Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™

11 juin - 11 juillet

Coupe du Monde de la FIFA 2010™

Zuma : "Cette Coupe du Monde a transformé les Africains"

President of South Africa Jacob Zuma
© Getty Images

Alors que l’épreuve suprême entre dans sa dernière semaine, le Président Jacob Zuma estime que l’Afrique du Sud a dépassé toutes les attentes en termes d’organisation. Incontestablement, cette édition 2010 de la plus prestigieuse des compétitions peut être considérée comme un tournant dans l’histoire du sport en Afrique. Selon le Président sud-africain, ce rendez-vous réussi confirme que la FIFA a fait le bon choix en se tournant vers l’Afrique.

Dans un entretien exclusif accordé à FIFA.com dans la résidence présidentielle de Pretoria, Jacob Zuma se dit convaincu que l’héritage de la Coupe du Monde de la FIFA 2010 profitera à l’ensemble du continent africain pour les décennies à venir.

Monsieur le Président, avant toute chose, merci de nous accorder un peu de votre temps. La Coupe du Monde de la FIFA 2010 se termine dans une semaine. Quelles sont vos impressions à ce stade de la compétition ?
Le tournoi se passe très bien et nous sommes très contents. Les Sud-africains sont heureux. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les réactions de la foule pendant les matches. Je dois ajouter que la communauté internationale, elle aussi, se réjouit de la façon dont les choses se sont déroulées jusqu’à maintenant. J’ai eu l’occasion de me rendre à Toronto pour le sommet du G8 et j’ai pu apprécier l’enthousiasme des autres chefs d’État. Ils étaient très émus. Sans aucun doute, ce tournoi est une franche réussite. Je pense que nous avons apporté la preuve que l’Afrique du Sud et l’Afrique en général sont désormais capables d’accueillir n’importe quel événement.

Quand vous étiez détenu à Robben Island, vous imaginiez-vous que l’Afrique du Sud organiserait un jour un événement de cette ampleur et que vous seriez à sa tête ?
Evidemment non. Aucun d’entre nous n’imaginait une chose pareille. Si vous vous souvenez, à l’époque, nous militions pour que l’apartheid soit mis au ban de la communauté internationale. En prenant la décision de suspendre l’Afrique du Sud, la FIFA avait pesé de tout son poids dans la bataille. Nous rêvions en secret de voir une Afrique du Sud libre et débarrassée de ses préjugés prendre part à des compétitions internationales. Mais je ne pensais pas que mon pays organiserait si vite une Coupe du Monde. Quoi qu’il en soit, je ne me voyais pas du tout dans la peau d’un président. Tout cela incite à l’humilité, si vous replacez les choses dans leur perspective.

Dans certains cercles, on a émis beaucoup de réserves sur la capacité de l’Afrique du Sud à accueillir une Coupe du Monde de la FIFA. Dans ce contexte, était-il important que le tournoi se déroule dans les meilleures conditions ?
Nous n’avions pas le droit à l’erreur. Mais il ne faut pas oublier que les Sud-africains savent toujours se transcender dans les grandes occasions. Personne ne s’imaginait que la transition entre l’apartheid et la démocratie se passerait sans heurt. Et pourtant, nous avons réussi. Comme vous le savez, l’Afrique n’avait jamais organisé la Coupe du Monde. Quand l’Afrique du Sud a présenté sa candidature la première fois, certains se sont ouvertement demandé ce que nous venions faire là. Finalement, c’est l’Allemagne qui a été choisie mais nous savions que la deuxième tentative serait la bonne. Avec nous, rien n’est jamais impossible. C’est ce qui nous caractérise. Nous savions que nous avions mérité cet honneur mais certains ont continué à se poser des questions. On nous prédisait les pires difficultés et on parlait même d’un plan B. Quand nous avons fini les stades, ces mêmes personnes ont commencé à évoquer les problèmes de sécurité. Malgré tout, nous avons assisté à un grand tournoi. Aujourd’hui, la plupart de ceux qui nous ont critiqués ont l’honnêteté de dire : "Vous aviez raison. Nous nous sommes trompés sur votre pays".

Parlons un peu de l’importance de ce tournoi. Pour beaucoup, la Coupe du Monde de la FIFA était aussi une occasion de consolider la jeune démocratie sud-africaine. Peut-on parler de réussite dans ce domaine également ?
Certainement, au-delà de toutes nos espérances, même. Cette compétition a largement contribué au développement de notre nation. C’est la première fois que le concept de Nation Arc-en-ciel trouve une traduction aussi concrète. Je remarque que tous les Sud-africains agitent désormais le drapeau national avec fierté. Tout le monde est sous le charme du tournoi, les Blancs comme les Noirs. Cette Coupe du Monde prouve que le sport est un formidable outil pour construire une nation.

Depuis le début, il se murmure qu’en cas de succès à l’issue de la Coupe du Monde de la FIFA, l’Afrique du Sud pourrait se porter candidate à l’organisation d’autres événements internationaux. Qu’en pensez-vous ?
Nous avons montré au reste du monde de quoi nous sommes capables. Aujourd’hui, nous avons les moyens et les infrastructures. Effectivement, on évoque déjà la possibilité de nous porter candidats à l’organisation d’autres grandes compétitions et cela nous convient tout à fait. On peut penser aux Jeux Olympiques, par exemple. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas accueillir les Jeux Olympiques à l’avenir. C’est important pour l’Afrique.

Quelles leçons le gouvernement a-t-il tirées de l’organisation de cette Coupe du Monde de la FIFA ?
Il y en a beaucoup. En premier lieu, nous avons appris à travailler avec un calendrier serré. Nous nous sommes lancés dans des projets de développement ambitieux et nous avons dû respecter des délais précis pour être prêts à temps.

Vous n’avez jamais caché votre passion pour le football. A combien de matches avez-vous pu assister depuis le début du tournoi et quelle équipe vous a le plus impressionné ?
J’ai vu de nombreux matches et je trouve que cette Coupe du Monde a son propre caractère. Les résultats sont de plus en plus difficiles à prévoir. Il n’y a plus de petites nations au niveau mondial. Quelques favoris sont déjà hors course et l’écart entre les soi-disant grandes équipes et les autres ne cesse de se resserrer. Bien sûr, certaines formations s’en sont mieux sorties que d’autres. Même si les Bafana Bafana ont été éliminés dès le premier tour, je suis satisfait de ce que j’ai vu. Nous sommes passés tout près de l’exploit. J’ai bien aimé les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne. Les Allemands ont complètement réinventé leur style. Ils jouent très vite et ils sont vraiment très agréables à suivre. Les pays d’Amérique latine sont aussi très performants. Le Brésil et l’Argentine font plaisir à voir. Et tous les Africains sont fiers du Ghana. Les Black Stars sont les dignes représentants du continent.

M. le Président, l’heure est venue de vous mettre face à vos responsabilités et de vous poser la question : qui, selon vous, soulèvra le Trophée de la Coupe du Monde de la FIFA le 11 juillet ?
C’est difficile à dire, mais je crois que le futur champion du monde se trouve parmi les équipes que j’ai déjà citées (rires).

On parle beaucoup de l’héritage de la Coupe du Monde de la FIFA. Quelle trace souhaitez-vous que le tournoi laisse dans la vie des enfants d’Afrique du Sud ?
Pour commencer, tout le monde sait que l’Afrique est capable d’organiser la Coupe du Monde de la FIFA. Les gens ont pu se rendre compte que nous avions relevé le défi. Sur le plan du développement économique, nous avons franchi un palier. Pour l’Afrique, les programmes éducatifs comme 1Goal jouent un rôle très important en Afrique. Voilà le véritable héritage ! Cette Coupe du Monde a transformé les Africains.

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