres à l'heure d'évoquer les équipes phare du premier tour, a vu son aventure allemande prendre fin et avec elle, la belle série d'invincibilité enregistrée sous l'ère Aragonés.

Le Ghana portait beaucoup d'espoirs sur ses épaules en ce mardi après-midi. Certains rêvaient de le voir réaliser un exploit en forme d'acte fondateur pour le football africain. D'autres, plus terre à terre, comptaient sur lui pour mettre le Brésil à rude épreuve. Toutes ces projections reposaient avant tout sur le grand atout des Black Stars : leur impact physique. Cependant, elles n'accordaient peut-être pas l'importance voulue à l'absence d'Essien, suspendu pour avoir récolté deux cartons jaunes. L'ancien Lyonnais est en effet, avec Stephen Appiah, le leader physique et technique des néophytes africains. Sans lui, l'équipe de Ratomir Dujkovic n'est pas la même.

L'instant du jour

*Ronaldo recordman *

L'ouverture du score du Brésil, dès la cinquième minute, n'aura sûrement pas aidé les Ghanéens à combler ce vide. Sur une ouverture de Kaka, Ronaldo a pris en défaut une défense à plat trop statique, avant d'asseoir Richard Kingson et d'inscrire un but qui le fait entrer dans l'histoire.

Les outsiders se sont procuré de nombreuses occasions, mais Dida était en veine : soit les tentatives n'étaient pas cadrées, soit il les attirait comme un aimant. L'illustration parfaite de ce phénomène est le coup de tête stratosphérique de John Mensah sur un corner, qui a échoué sur le pied droit du portier milanais.

Ratomir Dujkovic avait annoncé que ses protégés pourraient créer la surprise car le Brésil n'était peut-être plus ce qu'il était. Cela reste à voir. Car les quintuples champions du monde n'ont pas encore été mis à l'épreuve du feu depuis leur arrivée sur le sol germanique. Leur faculté à élever leur niveau de jeu parallèlement à celui de l'opposition reste encore à prouver. Cet après-midi à Dortmund, ils n'auront pas eu à forcer leur talent puisqu'ils menaient déjà 2-0 avant la pause grâce au genou d'Adriano. Le troisième but est à mettre à l'actif de Ze Roberto, par ailleurs élu Homme du Match. C'est sûrement samedi à Francfort que l'on verra ce que le Brésil version 2006 a vraiment dans le coffre.