Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006™

9 juin - 9 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2006™

Zizou mate le Brésil, Ricardo l'Angleterre

LE FILM DE LA JOURNEE : La Coupe du Monde de la FIFA n'est pas vraiment une compétition taillée pour les joueurs en fin de carrière. Si elle n'est pas non plus le pré carré des minots, disons qu'elle récompense plutôt les équipes présentant une dynamique jeune. Ce soir pourtant, la France a obtenu son billet pour le dernier carré et mis fin au règne du Brésil. Le tout avec une moyenne d'âge titillant la trentaine et trois titulaires de la finale de 98 dans ses rangs.

Les Bleus se sont imposés grâce à un but de Thierry Henry, qui, à un mois de son 29ème anniversaire, doit encore le respect à cinq des titulaires. Autant dire que les Français ont dû déguster comme du petit lait les acclamations de leurs supporters en transe, au Waldstation de Francfort. Quelle métamorphose ! Comme elle est loin cette équipe morne, menacée d'une nouvelle élimination précoce après ses nuls face à la Suisse et à la République de Corée. On l'aurait presque oubliée tant elle est brillante aujourd'hui.

En tout cas, le dernier carré sera 100 % européen pour la première fois depuis 1982, où l'on y trouvait l'Allemagne, la France, l'Italie et la Pologne. En 2006, les trois premières ont renouvelé leur bail. Quant au quatrième strapontin, il revient cette fois au Portugal, vainqueur de l'Angleterre depuis le point de penalty. Car oui, les Anglais sont toujours fâchés avec les tirs au but… Et avec la discipline, puisque Rooney s'est fait expulser à l'heure de jeu.

En pénétrant sur la pelouse du Waldstation de Francfort, le Brésil avait une idée fixe en tête : laver l'affront de Saint-Denis, où les Bleus avaient infligé un cinglant 3-0 aux Auriverdes. Mais les quintuples champions du monde avaient aussi un autre souvenir qui leur trottait dans la cervelle : cette défaite 4-3 aux tirs au but en quarts de finale de l'édition 1986, dans la touffeur de Guadalajara.

Si la soirée n'a pas été aussi désastreuse que celle du 12 juillet 1998, elle reste bien en deçà des standards imposés par l'exigeant public sud-américain. Les Ronaldinho, Ronaldo et autres Kaka ont en effet été éclipsés par un magicien de 34 ans et par ses "jeunes" assistants.

L'homme du jour

Zinédine Zidane : la magie perdure

Mais quelle est donc la recette de Zinédine Zidane pour nous régaler à ce point dans cette deuxième phase ? On ne le sait, mais les délices que nous sert le chef français depuis deux soirs ont de quoi inspirer les trentenaires du monde entier. A Francfort, l'artiste a offert un nouveau récital de technique soyeuse et d'intelligence footballistique. Au vu d'une telle perfection, la finale du 9 juillet à Berlin semble être la scène idéale pour qu'un tel monsieur tire sa révérence.

Le but du jour

Thierry Henry : le but du bonheur

L'histoire n'aurait pas été parfaite si Zizou n'avait pas été à l'origine de l'action décisive de la rencontre. Sur un coup franc excentré à gauche de la surface brésilienne, le désormais ancien Madrilène a enroulé un ballon profond qui a pris de court une défense sud-américaine complètement léthargique. Complètement seul au second poteau, Henry a placé une parfaite reprise du plat du pied sous la transversale. Le rêve de la France, des Bleus et de Raymond Domenech commençait à prendre forme.

Pour la troisième fois en quatre participations à l'épreuve suprême, c'est une séance de tirs au but qui a eu raison de l'Angleterre, berceau du football moderne. Cette fois, les bourreaux sont les Portugais de Luiz Felipe Scolari, qui accèdent au dernier carré après 40 ans d'attente.

La fin d'après-midi a été riche en coups de théâtre sous le toit du stade de Gelsenkirchen. Après son capitaine David Beckham, sorti sur blessure, l'Angleterre a dû dire adieu à Rooney, expulsé pour un coup de pied malheureux sur Ricardo Carvalho. Réduits à dix, les protégés de Sven Goran Eriksson ont relevé le défi physique et mental imposé par les Lusitaniens, grâce notamment à l'énorme soutien vocal de leurs supporters. Au final, c'est le Portugal qui s'est imposé 3-1 au terme de la séance de tirs au but. Sans surprise, serait-on tenté de dire, compte tenu du médiocre bilan des Anglais dans la cruelle épreuve de vérité.

L'instant du jour

*Le record de Ricardo *

Milieux de terrain appartenant à une caste à part, Frank Lampard et Steven Gerrard sont normalement des valeurs sûres sur les coups de pied de réparation. Le problème, c'est que Ricardo est lui aussi un spécialiste de l'exercice. Les Anglais le savaient trop bien, eux qui avaient été crucifiés par le gardien du Sporting du Portugal au même stade de l'EURO 2004. Comme si le scénario avait été écrit d'avance, le portier s'est interposé sur les tentatives du Blue et du Red.

Lorsque Ricardo a repoussé le tir de Jamie Carragher sur sa barre, Cristiano Ronaldo était conscient qu'il avait la qualification au bout du pied. Admirable de sang-froid, la jeune star de Manchester United a fait le métier, déclenchant deux réactions diamétralement opposées chez les sélectionneurs.

D'un côté un Scolari exalté par sa troisième victoire contre l'Angleterre en quarts de finale (une avec le Brésil en 2002 et deux avec le Portugal). De l'autre, un Sven-Goran Eriksson atterré, qui s'apprête à quitter son poste après deux échecs en quarts de finale de la compétition reine.