samedi 22 juin 2019, 09:25

Thomis : "Après le foot, il y a une vie"

Vous vous souvenez forcément d'Elodie Thomis, la flèche du couloir droit de la France et de l'Olympique Lyonnais. L'ailière aux 141 sélections et 32 buts en bleu, et cinq fois couronnée championne d'Europe avec son club, parmi tant d'autres titres.

Aujourd'hui, après avoir mis un terme à sa carrière internationale en 2017 et en club l'année suivante, et après avoir suivi une formation de JRI (journaliste reporter d'images), elle a monté sa société Thom's Dream et est camérawoman à son compte. Pendant la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™, elle fait partie du staff de TF1 pour faire vivre sa passion.

Notre reporter d’équipe avec la France Emma Hingant l'a rencontrée pour une discussion où elle a abordé, sans détour, sa reconversion, la sensibilisation des jeunes - comme d'actuelles internationales françaises - à l'après-football, les peurs de la fin de carrière, ses envies d'ailleurs et ce que lui a apporté le football dans sa vie.

Élodie, à quel moment avez-vous pensé à vous reconvertir ? En 2014, j'ai eu cette prise de conscience où je me suis dit qu'après le foot, il y a une vie. On vivait des trucs de fou, mais après, il y a la réalité qui revient. Je me suis posé des questions et j'ai fait des recherches de mon côté, puis l'Olympique Lyonnais m'a aidée à m'orienter vers ce que je voulais. Je savais que j'aimais déjà l'audiovisuel et David Huttin, un conseiller, m'a proposé des diplômes, mais il fallait que j'arrête le foot. C'était impossible car en plus j'étais en plein boum dans ma carrière. On a réfléchi et j'ai fini par travailler bénévolement pour OL TV sur mes jours de repos.

Vous auriez pu vous reposer sur votre belle carrière et "profiter" de la vie. Pourquoi changer de vie ? J'ai toujours voulu travailler. Je viens d'un milieu où ça a été difficile. Les galères de la vie, je connais. J'ai toujours su que le foot, c'était éphémère. Je lisais des articles qui disaient que les sportifs de haut niveau qui arrêtaient leur carrière se retrouvaient sans rien. Ils partaient en dépression parce que, souvent, ils ne savaient pas quoi faire ou on les mettait dans des métiers qui ne leur plaisaient pas forcément.

Aujourd'hui, sensibilisez-vous aussi les autres à ces risques ? Oui, il faut sensibiliser les jeunes à ce sujet. Il y en a qui écoutent. Je pense à mes 'petites', comme Griedge (Mbock), Delphine (Cascarino), Amel (Majri)… Elles écoutent beaucoup. Je leur dis : 'Passez des diplômes, les filles, pendant que vous êtes au top de votre forme parce que demain, la vie peut vite aller mal.' Je veux vraiment leur faire prendre conscience que c'est trop important, parce que la vraie vie commence.

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